Quel attaquant pour l'OM ?

Depuis le début de la saison, l’OM affiche un curieux paradoxe. Quatrième meilleure attaque de Ligue 1, son meilleur buteur (Florian Thauvin) n’est pas un avant-centre. Pire, les véritables attaquants de formation comme Germain, Mitroglu ou N’Jie ont véritablement du mal à trouver la moindre continuité dans leurs performances. Dans cette optique, qui choisir au moment de faire la composition de départ ?

A eux deux, Mitroglu et Germain ont mis autant de buts en Ligue 1 que Clinton N'Jie (6). AFP PHOTO / NICOLAS TUCAT
A eux deux, Mitroglu et Germain ont mis autant de buts en Ligue 1 que Clinton N’Jie (6). AFP PHOTO / NICOLAS TUCAT

Kostas Mitroglu, l’erreur de casting ?

Recruté pour 15 millions d’euros en toute fin de mercato, le Grec est arrivé blessé à Marseille. Absent lors des quatre premiers matchs de Ligue 1, il ouvre son compteur but lors de sa première titularisation à Strasbourg (3-3). Invisible la semaine suivante face au PSG (2-2), il marque de nouveau face à Caen (5-0) et depuis plus rien, si ce n’est un but en Coupe de la Ligue face à Rennes. Muet en Europa League, il affiche un bilan peu flatteur de 3 buts en 12 matchs. Clairement en méforme physique et en proie aux doutes légitimes du buteur en manque de réussite, sa situation à l’OM parait bloquée. Peu complémentaire avec Payet, Thauvin et Ocampos qui cherchent constamment à repiquer dans l’axe plutôt que de déborder et centrer, Mitroglu paye surtout son incompatibilité avec le schéma en 4-3-3 ou 4-2-3-1. Plus à l’aise avec un second attaquant à ses cotés, il semble perdu actuellement.

Valère Germain, l’éclosion tardive

Autre recrue offensive importante de l’OM cet été, Valère Germain est arrivé avec un beau capital sympathie en provenance de Monaco. Précieux sur le terrain et disponible en dehors, il symbolise parfaitement le genre de joueur que les supporters adorent. Malgré une période de disette offensive hallucinante longue de 15 matchs de Ligue 1, il ne s’est jamais arrêté de travailler et d’avoir la bonne attitude. Cependant, son bilan statistique est lui aussi trop faible en Ligue 1. 19 matchs disputés pour 4 buts, on attend mieux pour le numéro 9 de l’OM. Si son apport dans le jeu a toujours été visible, son poids au poste d’avant-centre dans un 4-3-3 ou 4-2-3-1 est invisible. Comme Mitroglu, Germain est plus à l’aise aux cotés d’un attaquant. Si ces dernières semaines l’ont vu enchaîner les buts (4 buts sur les 5 dernières journées), il ne fait pas l’unanimité en numéro 9 titulaire.

N’Jie, et si c’était lui ?

Arrivé il y a dix huit mois à l’OM, le Camerounais possède un profil différent de Mitroglu et Germain. Plus en phase avec le schéma de jeu de Rudi Garcia, il avait très bien débuté la saison avec 5 buts en 4 matchs. Moins performant en septembre, il a perdu sa place dans le onze titulaire par la suite, pour collectionner les présences sur le banc. Revenu en grâce mardi dernier face à Strasbourg (2-0), l’ancien joueur de l’OL affiche le meilleur bilan statistique olympien avec 6 buts en 11 matchs de Lgue 1 et seulement 490 minutes de jeu. Attaquant de profondeur, il convient parfaitement au profil collectif de l’équipe. Si la technique fait partie de ses points forts, il a encore du mal à simplifier et fluidifier son jeu. Néanmoins, sa vitesse peut véritablement rendre l’OM dangereux et moins prévisible qu’avec Germain ou Mitroglu.

Et maintenant ?

Si les trois attaquants de l’OM affichent diverses fortunes, il n’en demeure pas moins qu’aucun titulaire indiscutable ne se détache. Bloqué par l’indemnité de transfert conséquente accordée à Mitroglu, l’Olympique de Marseille ne pourra pas recruter cet hiver pour corriger cette erreur présumée. Si Germain semble retrouver la confiance avec notamment des buts importants et décisifs, son gabarit et son style de jeu ne semblent pas en accord avec le jeu prôné par Rudi Garcia. Certes, son intelligence de jeu lui permet de surnager mais il ne possède pas le profil du 9 tant recherché. Dernier dans la hiérarchie fixée par le coach de l’OM, N’Jie a une belle carte à jouer dans cette fin de saison à suspense. S’il continue à travailler et qu’il parvient à saisir sa chance dans les semaines à venir, il peut devenir le vrai 9 de l’OM jusqu à la fin de saison.

Sans véritable killer des surfaces depuis 6 mois, les marseillais sont sur le podium et encore qualifiés en Europa League. Si ce constat peut laisser espérer de belles choses pour la suite de la saison en cas d’amélioration significative, à l’inverse si rien n’évolue il y a de fortes chances pour que l’OM nourrisse des regrets en fin de saison à l’heure de faire les comptes…

Jajaye Panizzoli

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut