Marek Hamsik, fidèle parmi les fidèles

Arrivé très jeune en Italie, Marek Hamsik est devenue une véritable légende du coté de Naples. Après 3 saisons du coté de Brescia, le Slovaque atterrit au Napoli tout juste promu en Serie A. Si l’alchimie s’est rapidement produite, la flamme n’a jamais cessé de s’allumer pour le natif de Banska Bystrica. Retour sur un garçon pas comme les autres dans un club pas comme les autres.

En 473 matchs avec le Napoli, Hamsik a presque fait autant de passes décisives (110) qu'inscrit de buts (114). AFP PHOTO / MARCO BERTORELLO
En 473 matchs avec le Napoli, Hamsik a presque fait autant de passes décisives (110) qu’inscrit de buts (114). AFP PHOTO / MARCO BERTORELLO

Une première saison étincelante

Dans un effectif composé de revanchards comme Cannavaro, Blasi, Grava ou Aronica mais également de jeunes joueurs talentueux Gargano, Lavezzi, Marek Hamsik va vite trouver sa place dans le onze titulaire d’Edoardo Reja. Plus offensif que défensif, le Slovaque va impressionner les observateurs par sa qualité technique et sa frappe de balle surpuissante. Altruiste et collectif, il affiche un beau ratio en terme de passes puisqu’il cumule 4 passes décisives et 9 buts pour sa première saison de Serie A. Buteur face au grand Milan en fin de saison à domicile, Hamsik commence à attirer les regards sur son profil…

Une seconde saison plus délicate

En dépit d’un maintien paisible, l’intersaison du Napoli a laissé des traces. Sollicité de toutes parts, Hamsik, Lavezzi maintiennent les napolitains à flot mais la saison 2008-2009 est décevante. Preuve en est avec la 12ème place finale en Serie A. Qualifiés pour l’Europa League, Naples hérite de Benfica pour son retour en Coupe d’Europe. Malgré une victoire 3-2 au San Paolo du Napoli, les portugais se qualifient au retour sans trembler (2-0) . Frustrante, cette saison appelle surtout les napolitains à plus de continuité. Sans cette vertu, le talent se gâche. Et Hamsik l’a bien compris au moment d’entamer la saison 2009-2010

Mazzarri, le vrai coup de coeur

Lorsqu’il débarque en cours de saison à la place de Roberto Donadoni, Walter Mazzarri sait qu’il hérite d’un effectif talentueux mais inégal. Adepte du 3-5-2 voire du 3-4-3, le nouveau coach va chercher principalement à mettre Hamsik dans les meilleures conditions. Si Donadoni voyait dans le Slovaque, un milieu de terrain polyvalent et moderne, à l’inverse Mazzarri voit Hamsik comme un milieu offensif et seulement offensif. Positionné très haut devant deux récupérateurs, il est sensé animer le coté droit pendant que Lavezzi occupe le flanc opposé. Séduisant, Naples enchaîne les bons résultats et terminent la saison à une encourageante 6ème place avec notamment une belle victoire 3-1 face à la Juventus. Auteur de 12 buts, Hamsik part au Mondial en Afrique du Sud le moral gonflé à bloc. Éliminant l’Italie au premier tour, la Slovaquie s’inclinera en 8èmes de finale face aux Pays-Bas. Perçu comme la vraie valeur montante du football mondial, tous les plus grands clubs vont tenter de séduire le numéro 17 napolitain. Sans succès.

Benitez, l’heure du changement

Durant plus de 3 ans sous les ordres de Mazzarri, Hamsik s’est révélé comme le meilleur joueur de son équipe. Le “Facteur X” comme l’avait appelé Adriano Galliani durant l’été 2011. Pendant cette période, l’ex de Brescia va inscrire 30 buts en 3 saisons, livré des matchs dantesques comme le 8ème de finale de Champions League face à Chelsea ou bien la finale de la Coppa Italia en 2012. Toujours aligné il ne manque durant ce laps de temps que deux matchs de Serie A sur 114 disputés. De nouveau, les top clubs européens cherchent à le faire signer mais Hamsik tient bon. Heureux dans la capitale du Sud, il ne veut pas changer de couleurs et réitère à longueur de temps son amour pour le maillot du Napoli. Vivant un véritable rêve ponctué par le gain d’une Coupe d’Italie en mai 2012, Hamsik va devoir un peu déchanter après le départ de son mentor, Walter Mazzarri.

Benitez, le changement

Dans l’esprit de l’Espagnol Rafa Benitez, Hamsik n’est pas un joueur qui doit jouer aussi haut sur le terrain. Toutefois, l’ex entraîneur de Valence et Liverpool notamment apprécie le profil de joueur. Seulement, il souhaite le faire changer progressivement de poste. Avec Benitez, fini le 3-4-3 ultra offensif et place au 4-2-3-1 plus rigoriste. Sans renier le tempérament bouillant de ce club, le nouveau coach a d’abord cherché à apporter de la discipline à cette formation Initialement, Hamsik va donc avoir une place d’organisateur de jeu derrière Higuain. Si les arrivées de Callejon et d’Higuain vont dynamiser le jeu du Napoli, Hamsik va progressivement perdre son influence sur le jeu de son équipe. Moins décisif, il signe sa première saison avec un total de buts aussi faible (7) que sa pire saison statistique.

Sarri à la relance

Devenu coach sur le tard, Maurizio Sarri est un véritable ovni dans le petit monde de la Serie A car il n’a pas reçu la formation classique de coach. Banquier de profession, il se lance en 2002 dans l’aventure. Atypique, il parvient à se faire un nom en faisant monter Empoli en Serie A. Le maintien la saison suivante séduit Napoli qui cherche à tourner la page Benitez. Malgré un CV vierge de titres, sa vision du jeu particulière et son approche du football de haut niveau donnent envie à Aurelio De Laurentiis de tenter le pari Sarri.

Un positionnement plus décisif

Repositionné au milieu du terrain comme la pointe du triangle de l’entre-jeu, Hamsik va perdre en efficacité devant le but mais ce manque sera compensé par un nombre de passes décisives record chez le Slovaque (22 en deux saisons). Progressivement, Allan et Jorginho vont venir se greffer à ce milieu de terrain et former le vrai centre des machines napolitaines. Actuellement cité en référence par bon nombre d’experts du ballon rond comme Pep Guardiola notamment, le Napoli de Sarri fonctionne grâce à ses individualités mais surtout à son sens du collectif. Capitaine de cette équipe spectaculaire, Marek Hamsik a tout pour enfin remporter le titre majeur que toute une ville attend depuis plus de 27 ans…

Ce soir, c’est la Juventus qui se déplace au Stadio San Paolo pour l’affiche de ce début de saison. Outre les trois points en jeu, Hamsik est toujours à un but du record de buts de Maradona sous le maillot du Napoli. Plus qu’un symbole, ce but pourrait signifier que désormais Hamsik est plus qu’un fidèle du club, mais bien son plus beau porte-drapeau…

Jajaye Panizzoli

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