Top LBDF : Real – Barça, ils ont porté les deux maillots !

Existe-t-il une plus grande rivalité dans le monde footballistique que celle entre les deux géants du foot espagnol ? Ce Clasico est du moins le plus médiatisé et sera retransmis dans le monde entier. À l’occasion de leurs retrouvailles samedi, nous nous sommes amusés à dresser le portrait des joueurs ayant fait les beaux jours de ces deux clubs mythiques. À l’heure de la rivalité historique entre Ronaldo et Messi, sur fond de Ballon d’Or et de records battus, on a du mal à imaginer l’un d’eux porter le maillot rival. Retrouvez le top 5 de ces footballeurs pour qui cela n’a pas posé de problèmes.

Barcelona's Brazilian striker Ronaldo celebrates after scoring during the first round Cup Winners Cup match vs AEK Larnaka,12 September. AFP PHOTO / AFP PHOTO / ANDREU DALMAU / EFE
El Fénoméno avec le Barça, lors de la saison 96/97 / AFP PHOTO / ANDREU DALMAU / EFE

Alfredo Di Stefano

Et oui, la légende du Real, l’Argentin quintuple vainqueur de la Coupe des Clubs Champions, a porté les couleurs Blaugranas avant celles de la Maison Blanche ! Durant l’été 1953, alors qu’il jouait à River Plate, Di Stefano signe au FC Barcelone. Le transfert est acté, l’Argentin joue même trois matches amicaux avec le club Catalan. Mais le Real avait également posé une option sur le joueur, et décide finalement d’aligner les billets (déjà à l’époque). La somme proposée par les Merengues, qui casse sa tirelire (40% des recettes annuelles du club !) est supérieure à celle du Barça. L’affaire est délicate et on demande à la FIFA de trancher. L’instance suprême choisit le Real Madrid. Le Président du Barça de l’époque, Enric Martí, démissionne suite à ce rebondissement. Comme quoi cette rivalité remonte à longtemps.

Di Stefano, Alfredo (1926-2014). Argentine footballer and coach, who has been called the best, most complete and influential footballer of all time. PUSKAS, Ferenc. Hungarian footballer and manager, widely regarded as one of the greatest players of all time. Portrait of the historical players of Real Madrid, Alfredo Di Stefano (right) and Ferenc Puskas in the 60s. Photography ©FDM/APPS/Leemage
Di Stefano et Puskas / Photography ©FDM/APPS/Leemage

Ronaldo

Plus récemment, El Fénoméno est le joueur le plus connu ayant porté les deux tuniques. À l’instar des deux équipes de Milan, on dirait que c’était une spécialité du Brésilien. D’abord arrivé au Barça à l’été 1996 en provenance du PSV Eindhoven, il y jouera une seule saison. Meilleur attaquant du monde (de tous les temps ?), il inscrira 47 buts en 49 matches ! Il fera ses bagages pendant l’été 97 en direction de l’Inter Milan, à l’époque où la Série A domine le football européen.

Il remporte son premier Ballon d’Or cette année-là. Le prodige Brésilien rejoindra par la suite le Real des Galactiques en 2002, il y restera jusqu’en 2007, avec un total de 177 matches joués, pour 104 buts. On aurait aimé le voir jouer plus souvent mais des blessures à répétition ont quelques peu ralenti sa carrière. Hérésie de l’Histoire, Ronaldo n’a jamais remporté la Coupe aux grandes oreilles !

Real Madrid's President of honor Alfredo Di Stefano (L) presents to Brazilian World Cup winner Ronaldo his new Real Madrid's jersey during the official presentation to the press 02 September 2002, in Santiago Barnabeu stadium in Madrid. Ronaldo, will play his first match for Real Madrid at the end of September. AFP PHOTO/CHRISTOPHE SIMON / AFP PHOTO / CHRISTOPHE SIMON
Di Stefano et Ronaldo le 2 Septembre 2002 / AFP PHOTO/CHRISTOPHE SIMON

Luis Figo

Barcelonais de 1995 à 2000, le Ballon d’Or Portugais a été la star du milieu de terrain du début du millénaire, en compagnie de Zidane et Beckham. Contrairement aux deux exemples précédents, Luis Figo est carrément passé d’un camp à l’autre sans club intermédiaire entre les deux. Il en fallait de l’audace. Été 2000, Florentino Perez, tout jeune Président à l’époque, avait utilisé la venue du Portugais comme motif d’élection. Il a tenu parole. Pour le retour de Figo au Camp Nou, l’accueil est hostile. Des maillots sont brûlés et des projectiles pleuvent des tribunes, notamment une tête de cochon mort (en exposition dans un musée à Barcelone). Sympa l’ambiance. Il a toujours l’image d’un traître dans les esprits des Blaugranas. Mais les supporters n’ont sûrement pas tenu compte des 65 millions d’euros récupérés dans l’affaire (plus gros transfert à l’époque).

Barcelona supporters burn a portrait of Portugese player Luis Figo, 21 October 2000 who left the club for Real Madrid this season, during the 1st divison match of the Spanish championship, Barcelona vs Real Madrid, at the Nou Camp in Barcelona. / AFP PHOTO / CHRISTOPHE SIMON
21 octobre 2000 : des supporters Barcelonais brûlent un portrait de Luis Figo en tribune lors du Clasico suivant son départ / AFP PHOTO / CHRISTOPHE SIMON

Samuel Eto’o

Arrivé à l’été 2004 à Barcelone en provenance du RCD Mallorca, on se souvient tous de ce Barça grandiose en compagnie de Ronaldinho, Deco et Iniesta, entre autres. Eto’o enfilant les buts comme des perles. 129 en 199 matches ! C’était ça le Barça qu’on aimait. Mais l’attaquant Camerounais, avant de faire les beaux jours du Club Catalan, a porté les couleurs du rival éternel. Formé à la Castilla, il y jouera sept matches, avant de partir en 2000 à Mallorca trouver du temps de jeu. Florentino Perez lui proposera de revenir dans la Maison Blanche après son passage aux Baléares, mais Eto’o, rancunier qu’on ne lui ai jamais donné sa chance, s’y oppose et signe chez l’ennemi !

Yugoslavian foward Predrag Mijatovic (L) of Spanish football team Real Madrid kicks the ball during the official practice session at the National Stadium in Tokyo 30 November, while his teammates Samuel Eto'o (C) and Croatian Robert Jarni (R) looks on. European champion Real Madrid and South American champion Vasco Da Gama will fight for the Toyota Cup International football club championships on 01 December. (ELECTRONIC IMAGE) AFP PHOTO/Kazuhiro NOGI / AFP PHOTO / KAZUHIRO NOGI
Samuel Eto’o, au milueu, aux côtés du Yougoslave Predrag Mijatovic et du Croate Robert Jarn / AFP PHOTO / KAZUHIRO NOGI

Luis Enrique

Le Catalan par excellence, joueur du Barça, entraîneur de la Masia, puis de l’équipe première. Que fait-il dans ce Top 5 ? Ehh oui, pourtant… Luis Enrique a d’abord joué au Real Madrid ! À l’été 91, il signe chez les Merengues en provenance du Sporting Gijón. Il y disputera 197 matches, pour seize buts. À l’instar de Luis Figo (c’est peut-être les Luis qui ont du mal), il fait le grand saut du Real au Barça, sans correspondance, à l’été 96. Poussé vers la sortie par les dirigeants Merengues, après cinq ans de bons et loyaux services pour la Maison Blanche. Avec le Barça, il disputera 273 matches, et inscrira 102 buts ! En 2010, après la victoire 5-0 du Barça contre le Real au Camp Nou, il annonce avoir eu un “orgasme footballistique”. Luis Enrique, ou l’art de retourner sa veste !

Barcelona's Luis Enrique (L) vies with Atletico de Madrid's Sergi Barjuan (R) during their Spanish League match between Atletico de Madrid and Barcelona at Vicente Calderon stadium of Madrid 28 September 2003. AFP PHOTO/ JAVIER SORIANO. / AFP PHOTO / JAVIER SORIANO
Luis Enrique avec le maillot du Barça lors d’un match contre l’Atlético le 28 Septembre 2003 / AFP PHOTO / JAVIER SORIANO

Bonus : José Mourinho

Et oui le petit José est là aussi. Avant d’entraîner le Real de 2010 à 2013, le coach Portugais faisait partie du staff Barcelonais. C’est une longue histoire. Bobby Robson, célèbre attaquant Anglais, devient coach. Entraîneur du Sporting Club du Portugal de 92 à 94, il ne parle pas Portugais, c’est balo. Il s’attache les services d’un certain… José Mourinho (qui n’est pas encore entraîneur à l’époque) pour être son traducteur et son intermédiaire entre lui et ses joueurs. Robson se fait licencier du Sporting en décembre 94. Le FC Porto engage alors l’entraîneur Anglais, et son adjoint Mourinho.

Robson réalise des merveilles et le FC Barcelone l’engage en juillet 96. Il emmène avec lui Mourinho dans ses bagages. Voilà comment le coach Portugais débarque en Catalogne. Robson est d’ailleurs à l’origine de la venue de Ronaldo au Barça ! Les deux compères font du très bon boulot (pour l’anecdote, Mourinho a donc été l’entraîneur de Guardiola, qui a joué au Barça de 1990 à 2001). Robson est désigné entraîneur européen de la saison 96/97 ! Il est promu la saison suivante manager général du Barça, avec Louis Van Gaal en charge des entraînements. Robson ne reste finalement qu’une saison en Catalogne.

Il retourne entraîner le PSV Eindhoven. Louis Van Gaal prend les rennes de l’équipe. Mourinho devient son adjoint. Après son expérience très enrichissante à Barcelone, José Mourinho retourne au Portugal et débute sa carrière d’entraîneur principal au Benfica, la suite on la connaît. En 2008, Mourinho qui se retrouve sans club depuis son départ de Chelsea, propose ses services au Barça, pour succéder à Frank Rijkaard, mais le Président du club de l’époque, Juan Laporta, refuse, et lui préfère… Guardiola. Il deviendra finalement l’entraîneur du Real deux ans plus tard.

Chelsea manager Jose Mourinho addresses media during a pressconference at Stamford Bridge in west London 07 March 2005 on the eve of the second leg Champions League match against Barcelona.Barcelona has a 2-1 lead after the first leg match. AFP PHOTO / ODD ANDERSEN / AFP PHOTO / ODD ANDERSEN
José Mourinho en 2005 / AFP PHOTO / ODD ANDERSEN
Théophile Rémon

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