Le Napoli, nouveau roi d'Italie ?

Avec sa nouvelle victoire en terre romaine, le Napoli conforte sa place de leader incontesté du championnat. Porté par 8 victoires en autant de rencontres depuis le début de la saison, l’effectif de Maurizio Sarri brille sur toute la péninsule. Longtemps dans l’ombre de la vieille dame, les Azzurri ont plus que jamais la hargne pour dompter l’Italie.

“La patience et la volonté font des miracles”  précisait Laure Conan. En ce qui concerne le Napoli, nul ne sait si les miracles finiront par éclore, mais la patience et la volonté animent l’âme d’un club légendaire. Depuis son retour en Seria A en 2008, la capitale de Campanie est rapidement devenue un acteur majeur du football italien. Discrets sur la scène européenne malgré plusieurs rencontres en phases d’éliminations directes, c’est en territoire national que les napolitains excellent. Depuis 2010, l’équipe bleu ciel n’a jamais terminé au-delà de la cinquième place, butant même sur la seconde marche en 2013 et 2016. Désormais, Naples pointe en tête de la Serie A avec la manière et pourrait bien définitivement bazarder son étiquette d’outsider.

Leader du championnat, les Napolitains font plus que jamais de l'ombre à la Juventus.
Leader du championnat, les Napolitains font plus que jamais de l’ombre à la Juventus.

Les cycles napolitains

Écurie historique, le SSC Naples a mis en lumière de nombreux talents éblouissants. Le plus bel exemple restera à jamais Diego Maradona, incontournable icône du légendaire San Paolo, temple du football italien. Relayé au second rang en 1998, le club touche même la troisième division au milieu des années 2000. Après une formidable épopée, il retrouve le plus haut niveau en 2007, les dents longues. Dés le premier exercice, les napolitains atteignent la huitième place, puis progressent lentement au milieu d’un florilège d’équipes transalpines.

Néanmoins, l’ascension du club azzurro se découpe en plusieurs cycles, ponctués par de très grands noms du ballon rond. Tout d’abord, estropié par la construction du projet parisien, Naples perd coup sur coup deux de ses meilleurs joueurs. En 2012, Ezequiel Lavezzi, arme fatale de l’aile gauche transalpine rejoint la capitale française. Un an plus tard, il est suivi par l’uruguayen Edinson Cavani qui cumule près de 105 réalisations en 138 matchs. En contre-partie, le club italien reçoit la coquette somme de 64 millions d’euros. De quoi rebâtir sérieusement un effectif.

Lors du mercato 2013/2014, les napolitains tournent une nouvelle page. Ainsi, exit Cavani, et place à une colonie espagnole qui prend racine aux bords du Vésuve. Parmi eux, le portier expérimenté Pepe Reina, le défenseur remplaçant des merengues Raul Albiol et le plus jeune José Callejon. La nouvelle partition est orchestrée par Rafael Benitez, chargé d’impulser la transition. Autre pari, celui de Gonzalo Huguain, poussé vers la sortie par Karim Benzema, toujours à la maison blanche. Un pari qui s’envolera néanmoins trois ans plus tard au prix de 90 millions d’euros et qui permettra à l’effectif napolitain de ré-enclencher une nouvelle vitesse.

Idolâtré par le San Paolo, le buteur argentin a rejoint l'ennemi blanc et noir après une saison époustouflante (38 buts en 42 rencontres).
Idolâtré par le San Paolo, le buteur argentin a rejoint l’ennemi blanc et noir après une saison époustouflante (38 buts en 42 rencontres).

Le Vésuve bouillonne

Après une année à chercher une composition offensive stable, Naples semble avoir trouver un cocktail délicieux. Et ce, malgré les blessures à répétition du polonais Arkadiusz Milik, chargé de prendre la succession d’Higuain. Lorenzo Insigne, Dries Mertens et José Callejon proposent, en effet, l’un des football les plus efficaces en Europe. Lors de l’exercice 2017/2018, le Napoli tourne à une moyenne de 3,25 buts par match. Les festivals s’enchaînent, et après huit rencontres disputées, le club italien a empoché le nombre de points maximal, soit 24.

Outre ses fulgurances offensives, les Partenopei jouissent d’une défense impériale. Cinq buts encaissés seulement : un dernier rempart brillant, une charnière solide, des latéraux en constante progression et surtout, un milieu tonitruant. Emmené par l’inévitable Marek Hamsik, l’entre-jeu napolitain dompte l’Italie match après match. Épaulé par Allan et Jorginho, le slovaque caresse enfin son objectif ultime : lo Scudetto. Avec ses 115 réalisations, l’emblématique capitaine de Naples a égalé l’icône Diego Maradona, et devrait même le dépasser sous peu en devenant le meilleur buteur de l’histoire du club.

Avec ses 460 apparitions sous le maillot bleu ciel, Marek Hamsik est devenu l'emblème de la nouvelle génération napolitaine.
Avec ses 460 apparitions sous le maillot bleu ciel, Marek Hamsik est devenu l’emblème de la nouvelle génération napolitaine.

Un rayonnement international

Pillé année après année par des écuries affamées, Naples a fermé soigneusement le verrou lors de la trêve estivale. De quoi conserver son effectif grandissant tout en le corroborant de jeunes pépites à l’image d’Adam Ounas, en provenance de Bordeaux. Néanmoins, le club azzurro n’a pas manqué de prétendants en ce qui concerne ses grands noms, notamment au milieu de terrain où les potentiels de Jorginho et Allan n’ont laissé personne indifférent. Véritable sentinelle, le sénégalais Koulibaly a préféré rester en Italie que de rejoindre Chelsea, qui lui faisait les yeux doux.

Impériaux dans la péninsule, les napolitains doivent néanmoins soigner leur ambition européenne. Défaits 2 buts à 1 sur la pelouse du Chaktar Donetsk, ils ont laissé passer de précieux points pour la qualification. Remotivés à domicile contre Feyenoord (victoire 3 buts à 1), le Napoli se déplacera ce mardi à Manchester pour un choc à l’Ethiad Stadium qui s’annonce flambant. Tout deux omnipotents sur leurs nations respectives, la Ligue des Champions offrira l’une des plus belles affiches, sur le toit de l’Angleterre et de l’Italie.

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