Souvenez-vous : Il y a 25 ans, le drame de Furiani

Le 2 mai 1992, le football français a été touché par l’un des drames les plus tragiques de son histoire. A l’occasion de la demi-finale de Coupe de France entre Bastia et l’Olympique de Marseille, une tribune fraîchement aménagée pour l’occasion s’est écroulée, entrainant avec elle plus de 2000 personnes. 25 ans après, LBDF vous remémore ce terrible accident.

La rencontre ne sera jamais rejouée. AFP PHOTO / ERIC CABANIS

La 75ème édition de la Coupe de France restera dans les mémoires mais pas pour les raisons escomptées. Pendant que l’AS Monaco éliminait aux tirs au but Cannes au terme d’une rencontre tendue (0-0, 3-5 TAB), l’Olympique de Marseille se déplaçait sur la pelouse de Bastia, seule équipe évoluant en deuxième division. Une affiche passionnante entre deux formations aux supporters passionnés. A cette occasion et après s’être défait de Nancy au tour précédent, la direction corse décide d’agrandir le stade pour accueillir 18 000 spectateurs. L’ancienne tribune Claude Papi sera remplacée par une structure métallique.

La pression et l’inquiétude montent

Sur les coups de 19h, les forces de sécurité ainsi que les équipes médicales sur place commencent à s’interroger sur l’éventualité d’annuler la rencontre. En tribune, les spectateurs ne semblent pas rassurés. Avi Assouly , journaliste sportif et homme politique franco-israélien, était sur place et en direct, une heure avant le coup d’envoi.

 «Je suis tout en haut sur les tribunes du stade de Furiani, au milieu des supporters. Je distingue à peine les joueurs. Ça bouge, on se croirait sur un bateau. Chers auditeurs, j’espère être là à la fin du match  ».

De quoi imager l’inquiétude grandissante au sein de l’enceinte corse.

20h23, l’heure du drame

La sécurité avait pourtant mis en garde la direction. / AFP PHOTO / ERIC CABANIS
La sécurité avait pourtant mis en garde la direction. / AFP PHOTO / ERIC CABANIS

 Aux alentours de 20h15, la tribune semble de moins en moins instable à tel point que des techniciens resserrent des vices et des boulons par peur d’une catastrophe. Le speaker du stade, Jean-Pierre Paoli, s’adresse au public et lui demande de ne plus taper du pied. Seulement 8 minutes plus tard, la partie haute de la tribune métallique s’effondre avec plus de 2000 personnes. La panique gagne un terrain qui se transforme rapidement en hôpital et en piste d’atterrissage pour les hélicoptères des urgences. Au total, on dénombre 18 personnes décédées et 2357 blessés.

Le lendemain, Paris Match titre « Une si grande douleur », tandis que l’Equipe met en Une « 5 mai 1992 Furiani » tant le drame laisse sans voix le monde du sport. 25 ans plus tard, Bernard Tapie, ancien président de l’OM, revient sur ce fait marquant de sa vie.

« Le stade n’est pas un lieu où on peut penser qu’il puisse se passer ce qui s’est passé. Ça a été un cauchemar épouvantable, avec des gens, des cris, des morts. C’est gravé dans ma mémoire pour toute mon existence » a-t-il expliqué à nos confrères de FranceInfo.

Les hautes instances du football français décident alors de suspendre la compétition. Une façon pour elles de rendre hommage aux victimes du drame de Furiani.

Thomas Pain

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