Rencontre avec Wass, figure internationale du football freestyle !

Wass : Travail et humilité, itinéraire d’un freestyler à part entière.

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PRÉSENTATION

Wassim Benslimane, alias Wass, freestyler professionnel, recordman Guinness, 3 fois vice-champion du monde, top 16 international, je fais parti du groupe S3 Society et représente l’Algérie dans ma discipline.

DEPUIS QUAND FAIS-TU DU FREESTYLE ?

J’ai découvert le freestyle en 2001, à travers les spots TV de Nike (Ronnie, Henry etc.). Je suis tombé amoureux. À l’époque, ce n’était qu’un fantasme de faire ça. Cinq ans plus tard, je m’y suis mis par plaisir, je testais des petites figures, et au fur et à mesure du temps j’en apprenais davantage. J’ai pratiqué le football pendant 8 à 9 ans, ça m’a aidé pour avoir des bases solides. C’est depuis 2006 je fais du freestyle.

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QUEL EST TON RYTHME D’ENTRAÎNEMENT ?

Je m’entraîne beaucoup. Je me suis inscrit à la salle de sport, pour travailler le cardio, la musculation notamment. Entre 3 et 4 heures par jour, ça varie en fonction des jours. C’est très intense comme entrainement, mais je tient le coup.

TON MEILLEUR SOUVENIR ?

Difficile de répondre à cette question. Difficile de faire un classement de bons souvenirs, car ils ont tous leur particularité. Je peux citer ma rencontre avec Maradona, Ashley Cole, les plateaux TV, etc.

Par ailleurs, les animations de matchs de foot lors de matchs de l’Algérie m’ont vraiment marqué. Être seul au milieu d’un stade, avoir tout un public qui scande ton nom et t’applaudit c’est juste magnifique. Il y a aussi mon dernier voyage à New York, pendant lequel j’ai vécu des moments inoubliables ou encore lorsque j’ai été en finale lors du Redbull Street Style au Japon alors que je sortait du groupe de la mort. Sans oublier mon lieu d’entraînement, le Cent Quatre, dans lequel je rencontre des artistes d’autres univers, ce qui m’inspire encore plus. Tous les jours sont des bons souvenirs pour moi. Et je fais en sorte de tirer le positif dans tout ce que je fais.

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TON PIRE SOUVENIR ?

Les blessures. On peut se blesser très facilement dans le freestyle. Il y a aussi les défaites lors des compétitions. Par exemple le dernier Superball où j’ai terminé 3eme, c’était très dur à encaisser. J’étais persuadé de gagner après ma prestation. Dans ma tête j’étais confiant. Je suis tombé de haut. Aujourd’hui j’apprends de cette défaite, ce qui me pousse à devenir meilleur.

TON PALMARÈS ? LES ÉVÈNEMENTS LES PLUS MARQUANTS ?

Record du monde en 2009, club Trix, dans le cadre de l’émission des records. Très bon souvenir, et aussi inattendu car ce n’était pas prévu au départ. J’ai participé à différentes compétitions comme le RedBull Streetsyle, récemment celui du Japon, où j’ai terminé dans le top 16. Le niveau était très élevé, je n’y croyais pas, j’y allais pour m’amuser. Et j’ai terminé parmi les finalistes. C’était une grande et agréable surprise pour moi. J’ai terminé quart de finaliste au Master of the Game à Dubai en 2010. J’y allais pour le fun et j’était content de ma perf. Le dernier Superball en République Tchèque où j’ai terminé troisième. Le problème qui se pose c’est que le jury est composé de plusieurs personnes, chacun a sa vision (la mienne est plus artistique que technique).

“L’important c’est de faire ce qu’on aime. Et de faire passer le message que l’on souhaite faire passer, même si on ne gagne pas. Si on réussit à faire ce qu’on avait prévu, c’est une victoire en soit.

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À QUEL JOUEUR PRO T’IDENTIFIES-TU ?

Depuis que j’ai commencé le freestyle, j’ai un peu arrêté de suivre le football professionnel. A part bien sur les grosses affiches, les grandes équipes etc. Avant j’étais vraiment fan de Thierry Henry, non pas parce que je m’identifie à lui, mais c’est plus dans sa façon de jouer, son attitude, ce qu’il dégageait. J’essayais de faire comme lui, avoir le meme style.

Mais aujourd’hui, si je devais m’identifier à un joueur pro, ça serait Cristiano Ronaldo. Parce que c’est un bosseur. Peu importe qui il est, la notoriété qu’il possède ou son niveau incroyable, il continuera de travailler. Son objectif c’est d’être le meilleur. C’est là où je le rejoins.

AS-TU DÉJÀ SOUHAITÉ DEVENIR FOOTBALLEUR PROFESSIONNEL ?

Comme tout jeune ayant pratiqué le football, je souhaitais le devenir. Mais j’étais assez réaliste pour me rendre compte que je n’avais pas le niveau. C’était un rêve, mais pas le rêve ultime.

Aujourd’hui, j’ai trouvé une autre façon de vivre d’une passion qui m’anime et je pense que je n’aurais jamais été aussi heureux. Je voyage partout, j’ai une très belle équipe, je rencontre des gens top. Donc oui, j’aurai voulu être footballeur professionnel, mais je ne regrette pas de ne pas l’avoir été, bien au contraire.

UN FOOTBALLEUR PRO PEUT-IL DEVENIR FREESTYLER ? ET VICE-VERSA ?

Le freestyle et le football professionnel sont deux choses différentes selon moi. Faire une figure “freestyle” au milieu d’un terrain ne servira à rien. Ca peut aider pour le contrôle de balle et améliorer sa technique, mais pas que. Je dirais donc que non, un freestyler ne peut pas devenir un footballeur pro s’il a uniquement pratiqué le freestyle toute sa vie.

Par contre, un footballeur peut devenir un freestyleur. Car il aura déjà les bases, il aura le bagage technique nécessaire pour évoluer rapidement.

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QU’EST-CE QUE LA S3 ?

Je fais parti d’un collectif la “S3” (Street Style Society), créée en 2006 par Sean, Andreas et Ice. J’ai rejoint le collectif pas longtemps après. J’étais fan de l’équipe et le destin a fait qu’aujourd’hui on travaille ensemble. Le concept que l’on propose est de mélanger le football/basketball/danse freestyle sous forme de show chorégraphié. C’est un groupe qui a un gros palmarès au niveau international. Cela nous a ouvert énormément de portes partout dans le monde, et aujourd’hui je suis fier de faire partie de cette équipe.

Sans la S3, je n’aurai jamais percé. Ils m’ont beaucoup aidé lors de mon arrivée à Paris, je n’avais rien : pas d’argent, pas de logement, pas de vêtement. Ils m’ont guidé dans la façon de freestyler, je leur dois beaucoup (BIG UP !).

PRINCIPAUX OBSTACLES DANS TON PARCOURS ?

Je viens de Clermont Ferrand, petite ville au centre de la France. Du jour au lendemain, j’ai quitté la ville pour ma passion, je suis parti sur un coup de tête. Sans aucun contact, pas d’argent, rien. Mis à part les trois membres de la S3. J’ai rencontré des difficultés financières, vestimentaires. On m’a dépanné.

J’ai fait pas mal de show dans la rue pour pouvoir manger, mais aussi apprendre. On m’a appris comment faire un show, comment interagir avec les gens. C’était une grosse difficulté, mais aussi une grosse expérience, une très grande leçon de vie. Et c’est ce qui fait qu’aujourd’hui j’ai la niaque, j’ai envie de continuer, car je n’oublie pas d’où je viens.

UN MESSAGE POUR CEUX QUI TE SUIVENT ?

Quoi qu’il arrive, si vous avez un rêve, il faut y croire, il faut se donner les moyens. Il y aura des obstacles, des difficultés, mais il faut savoir que le travail paie toujours. Croyez en vos rêves et ne lâchez rien !

Vous pouvez suivre Wass sur Facebook, Twitter, Instagram et Youtube.

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