Quel avenir pour cet AC Milan ?

Actuellement septièmes à plus de dix points de la quatrième place qualificative pour la prochaine Champions League, les joueurs de l’AC Milan vivent un début de saison particulièrement compliqué. Entre les différentes recrues à intégrer, les lacunes du coach et le niveau global de l’effectif, rien ne semble véritablement tourner en faveur des Rossoneri. Zoom sur une situation pénible pour ne pas dire alarmante…

Avec trois buts au compteur, Nikola Kalinic est le moins performant des attaquants milanais derrière Andre Silva et Cutrone. Crédit photo: Pier Marco Tacca / Anadolu Agency
Avec trois buts au compteur, Nikola Kalinic est le moins performant des attaquants milanais derrière Andre Silva et Cutrone. Crédit photo: Pier Marco Tacca / Anadolu Agency

Un été parfait

Durant l’été, l’AC Milan a recruté en nombre. En effet, pas moins de 11 titulaires en puissance ont débarqué à Milanello pendant le dernier mercato. Si les profils étaient bien différents et plutôt complémentaires sur le papier, la réalité du terrain a vite été différente. Lorsque le mois d’août est arrivé avec son lot de matchs qualificatifs pour l’Europa League, les résultats ont été plus que satisfaisants. Quatre victoires en Europe et deux victoires en Serie A en six rencontres. 15 buts marqués et un seul encaissé. Toutefois, les Rossoneri n’avaient affronté que Craiova, Shkendija, Crotone et Cagliari. Tout sauf des monstres… Mais quand vous avez recruté Bonucci, Biglia, Andre SIlva, Calhanoglu, Ricardo Rodriguez et d’autres, l’avenir ne peut être que serein…

Un bilan catastrophique face aux gros

Après la trêve internationale de septembre, l’AC Milan est rentré dans le vif du sujet de sa saison. Opposés à la Lazio au Stadio Olimpico, les milanais ont sombré lourdement. Outre la lourde défaite 4-1, les joueurs semblaient dépassés et perdus sur le terrain. Malgré cet échec, les observateurs continuaient à penser que cette équipe allait rebondir et que cet échec était presque normal au vu du chamboulement effectué quelques mois auparavant. Seulement cette théorie n’a plus trouvé d’écho lorsque les milanais ont perdu face à la Sampdoria (2-0), contre l’AS Roma (0-2), l’Inter (3-2), la Juventus (0-2) et le Napoli (1-2). Soit aucune victoire face aux six premiers et 15 buts encaissés pour seulement 4 inscrits.

Un schéma tactique inadapté

Logiquement, les regards se sont tournés vers le coach milanais. Car au delà des défaites, la qualité de jeu interpelle. Séduisants en 4-3-3 pour l’ouverture du championnat, ils ont basculé sur une défense à 3 après la débâcle face à la Lazio. Initialement, ce système a été choisi pour mettre dans les meilleures conditions Leonardo Bonucci et aligner Alessio Romagnoli et la recrue Musacchio. Mais il se révèle peu performant voire inoffensif dès que le niveau de l’adversaire se relève car trop prévisible et pas assez percutant en attaque. Face à la Sampdoria, les lacunes tactiques de ce système ont éclaté au grand jour. Dominés dans le jeu de la première à la dernière minute, les milanais ont pris une leçon tactique et technique d’une équipe bien moins forte. Sur le papier… Six jours plus tard face à l’AS Roma, le même schéma a donné un résultat identique malgré quelques signes encourageants comme la barre transversale de Bonucci à 0-0 ou l’état d’esprit.

Un derby fatal

Si tout le monde se souvient du dernier derby milanais principalement pour le triplé d’Icardi, peu soulignent l’importance de ce revers capital dans la construction du nouveau projet milanais. En remportant le derby, Montella et les dirigeants se seraient offert du temps sportivement et principalement avec les tifosi. Plus qu’une défaite concédée dans les dernières minutes du match, les Rossoneri ont laissé une partie de leurs ambitions au vestiaire ce 15 octobre dernier. Invisibles durant 45 minutes puis brillants par séquence, les joueurs de Montella n’ont pas été capables de trouver la juste mesure dans leur jeu. Décroché à la dixième place au soir de cette défaite, l’AC Milan est depuis sur une inquiétante série de deux victoires en sept matchs. Face au Chievo Verone 11ème et Sassuolo 16ème…

Un entraîneur perdu

Recruter une équipe entière en un seul été n’est pas sans risque. Malgré la présence de Donnarumma, Romagnoli, Suso ou Bonaventura dans le onze titulaire, l’équipe alignée par Montella n’a aucun vécu ensemble. Arrivé comme un roi, Leonardo Bonucci met du temps à retrouver son meilleur niveau. Nommé capitaine par Montella à sa signature, il a vécu des semaines difficiles et une intégration compliquée. Dans un navire aussi bancal où le coach ne parait pas tout maîtriser, il est impossible de ressortir un véritable fautif dans cette crise de résultats. Mais l’entraîneur ne peut pas être exonéré de certaines critiques sur la pertinence de plusieurs compositions d’équipe ou la gestion voire l’utilisation de certains joueurs. Kessie ne souffle jamais, Ricardo Rodriguez n’a presque jamais été aligné à son vrai poste de latéral gauche, Borini n’est pas adapté au 3-5-2, Kalinic et Andre SIlva ne sont pas complémentaires etc…

L’Europa League, dernier espoir

Avec un retard de 11 points sur la 4ème place qualificative pour la Champions League, il faudrait une série impressionnante série de victoires ou un écroulement des équipes de tete pour voir les milanais en Ligue des Champions l’an prochain. Pourtant, il reste encore un espoir de participer à la reine des compétitions européennes. Remporter l’Europa League. Presque qualifié pour les seizièmes de finale, l’AC Milan peut encore se rêver un destin européen avec pourquoi pas un San Siro bouillant à chaque match. Cependant, l’épreuve est relevée avec Arsenal, la Lazio, Villarreal, Lyon, Zenit sans compter les probables reversés de l’actuelle Champions League. On pense à Dortmund, l’Atletico Madrid ou l’AS Roma, Naples ou le Shakhtar, Porto ou Leipzig. Un vrai parcours du combattant en perspective et pas en accord avec le niveau affiché par ce Milan. Mais l’espoir existe. Sur le papier…

Toujours soutenu par ses dirigeants, Vincenzo Montella reste l’entraineur de l’AC Milan pour le moment. Si certaines mauvaises langues estiment surtout que ce dernier reste en poste car Ancelotti a refusé et qu’aucun coach de renom n’est disponible, d’autres avancent l’argument de la prolongation signée par ce meme Montella il y a quelques mois. Sans s’attarder sur le flou financier autour de la reprise du club, le sportif est actuellement en crise. Sans un véritable electrochoc, ce Milan risque de vivre une saison sans saveur loin des ambitions estivales. Un sacré échec sur le papier…

 

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