Parce qu'il y a une équipe de football en Palestine

En Palestine, on joue aussi au football. Il existe même une fédération palestinienne, et par conséquent une équipe nationale. Vous le saviez déjà, oui. Mais pour être complet, on peut même vous affirmer qu’elle fait plutôt bien les choses. En effet, l’équipe s’est qualifiée en Mai dernier pour la coupe d’Asie qui se déroulera en Janvier 2015 en Australie. Une victoire historique contre les Philippines sur le score de 1-0 qui, après les 50 jours d’un conflit anéantissant contre Israël, n’a pas été oublié, redonnant ainsi confiance, fierté et joie à tout un peuple.

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« Une victoire historique »

En mai 2014, la Palestine participe donc à la cinquième édition de l’AFC Challenge Cup disputée aux Maldives, avec un enjeu de taille : se qualifier automatiquement pour la phase finale de la Coupe d’Asie 2015. Emmenée par Jamal Mahmoud, l’équipe palestinienne fait un excellent parcours, en terminant en tête de leur poule du premier tour, avant de s’imposer en finale contre les Philippines. Une « victoire historique » assure le sélectionneur, dans un pays où le football est le sport-roi auprès des jeunes palestiniens jouant dans la bande de Gaza et ailleurs. Un succès inimaginable qui devient par la même occasion le tout premier titre obtenu par l’équipe nationale masculine. Et la montée en puissance ne s’arrête pas là puisque l’équipe se hisse à la 94e place du classement FIFA, soit son meilleur classement à ce jour.

Ramzi Saleh, capitaine et gardien de but de cette sélection palestinienne, a même été salué comme héros suite à la qualification, mais surtout grâce à ses performances remarquables, qui lui avait permi de garder sa cage inviolée durant toute la compétition.

Une victoire euphorique qui fut malheureusement de courte durée, suite au conflit avec Israël débutant le 8 Juillet, qui allait tuer 2100 personnes à Gaza pour 73 morts côté israélien.

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« Un sport entre guerre et paix »

Malgré le conflit, le football ne sait jamais arrêté en Palestine. Comme un symbole de paix, et même avec risques, on continue à jouer, on continue à vivre. Ce fut le cas de quatre enfants palestiniens qui jouaient au ballon sur la plage. Sous les yeux des journalistes, ils furent soudainement percutés par des frappes israéliennes.

Les israéliens affirment que le football palestinien sert de propagande contre leur pays. Certains joueurs palestiniens aideraient le Hamas, tandis que les stades seraient utilisés pour des lancements de roquettes. Ainsi, Israël décida d’emprisonner deux joueurs des Lions de Canaan, comme Mahmoud Sarsak. Soutenu par la FIFA, mais également par Eric Cantona, le joueur retrouva sa liberté en 2012, échappant à trois de prison sans procès.
Amri Hannon, de la Fédération palestinienne de football, assure qu’aucune personne faisant parti de la sélection n’a été blessé, mais que des cinqs Gazaouis que compte la sélection, « tous ont eu un membre de leur famille, un proche ou un ami qui a été tué »

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« Ces obstacles nous rendent juste plus forts »

Peut-on dire que l’adversité motive ? Est-elle source de détermination, de rage de vaincre, de courage ? Pour les palestiniens, oui. Ramzi Saleh, gardien de but du club égyptien de Smouha FC qui n’a pu se rendre à sa maison de Gaza depuis six mois, jure que ce sont « ces obstacles qui nous rendent juste plus forts ». Des obstacles, comme les cinq membres de la sélection originaires de Gaza qui n’ont pas pu rejoindre le reste de l’équipe afin de s’envoler pour participer fin Août à la Coupe de la Paix aux Philippines. Avec un effectif amoindri, 13 joueurs seulement, le résultat ne peut-être que décevant, avec une défaite 4-1 dès le premier match face à la Birmanie. Une équipe palestinienne perturbé par le conflit, la tête ailleurs. On comprend.

La guerre que nous venons d’avoir à Gaza a été accablante. J’ai cinq joueurs originaires de Gaza. Ils ont tous un membre de leur famille, un proche ou un ami qui a été tué», a témoigné l’entraineur de l’équipe, Jamal Mahmoud.

 

« Nous voulons envoyer un message au monde »

L’équipe palestinienne est plus soudée que jamais. A présent, il n’est simplement plus question d’un sport dans lequel nous devons courir après un ballon. C’est bien plus que cela. Le but est clair: pour nous, pour notre monde, pour notre paix, « Nous voulons envoyer un message au monde pour dire que le peuple palestinien existe malgré les obstacles israéliens, la destruction et les martyrs » raconte Ramzi Saleh.

C’est donc entendu, la Palestine existe et existera « footballistiquement » parlant, en Janvier prochain.

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