Et si l'Argentine méritait ce qui lui arrive ?

En butant à domicile contre le Pérou, l’Argentine s’est mis dans une place plus qu’inconfortable à l’aube du mondial russe. Des contre-performances à la pelle qui s’expliquent notamment par une incapacité à faire trembler les filets adverses. Un véritable comble pour une équipe disposant d’un des plus gros panel offensif.

L’Argentine devait marquer, l’Argentine devait se rassurer mais l’Argentine devait surtout gagner. Englué au milieu du tableau des phases de qualifications sud-américaines, l’Albiceleste se trouve dans une position qui ne devrait assurément pas être la sienne. Finaliste du dernier mondial chez son voisin brésilien, les coéquipiers de Lionel Messi se placent inévitablement comme favoris pour la prochaine édition. Pourtant, sans réaction immédiate, ils risquent aussi de ne pas toucher le sol russe. Après cet énième déconvenue, le sort des Argentins n’est plus entre leurs mains, même si une victoire en Equateur les assureraient au moins une place de barragiste. Le strict minimum pour une sélection au potentiel brillant.

Tenus en échec contre le Pérou (0-0), la sélection argentine inquiète à quelques mois du mondial russe.
Tenus en échec contre le Pérou (0-0), la sélection argentine inquiète à quelques mois du mondial russe.

La réflexion douteuse de Jorge Sampaoli

Depuis cette nuit (comme depuis plusieurs mois désormais), la presse argentine n’est pas tendre avec son sélectionneur. Et pour cause, en analysant de plus près les choix de Jorge Sampaoli, les tactiques mises en place se heurtent à de lourdes critiques. Mais avant d’analyser plus en profondeur l’équipe alignée contre les Péruviens, il s’agit aussi de souligner les décisions prises en amont et le manque flagrant de réussite des Argentins. Célèbre pour son vivier offensif bouillonnant, l’Albiceleste essuie pourtant un manque de réussite inquiétant. Depuis mars, ils n’ont inscrit que deux buts en cinq rencontres. Leur dernière victoire remonte au 24 mars contre le Chili. C’est aussi la seule en 2017.

Pourtant, la classe offensive des Argentins a de quoi faire pâlir la plupart des sélections. Lionel Messi, Angel Di Maria, Paulo Dybala, Gonzalo Higuain, Mauro Icardi, Sergio Aguero etc. Mais sous le maillot blanc et bleu, tout ne se passe pas comme prévu, et l’alchimie entre l’omnipotent quintuple ballon d’or et les autres attaquants n’est pas toujours au beau fixe.

Dario Benedetto, sauveur malgré lui

Contre le Pérou, Jorge Sampaoli a donc aligné un 4-2-3-1 avec en pointe… Dario Benedetto. Serial killer des Boca Juniors, le buteur est encore trop méconnu sur le vieux continent. Néanmoins, ses performances tonitruantes depuis plusieurs mois lui ont ouvert les portes de la sélection. Mais l’attaquant profite aussi d’un certain concours de circonstances et de décisions critiquables.

Blessé, le buteur titulaire Sergio Aguëro n’était pas du voyage. N’entrant pas dans les plans du sélectionneur, Gonzalo Huguain est, lui-aussi, resté en Italie. Si Mauro Icardi a bien été sélectionné, son rôle dans la sélection est toujours très contrasté, et face à la sélection péruvienne, il a démarré sur le banc. C’est ainsi ces différents paramètres qui expliquent la titularisation de Dario Benedetto. Un choix étrange, à double tranchant, qui s’est retourné de plein fouet sur l’égo de Sampaoli, déchiré de l’autre côté de l’Atlantique.

Une équipe-type contestable

Sur le onze présenté ce jeudi à la Bombonera, plusieurs autres cas de figures peuvent être soulevés. Paulo Dybala, éblouissant depuis le début de saison, est laissé sur le banc par le sélectionneur. Peut-être encore et toujours dans l’ombre de son aîné Lionel Messi, l’attaquant de la Juventus n’entre toujours pas dans les schémas de Sampaoli. Un choix presque choquant tant le jeune buteur brille de milles feux depuis plusieurs semaines. S’il n’a même pas foulé la pelouse, il a pu longuement discuter de sa situation avec Mauro Icardi, lui aussi laissé de côté.

Jorge Sampaoli, arrivé en juin à la tête de la sélection, peine à trouver un effectif stable.
Jorge Sampaoli, arrivé en juin à la tête de la sélection, peine à trouver un effectif stable.

Derrière Benedetto, en numéro 10, se trouvait donc Lionel Messi. Les ailes étaient composées de Angel Di Maria et Alejandro Gomez. Le premier traverse une phase difficile à Paris, où les arrivées de Neymar et Kylian Mbappé l’ont gentiment poussés sur le banc. Très bon avec l’Atalanta la saison passée comme ce début de saison, Alejandro Gomez est l’un des outsider de cette équipe argentine.

Mais sont-ils nécessairement dignes de ce secteur offensif si riche ? Pourquoi Mauro Icardi et Paulo Dybala, pourtant dans les tops buteurs européens depuis août, n’ont pas disposé du moindre temps de jeu ? Pourquoi Angel Di Maria profite-t-il en sélection de plus de minutes qu’il n’en a à Paris, alors que d’autres Argentins pourtant le vent en poupe, à l’image de Giovanni Lo Celso, n’entrent pas dans les petits papiers de Sampaoli ? Le casse-tête offensif de l’Albiceleste n’a toujours pas livré tous ses secrets.

Le rêve international argentin devra donc passer par une victoire inexorable en Equateur, puis sûrement, par des barrages. Arrivé en juin dernier, Jorge Sampaoli aura ensuite quelques mois pour trouver une alchimie entre ses éléments offensifs. Sans quoi, la compétition risque d’être de courte durée.

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