Que deviens-tu : Carlos Tevez

16 saisons, 8 transferts, 7 clubs, 10 titres de champion et près de 20 titres majeurs… Qui aurait cru que le natif de Fuerte Apache, l’un des quartiers les plus difficiles de Buenos Aires, serait un jour une véritable légende du football Argentin et un monument offensif des années 2010 en Europe. Malgré tout cela et ses 34 années, il continue à torturer les défenses en Argentine, mais du coup tu deviens quoi Carlitos ?

AFP PHOTO / ALEJANDRO PAGNI

L’importance de Boca et de son enfance

Finalement, rares sont les joueurs et surtout de son standing, qui ont un passif aussi spécial que celui de l’Argentin. En effet, même si de nombreux joueurs viennent de milieux défavorisés ou difficiles à travers les quatre coins du Monde, nombreux sont ceux qui ont très vite rejoint un centre de formation leur permettant de rêver d’un autre avenir ou de s’écarter de leur quotidien. Carlos vient donc de Fuerte Apache, un quartier très dangereux, et perd son père à l’âge de 5 ans. Sa mère quant à elle est une toxicomane, qui ne peut pas correctement s’occuper et élever son fils. C’est donc ces voisins qui l’élèvent, et des amis qui lui proposent de se tourner vers le football. Après avoir été licencié au All Boys, il est très vite repéré par son club de cœur et y signe en 1997 son premier contrat. C’est aussi à ce moment qu’il choisit de changer de nom de famille, passant de Martinez à Tevez, car il considère que c’est bien ses voisins qu’ils l’ont élevé. Après deux saisons passées avec les équipes de jeunes, il joue son premier match avec le groupe professionnel en 2001. Pour sa première saison, il ne joue que 11 matchs pour 1 but et une passe décisive. Mais par son physique atypique, sa grinta et son explosivité il devient très vite dans les tribunes un très grand espoir du club et une véritable icône pour les plus jeunes. Très vite, ses performances sont remarquables et remarquées. Il est un attaquant typique de ce qui marche et plaît en Amérique latine. Après avoir remporté un championnat, une Copa Libertadores dont il est sacré meilleur joueur de la compétition, et une coupe intercontinentale, il est appelé avec l’équipe d’Argentine. Avec la sélection, il a dès le début eu une relation très particulière. Considéré comme le plus grand espoir du pays, même devant un certain Lionel Messi, Carlos Tevez a toujours ravi les fans et les supporters argentins. Il permet à son pays de remporter une médaille d’or aux J.O d’Athènes, en finissant meilleur buteur de la compétition. Ses quatre premières saisons avec le club de Buenos Aires sont tonitruantes et lui permettent de se faire un nom dans le monde entier. Avec un ratio de plus d’un but pour trois matchs, il est une véritable valeur sûre face aux buts malgré son jeune âge.

Un passage à Corinthians et à West Ham pour rejoindre un grand d’Europe

La particularité du joueur, et de nombreux sud-américains, est qu’il signe à la fin de l’année 2004 avec MSI. Il ne s’agit non pas d’un club, mais d’un fond d’investissement. Un club est très vite affilié à ce que l’on peut considérer comme étant une entreprise : Corinthians. Ainsi, en janvier 2005, il rejoint le club brésilien et va en deux saisons prouver qu’il a les épaules pour ne pas juste être un espoir, ou un bon joueur, mais un très grand joueur. Avec quasiment 50 buts en un peu moins de 100 matchs, l’attaquant argentin ne cesse de progresser face aux buts. Cependant, après une saison et demi avec le club, il lui tarde de rejoindre un club européen pour enfin pouvoir briller aux yeux de tous. A l’été 2006, après de nombreuses spéculations autour de son avenir, il rejoint un club de Londres. A la surprise générale, il ne s’agit non pas de Chelsea ou Arsenal, mais de West Ham ! Son début d’aventure en Angleterre est compliquée. Après avoir été titulaire sans réellement marquer de buts ni les esprits, il est peu à peu mis sur le banc. Cependant l’arrivée d’Alan Pardew, et le changement de visage de l’équipe vont tout changer pour lui, et enfin lui permettre de faire parler son talent. Au terme d’une saison compliquée, West Ham doit attendre la dernière journée de championnat pour s’assurer de ne pas être relégué. Carlos Tevez va littéralement éblouir la rencontre de son talent et va taper dans l’oeil du manager écossais…

Deux clubs, des titres mais une ville : Manchester.

Entre 2007 et 2013, Carlitos est passé du rouge au bleu ciel. Il n’a sûrement pas déménagé puisqu’il n’y a que quelques kilomètres entre les deux stades de Manchester. Après avoir été approché par la presque totalité des grands clubs européens, c’est finalement Sir Alex qui le convainc de rejoindre Manchester United. L’équipe est extrêmement compétitive, rafle de nombreux titres en Angleterre et cherche à remporter une nouvelle Ligue des Champions. L’idée d’évoluer aux côtés de Cristiano Ronaldo, de Wayne Rooney, ou de Ryan Giggs sur le front de l’attaque ne peut que le ravir. Souvent aligné sur le côté droit, Tevez va être un titulaire indiscutable dans le schéma mancunien. Pour sa première saison, il remporte un championnat d’Angleterre et une Champions League. D’autant plus que cet été là, il obtient une deuxième médaille d’or aux Jeux Olympiques de Pékin. Une saison de rêve pour lui. La saison suivante est plus compliquée car il est mis en concurrence avec Wayne Rooney sur le côté droit. La nouvelle recrue Berbatov est placé dans l’axe tandis que Ronaldo joue sur le côté gauche. Son temps de jeu diminue peu à peu mais le joueur reste toujours très performant. Au terme d’une deuxième saison réussie sur le plan collectif avec une Coupe du Monde des clubs et un deuxième titre de champion d’Angleterre, l’attaquant argentin souhaite faire ses bagages afin de trouver une équipe dans laquelle il pourrait être le titulaire indiscutable et la vraie star de l’équipe.

Et c’est finalement l’autre club de Manchester qui réussira à attirer le numéro 32. En effet, au mois de juillet 2009, le club débourse plus de 36 millions d’euros pour recruter le joueur. Il devient le nouveau symbole, après Robinho, de ce nouveau Manchester City. Véritable leader technique et spirituel du groupe citizen. Cependant, l’équipe peine à réellement s’imposer parmi les meilleurs et ceci malgré ses 32 buts toutes compétitions confondues. Après une Coupe du Monde décevante pour l’Argentine en 2010, Tévez auteur de deux buts en huitième de finale, compte bien repartir sur de bonnes bases lors de la saison 2010-2011. Malgré son nouveau statut de capitaine et de très bonnes statistiques, les rumeurs autour d’un possible départ sont de plus en plus persistantes. Lors de cette saison, le club remporte son premier trophée depuis sa nouvelle “ère”. Une FA Cup, qui est annonciatrice d’une possible belle épopée. En plus de cette récompense, le club finit à la troisième place du championnat, lui permettant de jouer la Ligue des Champions la saison suivante. Ce qui est, pour le club, une aubaine permettant à de nombreux joueurs d’être de plus en plus intéressés par le projet des Citizens. En atteste l’arrivée de David Silva, Nasri et sur le front de l’attaque, Balotelli, Agüero ou Edin Dzeko. Pour Tevez, le divorce se dessine premièrement en septembre 2011 suite à une altercation avec son coach Roberto Mancini. En effet, après avoir refusé de rentrer en jeu face au Bayern Munich, le manager italien stipulera que Tevez ne “rejouera plus jamais à City”. Ainsi, un conflit ouvert commence entre le joueur et le club ainsi que les supporters. Cependant, après des excuses en 2012, Tevez retrouvera la pelouse de l’Etihad Stadium. Il permettra même au club d’aller chercher dans les ultimes secondes le titre de champion. Le troisième en Angleterre pour lui. Après un début de saison tonitruant avec City, dont 6 réalisations en quatre rencontres, il connaît une saison plus stable et calme sur le terrain, malgré quelques blessures et des problèmes extra sportifs. Après plus de 160 matchs dont 78 buts et 30 passes décisives, son histoire avec City prend fin.

Dernières fulgurances en Europe avec la Vielle Dame

Entre 2013 et 2015, c’est du côté de l’Italie que Carlos Tevez martyrisera les défenses. Après un transfert de près de 14 millions d’euros, l’attaquant est fin prêt pour se lancer un nouveau défi. Celui de conquérir l’Italie. Et c’est finalement ce qui arriva. Avec deux titres de Champions, une Supercoupe d’Italie, une Coupe d’Italie et une finale de Ligue des Champions, le nouveau numéro 10 de la Juve met tout le monde d’accord. D’un point de vue personnel, il est à un but tous les deux matchs avec 105 matchs pour 50 buts et 16 passes décisives. Juste monstrueux. Cependant, l’idée selon laquelle il souhaiterait rejoindre son club de toujours, son club de coeur est de plus en plus grande…

Boca, Shanghai mais toujours Boca…

Finalement, en juin 2015 il retourne enfin a Boca Junior. Il s’agit pour le joueur d’un véritable soulagement et d’un vrai choix du coeur pour celui que l’on a souvent traité de mercenaire. Ses statistiques sont très bonnes dès son retour, et marque à 18 reprises en deux saisons. Malgré tout, il joue de moins en moins de matchs car il n’est plus le joueur d’antan. Sa vivacité et sa combativité ont peu à peu disparu avec l’âge, même s’il garde en lui cette véritable grinta propre à sa personnalité. En décembre 2016, il ouvre une nouvelle parenthèse en rejoignant la Chine. Ici, il s’agit bien évidemment d’un choix purement financier. En effet, il devient le joueur le mieux payé du monde avec près de 40 millions d’euros par an. Cependant, il ne reste qu’une petite saison et joue un peu moins d’une vingtaine de matchs, car il retourne en janvier 2018, encore une fois en Argentine à Boca Junior, pour sûrement y finir sa carrière…


 

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