Valence, le nouveau troisième homme de Liga

À l’aube de son déplacement à Alavès, Valence pointe à la seconde place de Liga, juste derrière l’ogre barcelonais. Après plusieurs années dans l’ombre de ses voisins espagnols, le club historique bariolé de rouge et jaune retrouve une place de protagoniste.

Un effectif remodelé, une ambition assumée et des performances exemplaires : Valence a définitivement (re)trouvé le cocktail de la gagne. Depuis plusieurs années, l’écurie emblématique de Valence peine à concrétiser au plus haut niveau et se contente de jouer un rôle secondaire, voire tertiaire. Évincés du brillant trio espagnole composée des deux Madrid et du Barça sur la scène européenne, Los Ches jouaient des coudes aux côtés des autres outsiders nationaux, Séville, Bilbao ou Villareal. Cependant, déterminés, ils talonnent désormais les catalans au sommet du classement de Liga après s’être offerts plusieurs prestations clinquantes. La semaine dernière, ils roulaient notamment sur Séville 4 buts à 0 dans leur antre de Mestalla. Un message pour faire trembler la Liga.

Seconds de Liga, les hommes de Marcelino sont en pôle pour accrocher le podium.
Seconds de Liga, les hommes de Marcelino sont en pôle pour accrocher le podium.

Une équipe de revanchards

Stimulée sur le mercato, la cité espagnole a réussi de jolis coups. Des paris néanmoins audacieux, portés par des recrues qui avaient définitivement tout à prouver. En ligne de mire, le buteur italien Simone Zaza. Véritable phénomène au Torino il y a quelques années, l’attaquant à enchaîné les clubs avant de se renfermer peu à peu dans le placard de ceux qu’on a vu trop beau. Un penalty désastreux plus tard contre l’Allemagne à l’Euro 2016 et le voilà fiché S sur tout le continent. Mais en quête d’un finisseur à la pointe de son effectif, Valence a finalement donné sa chance au buteur de 26 ans. Avec huit buts en neuf rencontres, l’italien trône à la seconde place du classement des buteurs, derrière un certain Lionel Messi. Plutôt positif.

Autre revanche, celle d’un joueur français peut-être (sûrement ?) enterré trop tôt. Exilé en Italie où il fluctue entre le bon et le moins bon depuis deux saisons Geoffrey Kondogbia a fait oublier son énorme potentiel déployé sur le Rocher. En équipe nationale, il a payé de plein fouet les explosions successives dans l’entrejeu, jusqu’à devenir qu’une sixième ou septième option pour Didier Deschamps. Peut-être libéré d’un poids, le milieu tricolore retrouve de jolies couleurs de l’autre côté des Pyrénées. Volume de jeu époustouflant, précision de passe impériale et projection vers l’avant instantané : Kondogbia s’est placé comme la pièce maîtresse du milieu des Naranjas. Pour le plus grand plaisir des Bleus.

Nouveau sérial buteur de Liga, l'attaquant retrouve un second souffle en Espagne.
Nouveau sérial buteur de Liga, l’attaquant retrouve un second souffle en Espagne.

La jeunesse fait sa loi

Véritable bouillonnement de pépites, Valence mène une politique de formation stricte depuis de nombreuses années. Plusieurs de ses phénomènes ont plané sur l’Europe et désormais, le club cherche à construire un nouveau cycle. Le latéral gauche José Gaya, impressionnant depuis plusieurs saisons, est notamment verrouillé par les dirigeants malgré les yeux aguicheur de plusieurs grands noms européens. L’effectif très jeune laisse peu à peu éclore quelques noms à l’image de l’attaquant Santi Mina (21 ans) ou du défenseur Toni Lato (19 ans), tout deux espoirs espagnols. Le club s’est, de plus, renforcé sous forme de prêt avec l’arrivée de plusieurs talents.

Outre Geoffrey Kondogbia et ses 24 printemps, le parisien Gonçalo Guedes a découvert le championnat espagnol il y a quelques semaines. Malgré son très jeune âge et sa double décennie récemment franchise, le portugais est devenu une plaque tournante du système de jeu de Marcelino. Poussé au-delà des frontières par la concurrence exponentielle de la capitale française, Guedes prouve qu’Unai Emery pourra compter sur lui dans un avenir très proche. Son missile contre le Bétis Séville (victoire 6 buts à 3) a d’ailleurs dû filer des frissons au tacticien parisien.

Autre très grand espoir, le brésilien Andreas Pereira en provenance de Manchester United. Lui aussi confronté à la forte densité d’effectif des grosses écuries européennes a pu voyager une année de plus à l’étranger pour réciter ses gammes. Déjà prêté l’an passé à Grenade, le jeune auriverde signe un début de saison très correct qui vient ponctuer sa progression. Entourés pas des vétérans de renom à l’image d’Ezequiel Garay en charnière, Valence affiche un visage aussi cosmopolite qu’intéressant.

Auteur de buts exceptionnels, le milieu prêté par le PSG envoie un message fort à la capitale.
Auteur de buts exceptionnels, le milieu prêté par le PSG envoie un message fort à la capitale.

L’Europe, oui, mais laquelle ?

Actuellement seconds de Liga, difficile de prédire quel statut assumeront les pensionnaires de Mestalla pour la fin de la saison. Épargnés de coupe d’Europe après une triste douzième place l’an dernier, les hommes de Marcelino n’ont qu’un seul objectif : finir le plus haut possible au classement. Très crédible, le club jouit d’une longueur d’avance sur le Real, et deux sur l’Atletico à un quart de parcours. Arrivera-il à se maintenir en tant que dauphin des catalans ? L’étape semble être dure tant la pression émise par Zinédine Zidane derrière eux est importante. Néanmoins, ils semblent plus que jamais déterminés à devenir le troisième influenceur espagnol sur l’Europe, devant un Atletico branlant.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut