Pirlo, c'est à double tranchant

Souvenez vous. Ce Samedi 14 Juin 2014, à Manaus, l’Italie et l’Angleterre se rencontraient pour leur entrée en lice à la Coupe du Monde 2014. Au delà du résultat (victoire 2 à 1 pour l’Italie) et du match passionnant qui nous avait été proposé, des questions survenaient. Notamment celle qui vise à se demander si la présence d’Andrea Pirlo au sein de l’effectif italien n’est pas risquée. 

7772652140_andrea-pirlo-a-ete-l-un-des-grands-artisans-de-la-victoire-de-l-italie-contre-l-angleterre-2-1-samedi-14-juin

Pirlo, c’est l’homme barbu nonchalant, avec qui tu pourrais faire un barbecue dans ton jardin, sandales aux pieds. Muni de son chapeau, il boit de la Pellegrino et apprécie le soleil du dimanche. Sur le terrain, on en est pas loin. Tranquille, calme, prudent, le vieux de 35 ans maîtrise le jeu et le conduit comme il le souhaite. C’est quand il veut, comme il veut, où il veut. Ses frappes et ses passes, qu’elles soient précises et en puissance ou en finesse, elles nous font jouir. Et le Robinson Crusoé l’avait encore démontré face aux Roast-beef. On joue la 35eme minute et c’est naturellement qu’Andrea laisse passer le ballon entre ses jambes, feinte de frappe mettant toute la défense anglaise dans le vent, laissant le temps à Marchisio d’ajuster son tir pour la mettre au fond des filets anglais. Le petit homme se permettra même d’user de sa patte droite en toute décontraction, pour un coup de pied arrêté qui finira sur la barre.

Pourtant, de Brescia à la Juventus, l’homme qu’on surnomme l’architecte à 20 ans de football professionnel dans les jambes, et elles se font lourdes. Irréprochable offensivement de part son déplacement et sa qualité de passeur, Andrea Pirlo peine défensivement. Quand la Squadra Azura ne touche pas le ballon, l’italien a du mal à suivre le mouvement et à se replacer, marchant comme il marcherait sur les bords de Venise. Ce soir là, positionné tranquillement au milieu de terrain, le jeune attaquant Raheem Sterling a le temps de contrôler au milieu de terrain, de se retourner, d’avancer, et d’ajuster parfaitement une passe en profondeur pour Wayne Rooney qui continuera le travail avec Daniel Sturridge à la finition. Oui, l’Italie joue à 10 contre 11 sur le plan défensif. Du laxisme et du relâchement surviennent de temps en temps au milieu de terrain, là où l’architecte se doit d’être maître. Pour lui, mais aussi pour les autres. Ces petits instants à priori anodins, deviennent de coûteuses erreurs quand elles permettent à l’adversaire de faire rapidement la différence.

Andrea-Pirlo-GQ-Italia-June-2014-3

Andrea Pirlo est irremplaçable, et c’est indiscutable. L’Italie ne peut pas s’en passer, elle le sait. Mais elle doit par conséquent conjurer expérimentation et récupération pour un joueur possédant à la fois vieillesse et sagesse. Pour autant, il faut rappeler que notre barbu préféré était bien l’un des seuls à ne pas avoir connu la joie des crampes…Mio Dio !

Andrea Pirlo irremplaçable, mais pour combien de temps encore ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut