Souvenez-vous : La mythique causerie d'Aimé Jacquet face à Robert Pirès

En plein Mondial 1998, le réalisateur Stéphane Meunier a le privilège de suivre de l’intérieur l’Équipe de France. C’est lui qui va capter cette scène devenue mythique où Aimé Jacquet s’adresse à Robert Pirès en exigeant qu’il muscle son jeu. Retour sur cette causerie présente dans le documentaire Les yeux dans les Bleus à l’occasion du 75ème anniversaire de l’ancien sélectionneur.

Critiqué puis respecté, Aimé Jacquet a su faire taire ses détracteurs en emmenant l’Équipe de France au sommet du football mondial en juillet 1998. L’ancien milieu de terrain s’est imposé en homme fort des Bleus en suivant ses convictions, en réussissant à gérer un groupe de jeunes joueurs et en faisant passer des messages forts. Enfin presque.
Si la causerie de Jacquet en 1998 devant ses joueurs, et en particulier face à Robert Pirès, est souvent citée comme un moment fort du documentaire par les amateurs de football, cette dernière a finalement eu peu d’impact sur le jeu de l’ancien messin. La scène reste néanmoins mémorable.

On y voit Aimé Jacquet en short, chaussettes blanches relevées et sweat de l’Équipe de France sur le dos. Face à lui, les joueurs offensifs des Bleus : Henry, Trézéguet, Dugarry, Pirès, Djorkaeff, Guivarc’h, Diomède qui écoutent sagement la parole du sélectionneur. Zidane est également présent en tant que distributeur officiel des attaquants et exemple privilégié de Jacquet.

L’ancien coach de Bordeaux n’est pas satisfait du travail et des prestations de certains de ses joueurs avant le mondial. Une mise au point s’impose. L’occasion pour Jacquet de nous offrir un moment d’anthologie enchaînant les répliques. Il insiste d’abord sur l’importance pour un attaquant de se mettre au service de l’équipe mais également de prendre ses responsabilités.

“Utile pour l’équipe. Efficace. Attaquant. Et venez pas m’emmerder.”

Le sélectionneur des Bleus poursuit sa causerie en expliquant à ses attaquants qu’il faut jouer simplement et ne pas trop en faire. En une phrase : faire ce que tu es capable de faire. Ni plus, ni moins. Mais, avec Jacquet, on finit par sourire.

“Robert c’est pas Zizou, Youri c’est pas Zizou, Petit bonhomme là c’est pas Zizou, Beber c’est pas Zizou.”

Le sélectionneur de l’EDF continue avec une mise au point joueur par joueur. Trézéguet, Dugarry, puis Pirès. Celui qui évoluera plus tard à Arsenal va prendre ce jour là une soufflante de la part de Jacquet.

“Muscle ton jeu, muscle ton jeu Robert, si tu ne muscles pas ton jeu, fais attention, je t’assure, tu vas voir, tu vas avoir des déconvenues parce que t’es trop gentil.”

Si cette phrase est rentrée dans la postérité, le conseil de Jacquet n’a eu en réalité aucun effet sur la Coupe du monde de Pirès ni sur la suite de sa carrière. Le messin n’a été titularisé qu’une seule fois en phase de poules et n’est entré en jeu qu’à deux reprises ensuite au cours du Mondial 1998. Robert Pirès a ensuite rejoint l’OM puis Arsenal où il a écrit l’une des plus belles pages de l’histoire du club londonien. Mais comme il l’avouera lui même plus tard, il n’a jamais musclé son jeu.

« Ça a été diffusé après notre victoire au Mondial 98 et on m’en parle encore aujourd’hui. C’est devenu une phrase culte ! Mais ça ne m’a jamais agacé, au contraire ça m’amuse. En plus, je dois l’avouer, elle ne m’a pas beaucoup servi cette phrase ! Au final, je n’ai jamais musclé mon jeu, je n’ai jamais changé. Ce qui serait sympa, c’est de demander à Aimé Jacquet pourquoi il m’a dit ça. Il voulait peut-être que je sois plus agressif, plus méchant sur l’adversaire. Mais même en jouant en Angleterre, je n’ai rien musclé ! C’est pour ça que c’est assez marrant. » avait-il expliqué à Bein Sports.

Julie Degrenier

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