Quand les arbitres paient l'addition…

Dimanche soir, lors du match de 21h Nantes-PSG, la France entière et une partie de l’Europe ont découvert les images du pétage de plomb de Tony Chapron. Si le geste est totalement condamnable, la violence des attaques vis à vis de ce même arbitre depuis la fin de cette rencontre est également à condamner.

En 216 matchs de Ligue 1, Tony Chapron a distribué 757 cartons et 38 cartons rouges. AFP PHOTO / LOIC VENANCE
En 216 matchs de Ligue 1, Tony Chapron a distribué 757 cartons et 38 cartons rouges. AFP PHOTO / LOIC VENANCE

Le pétage de plomb de Chapron

En voyant ou en revoyant les images du “ChapronGate”, il est impossible de ne pas dire qu’après avoir été déséquilibré, Tony Chapron a pété les plombs. Au delà de la réaction stupide et instinctive qui voit l’arbitre vouloir tacler durement Diego Carlos après sa chute, son manque de discernement et son absence de dialogue avec le principal intéressé est pénalisante au plus haut point. À l’instar d’un joueur qui tacle violemment un adversaire et qui continue de parler, Tony Chapron a vécu un coup de folie similaire à tant de bons et grands joueurs qui ont été incapables de garder leur sang froid après un tacle ou une provocation…

Se défouler sur l’erreur d’arbitrage

Si les images parlent d’elles mêmes, il convient de nuancer les critiques. Que Chapron ait fait une erreur intolérable, OK. Mais que l’on assimile tous les arbitres de Ligue 1 avec le cas Tony Chapron est tout aussi intolérable. Lorsque Waldemar Kita est interviewé après le match, il ne parle que du but refusé et de l’affaire Chapron. À aucun moment, il ne s’attarde sur le niveau de jeu de son équipe pendant plus d’une heure, ou sur le manque de concentration des siens pendant la première mi-temps. Non, la seule raison à ses yeux pour expliquer cette défaite est évidemment la performance de Tony Chapron. Si on pourrait encore discuter sur le fait que le rouge est pénalisant pour le joueur, le but refusé sur hors -jeu ne tient pas car deux nantais sont en position de jeu sur le but refusé de Sala.

Des rapports détestables

Depuis plusieurs années, les rapports entre le corps arbitral et l’ensemble joueur-dirigeants sont détestables. Il ne se passe pas une seule journée de championnat, sans qu’un président de club ou un coach voire meme un joueur ne fustige l’attitude de l’homme au sifflet voire de ses assistants. Responsables à leurs yeux d’une véritable cabale contre leur club, ils n’hésitent pas à justifier une défaite en évoquant clairement l’arbitrage. De Jean-Michel Aulas en passant par Rudi Garcia, Pascal Dupraz, Waldemar Kita, Jocelyn Gourvennec ou encore Vadim Vassiliev, une importante majorité a bien compris que se décharger sur l’arbitre permet de gagner du temps vis à vis de ses supporters. Coté arbitre, le dialogue est minime et le ton employé par certains arbitres vont à l’encontre de l’esprit du jeu. Dans ce marasme, il conviendrait véritablement de resituer le rôle et les devoirs de chacun.

L’arbitre n’est pas le seul responsable de la dérive actuelle

Si les images vues tous les week-ends sont rentrées dans l’inconscient collectif chez les amateurs de football, elles génèrent une véritable violence dans les divisions inférieures. Il n’est pas rare de voir que certains arbitres se font frapper ou violenter par certains joueurs ou supporters mécontents. Pire encore, certains matchs de U17 ou même de U15 connaissent ces mêmes débordements avec à la clé souvent des insultes, crachats et coups portés vers l’arbitre. Malgré des campagnes visant à rappeler que l’abitre fait partie du jeu comme l’attaquant ou le gardien de but, le réflexe est trop systématique lorsqu’il s’agit de passer ses nerfs ou sa frustration. L’arbitre est forcément le premier responsable…

Quel avenir ?

Avec l’arrivée prochaine de la vidéo en Ligue 1, les arbitres vont avoir une aide supplémentaire pour prendre certaines décisions. Cependant, cet outil n’enlèvera pas à tous les coups la frustration et la colère de certains joueurs après la consultation de cette même vidéo. Plutôt que de chercher toujours des nouvelles règles ou des nouveaux règlements, pourquoi ne pas remettre le dialogue et la communication au centre du jeu. Arbitres, joueurs, entraîneurs, dirigeants et supporters, tous vivent du football. A force de détourner les spectateurs des vrais problèmes dans le football (argent, corruption et racisme), les vrais amateurs de ballon vont finir par se lasser de ces comportements puérils qui font davantage de mal que de bien à l’ensemble de notre Football…

Jajaye Panizzoli

 

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