Souvenez-vous : le jour où Zidane a été plus Brésilien que les Brésiliens

Nous sommes le samedi 1er juillet 2006, un soir de quart de finale de Coupe du Monde, à Francfort, en Allemagne. 48000 spectateurs chanceux prennent place dans le Waldstadion, où les conditions météorologiques sont parfaites pour assister à une grande rencontre. L’affiche de rêve entre le Brésil et la France, le monde entier s’apprête à vivre le meilleur match de Zidane avec l’équipe de France. Auteurs d’un début de compétition poussif, avec une qualification obtenue lors du dernier match de poule face au Togo (2-0), les Français vont affronter l’armada brésilienne avec ses Ronaldo, Ronaldinho, Adriano, Robinho, Kaka,… La France gagnera ce match 1-0 avec un but de Thierry Henry sur un coup-franc de… Zidane, pour ce qui a été un récital de notre Zizou national.

French midfielder Zinedine Zidane (R) vies with Brazilian midfielder Gilberto Silva (L) during the quarter-final World Cup football match between Brazil and France at Frankfurt's World Cup Stadium, 01 July 2006. France won the match 1-0 to advance to the semifinals. AFP PHOTO / PASCAL PAVANI / AFP PHOTO / PASCAL PAVANI
Zizou était intouchable ce soir-là ! / AFP PHOTO / PASCAL PAVANI

Huit ans après leur dernière confrontation en Coupe du Monde un soir de 12 juillet 1998, avec l’issue que chaque Français, jeune ou moins jeune, connaît, place aux retrouvailles entre ces deux nations du football. On sent que la pression est forte ce soir. Les joueurs rentrent petit à petit dans l’événement, Zidane parle à tous les joueurs pendant l’échauffement. Au vu de l’attitude des joueurs, l’Equipe de France semble unie comme jamais. Et décidément, après 1986 et 1998, la France peut se targuer de faire à nouveau chuter les Brésiliens, avec comme bourreau commun sur les deux dernières éditions : un certain Zidane au sommet de son art.

Les compositions :

Brésil : Dida – Cafu (cap), Lucio, Juan, Roberto Carlos – Gilberto Silva, Zé Roberto – Kaka, Juninho – Ronaldinho, Ronaldo

France : Barthez – Sagnol, Thuram, Gallas, Abidal – Vieira, Makelele, Ribery, Zidane (cap), Malouda – Henry

Une performance historique

Et dire que tout ça aurait pu ne jamais avoir lieu. Pour rappel, Zizou avait pris sa retraite internationale le 13 août 2004, à la suite d’un Euro décevant. Il était ensuite revenu sur sa décision quasiment un an plus tard, le 3 août 2005. Il a ramené dans son sillage Makelele, puis Thuram. Tous les trois motivés à l’idée d’aider les Bleus à se qualifier pour la Coupe du Monde 2006 en Allemagne.

A l’époque, la France est seulement quatrième de son groupe de qualification derrière l’Irlande, la Suisse et Israël. Il reste alors quatre matches décisifs à jouer, et notamment des déplacements en Irlande et en Suisse. Finalement, les Français finiront premiers de leur groupe avec 20 points, devant la Suisse (18 points). En Allemagne, les Bleus sont vraiment montés en puissance tout au long de la compétition. Des débuts mitigés (0-0 contre la Suisse, 1-1 contre la Corée du Sud, puis ce match contre le Togo gagné 2-0). C’est vraiment cette belle victoire 3-1 contre l’Espagne en huitièmes de finale qui lancera notre beau parcours. Jusqu’à ce dénouement tragique que l’on connaît en finale.

Du côté Brésilien, tenant du titre, cette rencontre était une manière de prendre sa revanche et de tirer un trait sur 1998. Ayant fini premiers de leur groupe de qualification Am/Sud avec 34 points (à égalité avec l’Argentine), les joueurs de Carlos Alberto Parreira font un sans-faute en poule. Trois victoires en trois matches (Croatie, Australie et Japon). Ils atomisent ensuite le Ghana en huitièmes de finale 3-0. Ce sont ces mêmes Brésiliens, si forts et confiants, qui n’arriveront pourtant pas à déjouer les Bleus de Domenech.

Zizou : du bonheur dans les pieds

Zidane était intouchable ce soir-là. Il a montré la voie à toute son équipe. Serein, apaisé, il semblait déjà connaître l’issue de cette rencontre. Comme touché par les dieux du football. Après les hymnes, au moment de se serrer la main, Zidane et Ronaldo, les deux coéquipiers du Réal, se saluent en se frottant tête contre tête. Comme si le Français s’excusait d’avance de la leçon qu’il allait donner. C’est un véritable cours de football que notre meneur de jeu à donner au monde entier.

Roulettes, décalages, jongles, crochets, passements de jambes, remontées de terrain, sombrero (sur Ronaldo s’il vous plait), contrôles orientés, passe décisive pour Henry (la première dans l’Histoire). Ce soir-là Zidane ne jouait pas en jaune, mais était pourtant plus brésilien que ses adversaires. Une telle facilité, une telle justesse dans ses gestes. Zidane a apporté son aura sur cette rencontre. Il est en grande partie le responsable du résultat, et du parcours des Bleus pendant ce mondial. Un état de grâce qu’il définira plus tard comme étant son meilleur match avec l’Equipe de France. « Jouer contre les Brésiliens, ça donne des idées », avait-il déclarer à l’issue de la rencontre.

Merci Zizou.

Théophile Rémon

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut