Radja Nainggolan : l'excentrique Belge

Quoiqu’on pense de lui, ce joueur ne laisse personne indifférent. Il ne passe pas inaperçu avec sa crête blonde et ses tatouages à profusion. Coté terrain, il est impressionnant. Véritable ratisseur du milieu, il sait également très rapidement se projeter vers l’avant. Il participe beaucoup aux phases offensives avec notamment une très bonne frappe de balle. Qualifié pour la Coupe du Monde avec les Diables Rouges, Radja Nainggolan reste pour le moment fidèle à la Roma et ne cède pas au sirènes étrangères. À 29 ans, le numéro quatre Romain, s’il participe et réalise une bonne Coupe du Monde, pourra, pourquoi pas, vivre une dernière aventure dans un autre club.

Roma's Belgian midfielder Radja Nainggolan kciks the ball during the Italian Serie A football match Roma vs Cagliari, on December 16, 2017 at the Olimpico stadium in Rome. / AFP PHOTO / Andreas SOLARO
Radja Nainggolan a joué 19 matches cette saison : deux buts et quatre passes décisives / AFP PHOTO / Andreas SOLARO

Celui que l’on surnomme volontiers le “Ninja”, pour son physique, mais surtout pour son caractère de gagnant, ne lâche jamais rien sur un terrain. Il fait preuve d’une combativité hors-pair qui lui vaut souvent la comparaison avec l’Italien Gennaro Gattuso. D’origine Indonésienne par son père, il est souvent décrié pour son franc-parlé et ses frasques extra-sportives.

Une éclosion tardive

On a l’impression de connaître ce joueur depuis longtemps et qu’il est un taulier à la Roma comme en sélection. Mais Nainggolan s’est crée son statut en devenant indispensable sur le terrain et non par son ancienneté. Cela fait seulement depuis 2014 qu’il joue dans la capitale italienne, et il ne compte que 29 sélections avec la Belgique ! Formé pendant cinq ans en Belgique au Germinal Beerschot, club de la banlieue d’Anvers, sa ville natale, il y évolue dans les équipes jeunes de douze à seize ans. Il est même appelé à une reprise avec les U16 Belges !

Pas conservé en Belgique, Nainggolan fait alors le grand saut jusqu’en Italie à l’été 2004, où il est recruté par un club de Série B, le FC Piacenza ! Il évolue avec les U19 pendant trois ans, avant de passer pro avec l’équipe première à l’été 2007, à 19 ans. Le Belge alterne alors entre la CFA et la Série B. Il joue également deux matches avec les U19 de son pays. Pour sa première saison en pro, il ne participe qu’à seulement dix matches avec les A. C’est vraiment lors de la saison qui suit, 2008/2009, qu’il intègre définitivement l’équipe première et qu’il s’imposera avec son club. Il dispute 39 matches !

Le jeune Nainggolan continue également son parcours en Equipe nationale, où il joue deux matchs avec les U20, puis avec les Espoirs ! Il est même convoqué pour la première fois avec les Diables Rouges en mai 2009 ! Sur sa lancée, il réalise un très bon début de saison à tel point de taper dans l’œil d’un club de Série A, Cagliari. Il y est transféré en janvier 2010 ! Le Belge ne joue que sept matches, avant d’exploser littéralement lors de la saison 2010/2011, où il devient titulaire indiscutable dans un poste de milieu central. Il est surnommé “El Guerro” par les supporters de Cagliari, qui apprécient sa rage et son acharnement !

Il impose son style

Après quatre saison pleines avec Cagliari, Radja Nainggolan est courtisé par de nombreux clubs, dont le PSG à l’époque. Il est finalement transféré sous forme de prêt en janvier 2014 à la Roma, avant un achat définitif six mois plus tard, pour quinze millions d’euros. Néanmoins, faisant partie des sept réservistes, il n’est pas sélectionné par Marc Wilmots pour jouer la Coupe du Monde 2014 au Brésil. L’ancien buteur des Diables Rouges se méfiant de son côté rebelle. Revanchard et concentré sur son club, c’est le début de la gloire pour le Belge. Avec un véritable impact dans le jeu Romain, Rudi Garcia l’utilise énormément.

Il s’impose très rapidement comme un des meilleurs milieux centraux de Série A. Ce même Marc Wilmots le sélectionne finalement pour l’Euro 2016, où Nainggolan est le meilleur Belge de son équipe. Toujours en progression malgré son âge, cela fait trois années de suite qu’il fait partie de l’équipe type de Série A (la saison dernière, en compagnie de son compatriote Mertens). Cela va donc faire quatre ans que le Belge évolue à la Roma. Doit-il changer d’air pour que son statut évolue encore ? En tout cas, il est pour l’instant bel et bien Romain, pour le plus grand bonheur de ses supporters.

Mal aimé

A l’image de Karim Benzema en France, le cas de Radja Nainggolan divise en Belgique ! Un moment écarté de la sélection Belge à cause des choix surprenants de Roberto Martinez, le Ninja n’est pas 100% assuré de disputer le Mondial en Russie. Le sélectionneur ne semble pas le porter pas dans son cœur, en prétendant des raisons sportives. “Tactiquement, nous avons trouvé la manière de jouer. Et je pense qu’il y a d’autres joueurs qui performent mieux en équipe nationale“. Ensuite, la concurrence fait rage à son poste (Tielemans, Fellaini, Defour ou Dembelé), et la nouvelle génération dispose de vrais atouts. La faute également à un comportement toujours provocateur. Puisque les performances sportives ne suffisent malheureusement plus, le Ninja tente de soigner sa communication. Notamment sur ses sorties cigarette au bec, et sur ses interviews.

Ses propos avaient défrayés la chronique lors de sa non-sélection pour les matches éliminatoires du mois de septembre : “J’arrête. On m’a poussé dans cette situation, donc je mise tout sur l’AS Roma […] au moment de sa désignation comme sélectionneur, il avait déclaré que Les Diables devaient jouer dans des grands championnats. Mais maintenant qu’Axel Witsel joue en Chine, ce n’est plus d’actualité. Et c’est moi qui dois en être la victime ? Non merci. Cela n’a plus de sens de continuer. Il rappelle Youri Tielemans qui ne joue que quelques minutes par match“. El Guerro a du caractère, et est provocateur, c’est sans doute cela qui fait peur. On peut comprendre sa frustration. On vous rassure, ses propos avaient été mal interprétés, Radja Nainggolan n’a pas encore baissé les bras !

Contrairement au cas Benzema, Nainggolan semble disposer du soutien populaire en Belgique. Les amoureux du ballon rond ont compris qu’une équipe est meilleure avec ses meilleurs éléments. Mais cette fois, le coach n’a pas l’air de céder à la pression du peuple.

Théophile Rémon

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