Presnel Kimpembe : quand la nouvelle génération prend les devants

À l’occasion de la 21ème journée de Ligue 1, le PSG (premier avec 53 points), reçoit Dijon (dixième avec 25 points). Trois jours après un déplacement à Nantes, et surtout quatre jours avant de se rendre à Lyon, quelle équipe Unai Emery va-t-il aligner ce soir ? Même si en attaque le turnover est assez faible avec le trio Cavani-Neymar-Mbappe, on ne peut pas dire la même chose de la défense. Des latéraux qui tournent souvent, tout comme les trois centraux. La hiérarchie est néanmoins installée : Thiago Silva et Marquinhos sont numéros 1. Mais le titi parisien Kimpembe gratte de plus en plus de temps de jeu. Appelé également avec les A en Equipe de France (sans jamais jouer), tout semble aller très vite pour le joueur de 22 ans. Entre insouciance et maturité précoce, il dégage beaucoup de confiance en lui. Focus sur ce défenseur plein d’avenir.

En stoppant Messi tout le match, Kimpembe s'est révélé aux yeux du grand public ce 14 février 2017 / AFP PHOTO / CHRISTOPHE SIMON
En stoppant Messi tout le match, Kimpembe s’est révélé aux yeux du grand public ce 14 février 2017 / AFP PHOTO / CHRISTOPHE SIMON

Sérénité, tel est le mot qui définit bien Presnel Kimpembe. Celui qui a déjà joué 18 rencontres avec le PSG cette saison, confirme les attentes placées en lui de matches en matches. Apprenant aux côtés des meilleurs, il fait preuve d’une grande assurance pour son âge.

Une formation dans la douleur

Le jeune Kimpembe est né en 1995, en région parisienne. Il commence le foot tôt et joue pour le club local : l’AS Eragny. Il a huit ans quand il débute. Très vite, il est remarqué pour sa maturité, son anticipation et sa détermination. Il est engagé au centre de formation du PSG en 2005, il a dix ans ! C’est alors une longue succession d’étapes et de franchissement de paliers. En concurrence avec d’autres talents de son âge, Kimpembe est jugé comme étant trop léger dans l’engagement, et malgré sa taille, on lui reproche un déficit physique. Il joue alors régulièrement avec des joueurs plus jeunes que lui. Mais il ne lâche rien.

J’ai galéré quand même. En pré-formation, je ne jouais pas beaucoup alors que tout le monde signait pro. Moi j’ai dû attendre la dernière année. J’ai vraiment eu du mal à décoller. Il n’y a que mon entourage qui a toujours cru en moi. J’ai vécu au PSG des moments très difficiles. Ils ne m’ont pas fait de cadeau. J’ai toujours cru en moi. Avec le club, ça a été compliqué mais je me suis accroché. Toutes ces épreuves m’ont fait grandir et me donnent la rage aujourd’hui. Les gens n’imaginent pas la difficulté pour y arriver”. On comprend mieux cette force qui émane de lui. Il a dû se battre pour en arriver là. En 2013, il joue notamment la Youth League, en compagnie de Kingsley Coman. Mais le PSG se fait sortir par le Real Madrid d’Enzo Zidane, en quart de finale.

Sur les traces des plus grands

À force de s’accrocher, il intègre finalement le groupe pro à l’aube de la saison 2014/2015. Il s’entraîne avec eux, son nom figure sur les feuilles de match, mais il ne joue quasiment pas. “Quand j’ai commencé à faire quelques entraînements en pro, c’est là que j’ai senti que je commençais à être présent. Physiquement, j’avais changé. J’avais une autre mentalité”. Il signe finalement son contrat pro en mars 2015. Ça y est, après toutes ces années d’effort, voici une première récompense !

Il devient rapidement le quatrième défenseur attitré, derrière Thiago Silva, David Luiz et Marquinhos. À cette époque, l’ancien défenseur des Blues échange régulièrement avec Kimpembe. “David Luiz m’a pris sous son aile. Il m’a aidé à être ce que je suis aujourd’hui. À la fin des entraînements, il me faisait bosser mon pied faible. Diagonale pied faible, il m’aidait à me positionner au moment du geste. Thiago Silva, il m’aide énormément tactiquement, à travers des vidéos. Ils sont derrières moi. Ce sont de bons mecs”.

Avec les Bleus ?

Avec un jeu basé sur une défense solide, au corps-à-corps, Kimpembe joue intelligemment. Très souvent défendant debout, il est rare de le voir pris de vitesse ou physiquement. Depuis qu’il a intégré le groupe pro parisien, son temps de jeu augmente au fil des saisons. L’année dernière, il a totalisé 19 matches de Ligue 1, alors qu’il en est déjà à 14 cette saison. Son objectif ultime étant de participer à la Coupe du Monde en Russie !

Celui qui n’avait jamais joué avec les équipes de jeunes en Bleu a d’abord disputé un match avec les U21 de la République démocratique du Congo, en octobre 2014 ! Par la suite, il est convoqué avec les U20 des Bleus pour jouer le Tournoi de Toulon en 2015. Avec les Thomas Lemar, Fares Bahlouli, Enzo Crivelli ou Yann Bodiger, la France gagnera la compétition. Kimpembe sera élu deuxième meilleur joueur du Tournoi ! Puis il participe à la campagne de qualification pour l’Euro Espoir de 2017. Appelé pour la première fois avec la bande de Deschamps en octobre 2016, en compagnie d’Aymeric Laporte, pour pallier de nombreux absents, Kimpembe a, depuis mars 2017, été convoqué à chaque rassemblements. Il semble être le quatrième défenseur des Bleus derrière Koscielny, Varane et Umtiti.

Son avenir

Après être passé à côté de Kingsley Coman en le transférant libre à la Juventus, ou de Moussa Dembélé, le PSG n’a plus l’intention de réitérer ses erreurs avec ses jeunes pousses. Ainsi, les jeunes pépites sont conservées, et évoluent dans un cadre optimal. La preuve en est avec Aréola, Rabiot, Nkunku, et donc Kimpembe. Et selon Bernard Mendy, ancien défenseur du PSG, le club de la capitale ferait bien de le garder : “Presnel Kimpembe, c’est déjà un monstre, à seulement 22 ans. Dans sa génération, il est pour moi le meilleur défenseur au monde. Il va vite, il sait relancer, il est puissant. Je n’oublierai jamais sa performance contre Barcelone et Lionel Messi la saison dernière au Parc des Princes. Il a la chance d’être entouré par des joueurs expérimentés”.

Que va décider de faire Presnel Kimpembe dans les prochains mois ? Habitué à jouer des matches moins importants, son statut n’est pour l’instant pas problématique pour être appelé en Equipe de France. Mais le joueur formé au PSG, à l’instar de Marquinhos avec David Luiz, va-t-il attendre que la place se libère ? Prendre les devants et aller chercher plus de temps de jeu, plus de responsabilités ? Mais même en cas d’une volonté du joueur de partir, pas sûr que les dirigeants parisiens soient de cet avis.

Théophile Rémon

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