Souvenez-vous : Quand le PSG de George Weah a renversé le Bayern Munich

Il y a plus de 20 ans, le PSG se déplaçait déjà sur le terrain du Bayern Munich pour assurer sa première place de groupe. Si les écarts mathématiques de l’époque ne sont pas comparables à ceux d’aujourd’hui, cette rencontre valait davantage que trois points. Comme ce soir… Retour sur un match exceptionnel qui a vu le Paris SG marcher sur l’un des grands d’Europe.

Cette année là George Weah marquera 7 buts en Champions League. Il terminera meilleur buteur de l'édition devant Jaari Litmanen.
Cette année là George Weah marquera 7 buts en Champions League. Il terminera meilleur buteur de l’édition devant Jaari Litmanen.

Le contexte

Lorsque le PSG de 1994 se déplace sur le terrain du Bayern Munich, une belle opération comptable est en prévision. En effet, premier de son groupe après avoir remporté ses quatre premiers matchs de Champions League, le club de la capitale a l’occasion d’assurer sa qualification en cas de victoire sur la pelouse. Déjà vainqueurs au match aller grâce à son buteur George Weah et à Daniel Bravo, le PSG a enchaîné trois autres victoires face au Spartak (1-2) et contre le Dynamo Kiev (1-2 et 1-0). De son coté, le club munichois peine à convaincre. Après la défaite au Parc des Princes, les hommes de Giovanni Trapattoni ont certes battu le Dynamo Kiev 1-0 mais ils ont été incapables de battre à deux reprises le Spartak Moscou (1-1 et 2-2). Obligés de gagner pour tenter d’arracher la première place, les bavarois affichent une vraie confiance avant de rentrer sur le terrain. Toutefois, en cas de défaite l’affaire ne serait pas pliée pour autant pour le Bayern car il restera encore un dernier match à jouer…

Les compositions d’équipe

Lorsque les formation de départ tombent, beaucoup d’observateurs restent perplexes car le meilleur joueur du PSG, George Weah est sur le banc. Remplacé au coup d’envoi par le jeune Pascal Nouma, le Libérien rentrera plus tard dans le match. Positionnés en 5-3-2 avec une défense composée de poètes comme José Cobos, Patrick Colleter, Oumar Dieng, Francis Llacer et Alain Roche, les parisiens alignent un milieu à trois technique et travailleur avec Bravo, Guerin et Sechet. Enfin, pour épauler Nouma c’est bien David Ginola qui est titularisé. En face, Trappattoni opte pour un 3-6-1 avec le seul JPP en pointe. Si Oliver Kahn, Matthaus ou Mehmet Scholl sont déjà là, le Bayern de la saison 1994-1995 n’est pas encore en pleine bourre. La preuve avec la piteuse 7éme place en Bundesliga au moment de débuter la rencontre.

La première période

On joue depuis une vingtaine de secondes, quand Vincent Guérin envoie une lourde frappe cadrée des 25 mètres. Si Oliver Kahn est vigilant, le ton est donné. Quelques minutes plus tard, Nouma reçoit un ballon au rond central. Réalisant un joli crochet puis une passe dans le bon tempo pour Ginola aux 20 mètres, l’attaquant parisien attend la passe d’El Magnifico. Mais ce dernier voit Llacer démarqué sur le coté gauche de la surface. Grace à une splendide passe, le latéral se retrouve seul face à Kahn. Solide sur ses appuis, le portier allemand repousse la tentative du Français. Suite à ces deux grosse occasions, le Bayern se reprenait. Coup franc de Sutter sur le coté gauche et reprise de près de Nerlinger. Lama était battu mais la balle ne trouvait pas le cadre. Le match s’animait et Llacer continuait son festival sur le flanc gauche. Fauché aux abords des seize mètres, il obtenait un excellent coup franc pour Ginola. Si la frappe d’El Magnifico était pure, elle n’était pas cadrée pour autant. Malgré plusieurs autres tentatives, la pause arrivait sur ce score nul et vierge de 0-0.

La seconde période

Revenus avec de meilleures intentions, les munichois font le siège du but parisien en ce début de seconde période. Corner de Mehmet Scholl qui centre parfaitement pour la tête d’Helmer, le ballon est cadré mais Lama est vigilant. Les munichois tentent de presser le PSG mais il manque toujours quelque chose. Pas inspiré, Papin ne parvient jamais à se défaire du marquage parisien. Peu avant l’heure de jeu, le coach parisien décide de changer quelque chose dans son plan de jeu et d’apporter plus de physique à son milieu de terrain. La rentrée de Paul Le Guen à la place de Daniel Bravo conjuguée à la sortie de Ginola pour George Weah offrent au PSG un visage clair et limpide. Tous derrière Nouma et Weah.

L’éclair de génie de “Mister George”

Papin est sorti depuis une dizaine de minutes quand “Mister George” décide de sortir l’action qui l’a rendu célèbre aux yeux du Monde entier. Ballon sur le coté gauche de Le Guen pour Colleter qui remet instinctivement pour Weah. Après un bon relais avec Nouma, le Libérien se défait du marquage d’Helmer puis arrive face aux 25 mètres adverses. Il évite le tacle de Jorginho puis mystifie Scholl d’un magnifique crochet. Alors que Nouma est en bonne position dans le cœur de la surface, Mister George ne veut pas s’arrêter là. Il décide donc de frapper en direction des buts d’Oliver Kahn. Alliant force et précision, sa frappe termine dans la lucarne du portier munichois. 1-0 et la légende est en marche. Qualifiée à la fin du match par Franz Beckenbauer comme “une action de classe mondiale”, ce but est encore aujourd’hui l’un des plus beaux inscrits par le PSG en Coupe d’Europe.

Une fin de parcours d’anthologie

En dépit d’une fin de match dominée par le Bayern, le PSG s’impose logiquement chez le champion d’Allemagne. Vainqueurs également du sixième et dernier match face au Spartak Moscou (1-2), les parisiens défieront le FC Barcelone en quarts de finale. Qualifié grâce à un but de Vincent Guérin au Parc des Princes, le PSG élimine le Barça de Cruyff. Présents dans le dernier carré, ils s’inclineront face à l’AC Milan de Capello époque Boban et Savicevic. Ce qui reste actuellement la meilleure performance du PSG en Champions League. La preuve que ce club existait déjà avant l’arrivée des qataris en 2011…

Malgré la présence de plusieurs stars de l’époque (Weah, Ginola et Lama principalement), l’équipe parisienne n’avait pas un effectif pléthorique. Outre le but de Weah, ce match aura été l’acte fondateur du parcours historique du Paris SG en Coupe d’Europe cette année là. Galvanisés par un Luis Fernandez au sommet de son art, les parisiens laisseront le souvenir d’une équipe solidaire et généreuse à défaut d’être étincelante. Sauf quand Weah prenait la balle…

Jajaye Panizzoli

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