EDF : Lettre ouverte à Anthony Martial, le phoenix tricolore

Cher Anthony,

Après ta superbe performance face à l’Allemagne, j’ai décidé de t’écrire ces quelques lignes. En 2012 et à seulement 16 ans, tu signes ton premier contrat pro avec l’Olympique Lyonnais. Preuve de ta précocité. Quelques mois plus tard, tu t’engages avec l’AS Monaco avec le statut de pépite du football français. Le club de la principauté alors en reconstruction décide d’offrir 5 millions d’euros aux Gones. Une somme affolante pour un garçon de ton âge. Mais après quelques mois, j’ai rapidement compris pourquoi les dirigeants monégasques avaient réalisé cet effort financier.

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Tes débuts prometteurs

Alors certes, Leonardo Jardim ne t’a pas offert un temps de jeu conséquent à tes débuts. Il y a également eu des discordes avec lui, à  l’image de ta sortie face à Nantes.  Mais depuis tu as grandi, muri. Tu t’es affirmé avec les qualités qui te sont chers. 3 buts en 9 matchs la première saison, 12 buts et 7 passes décisives la suivante. C’est d’ailleurs lors de l’exercice 2015-2016 et le match face à Arsenal à l’Emirates en huitième de finale de la Ligue des Champions que tu auras pris  ton envol.

Après cette rencontre, tu as inscrit 8 buts et délivré un caviar en 9 journées de championnat. Une montée en puissance qui a attiré le regard des plus grandes écuries européennes. A mon plus grand regret. Car oui, je suis un supporter Rouge et Blanc et comme chaque amoureux de son club, voir un joueur que l’on affectionne sur les tablettes d’un autre, ça nous prend aux tripes.

Mestalla s’en souvient encore

La saison 2015-2016 débute et après avoir éliminé les Young Boys de Berne au troisième tour préliminaire de la Ligue des Champions – grâce à un but et une passe d réalisés par tes soins – Monaco se retrouve confronté à Valence, quatrième de Liga lors du dernier exercice. Une rencontre au sommet entre l’une des meilleures formations d’Espagne et le quart de finaliste de la dernière coupe aux grandes oreilles. Une opposition parfaite pour montrer au monde entier ton talent. Pour ceux qui s’en souviennent, tu n’as pas laissé passer cette chance. Que ce soit à l’aller comme au retour, tu as tout simplement sublimé cette équipe monégasque. A Mestalla, tu as ridiculisé la défense adverse avec tes dribbles dévastateurs, ta vitesse et ta percussion.

Aujourd’hui, je le dis haut et fort, je regrette l’erreur d’arbitrage lors de cette double confrontation. Le cinquième arbitre de la rencontre, placé à un mètre de l’action – difficile de faire plus près –  n’a pas vu Gaya te percuter. Une décision lourde de conséquences. Avec un deuxième but inscrit à l’extérieur, le retour à Louis II aurait sans doute été différent. De plus, une qualification en Ligue des Champions aurait, je pense, changé ton avenir sur le Rocher. Quoi que… Avec les 80 millions d’euros de Manchester United sur la table, pas sûr que la direction monégasque aurait refusé cette offre. La preuve cet été avec la vente d’une grande partie des cadres malgré le titre de champion de France.

« Qui est Anthony Martial ? »

Tu n’avais même pas débarqué en Angleterre que les critiques commençaient d’ores et déjà à pleuvoir sur toi. La faute à une somme astronomique déboursée par un club sans limite.  « Joueur surcoté », « il ne vaut pas cette somme », ou encore « qui est Anthony Martial ? » dixit Wayne Rooney. Comment peut-on en vouloir à un joueur alors que les sommes mises en jeu ne sont pas de son ressort ? A l’image des récents transferts de Dembélé et Mbappé pour ne citer qu’eux, on accentue la pression sur des jeunes qui n’ont absolument rien demandé. Sauf, peut-être, de jouer au football. Quoi qu’il en soit, Anthony, toi, tu es parvenu à passer outre et à t’imposer dès ton arrivée de l’autre côté de la Manche. Un but lors de ta première apparition sous le maillot mancunien, un doublé lors de la seconde, une passe décisive lors de la troisième. Des débuts de rêves ! Tu faisais même la Une des médias britanniques.

Malheureusement la suite a été moins glorieuse et tu as du, une nouvelle fois, faire face aux critiques. Tu as pris ton mal en patience, été relégué sur le banc de touche par José Mourinho mais tel un phœnix, tu as su renaître de tes cendres. Aujourd’hui et après de nombreux efforts consentis, tu retrouves tes sensations et cela se ressent sur le terrain. On sent que tu prends du plaisir à jouer au football et ça fait du bien ! Avec Manchester, on te considère comme un supersub mais les deux titres de meilleur joueur de MU du mois en disent long sur ce que les gens pensent de toi. Ton retour sous le maillot tricolore fait chaud au cœur et ta performance d’hier face à l’Allemagne me réconforte dans l’idée que tu deviendras un jour, une étoile du football français.

Thomas Pain

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