Luis Suarez : un attaquant avec du mordant

À l’occasion des seizièmes de finale de la Copa del Rey, le Barça accueille mercredi le Real Murcie, équipe de Segunda division. Vainqueurs 3-0 à l’aller, les Blaugranas afficheront très certainement une équipe rajeunie, afin de laisser souffler les cadres, au vu des prochaines échéances. Sur le front de l’attaque Catalane, Luis Suarez est un buteur qui sait tout faire. Vitesse, technique, bonne frappe, passes décisives. Formant ces dernières années le meilleur trio d’attaque au monde, l’Uruguayen est désormais orphelin de Neymar. Et en sélection, Cavani, avec sa forme éblouissante, lui ferait presque de l’ombre. Cette saison, il ne totalise que sept buts (dont deux avec La Céleste) et quatre passes décisives toutes compétitions confondues (21 matches). Buteur un match sur trois, simple passage à vide ou déjà une forme de déclin pour El Pistolero ?

Luis Suarez of FC Barcelona during the Spanish championship Liga football match between Valencia CF and FC Barcelona on November 26, 2017 at Mestalla Stadium in Valencia, Spain - Photo Oscar J Barroso / Spain DPPI / DPPI
Luis Suarez et son petit bidou / Photo Oscar J Barroso / Spain DPPI /

Un joueur qui s’essouffle ? Alors que le Barça ne semble pas être traumatisé du départ de sa star Brésilienne au vu du bon début de saison du club, Luis Suarez a l’air de le vivre un peu plus mal. Lui qui a tout fait pour retenir son ami à Barcelone, ne semble plus être autant à son aise en ce début de saison pour faire trembler les filets. Ajouté à ça des problèmes de genoux, attention à ce que le doute ne s’installe pas. Tellement attiré par le but, il est le joueur des cinq grands championnats qui totalise le plus de hors-jeu cette saison (23 fois). L’envie de marquer pour se rassurer ? Ses erreurs d’inattention signifient-elles davantage ? Luis Suarez n’est pas du genre à se poser des questions. Resté muet face à Valence mais auteur d’un doublé la journée précédente, El Pistolero a encore des cartouches à tirer !

Un très grand buteur

Suarez a laissé son empreinte partout où il est passé. Depuis ses débuts avec le Nacional, club de Montevideo, jusqu’à aujourd’hui au Barça, il fait l’unanimité. Vainqueur à seulement 18 ans du championnat d’Uruguay, il rejoint l’année suivante le FC Groningue aux Pays-Bas, où il inscrit quinze buts en 37 matches ! L’Ajax sent le bon coup venir, et le recrute un an après son arrivée. Quelle évolution, en deux ans, l’Uruguayen passe du Nacional à l’Ajax ! Là encore, véritable machine à buts, il totalisera 111 buts en 159 matches ! Il remportera notamment le titre de meilleur buteur d’Eredivisie en 2010. Forcément convoité, El Pistolero signe à Liverpool en janvier 2011. Le nouveau joueur des Reds, ayant débuté la saison avec l’Ajax, sera sacré Champion des Pays-Bas cette même année.

Comme à son habitude, il gagne partout où il joue : vainqueur de la Coupe de la Ligue en 2012, et meilleur buteur de Premier League et Européen en 2014 ! À Liverpool, Suarez aura planté 82 buts en trois saisons ! Il est transféré à Barcelone à l’été 2014, soit un an après Neymar ! La suite on la connaît : le Barça est sur le toit du Monde en 2015 avec son fameux quintuplé. Dans le même championnat que Messi et Cristiano Ronaldo, cela n’empêche pas l’Uruguayen de finir meilleur buteur de la Liga en 2016, avec 40 réalisations (il est également pour la deuxième fois le meilleur buteur européen). Enfin, cerise sur le gâteau, l’attaquant Catalan est le meilleur buteur de l’Histoire de l’Uruguay, avec laquelle il remporte la Copa America en 2011 !

Un joueur atypique

Sur un terrain, Luis Suarez est capable du meilleur comme du pire. Il reste un attaquant à part. Un joueur d’une grande classe balle au pied, qui peut faire basculer une rencontre à tout moment. Joueur sanguin, qui aime aller au combat, il a tendance à beaucoup parler sur un terrain, à ses coéquipiers, adversaires et à l’arbitre. Mais nous aimons tellement ce type de joueur. Affectif et capable de réellement tout donner pour le maillot qu’il porte. Suarez est un joueur excessif, dans le bon et le moins bon.

Difficile adolescent, il était plus habitué à faire la fête et à boire plutôt qu’à s’entraîner. Entre cartons jaunes à répétition, bagarre avec des coéquipiers, ou insulte de l’adversaire, Suarez a du mal à canaliser ses pulsions (lorsqu’il jouait à Liverpool, il y avait eu une polémique sur fond de racisme avec Patrice Evra). Supporters adverses ? Pas un problème : il avait fait un doigt d’honneur aux spectateurs de Fulham après avoir subi des chants à son encontre. Joueur sanguin on vous a dit. Ces frasques les plus connues restent ses morsures !

Un mort de faim, pas qu’avec le ballon

Première en date : lorsqu’il évoluait à l’Ajax. Dans le choc face au PSV, Luis Suarez avait mordu au cou le Marocain Bakkai. On se souvient aussi de celles sur Ivanovic à Chelsea ou Chiellini à la Coupe du Monde 2014. L’Uruguayen aurait même une clauses “anti-morsure” dans son contrat avec le Barça ! Dernier exemple en date, pas plus tard que ce week-end, lors du match entre Valence et Barcelone. Alors que Messi a inscrit un but injustement refusé par l’arbitre (le ballon avait franchi la ligne mais la Goal Line Technologie n’est pas utilisée en Liga), l’Uruguayen n’a pas réussi à garder son calme, criant à l’injustice, et insultant l’arbitre.

Des sanctions sont malheureusement à prévoir pour le numéro 9. Suarez un bad boy ? Je ne crois pas. À l’image de sa main en quart de finale du Mondial 2010 pour arrêter le but sur sa ligne face au Ghana, Suarez agit comme un enfant. Qui est prêt à tout pour ne pas perdre ! Son entraîneur à l’Ajax Marco Van Basten disait sur lui : “Luis est imprévisible, il se laisse difficilement influencer mais c’est aussi ce qui le rend attachant, voire spécial“. Alors peut-on lui pardonner ses excès ? Au fond il est juste un terrible gagneur.

Certains l’adorent, d’autres ne lui pardonnent pas ces frasques à répétition. Luis Suarez reste un véritable sud-américain. On ne peut lui enlever son talent. Doté d’une forte personnalité sur et en-dehors du terrain, il a gardé sa mentalité d’adolescent. Il ne lâche rien et est prêt à tout pour gagner, pour le meilleur comme pour le pire.

Théophile Rémon

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