Liverpool: Benitez et le discours d'une vie !

Tout le monde connait le come-back exceptionnel de Liverpool, le 25 mai 2005 face au Milan AC, en finale de la Champions League. Menés 3-0 à la pause, les hommes de Benitez sont allés au bout d’eux même afin de revenir à trois partout, avant de l’emporter aux tirs au but.

 Soccer 2005 - UEFA Champions League Final - AC Milan vs FC Liverpool

Qu’est-ce qui a bien pu se passer lors des quinze minutes de repos ?

Héros des Reds, héros de toute une ville et de tout un peuple, Rafa Benitez revient sur cette mi-temps qui aura changée l’histoire du football.

«Nous étions menés 0-2 et j’étais en train de prendre mes notes en anglais. Il fallait que ce soit écrit car je devais être précis dans une langue que je ne maîtrisais pas parfaitement. Je suis là, penché sur mon carnet à chercher mes mots quand je lève la tête : là, je vois Crespo lancé par Kaka qui file marquer le troisième but. Je n’avais plus qu’à jeter mon message car 0-3 ça change tout ! On passe d’un score où avec simplement un but on se relance totalement, à une situation où je dois convaincre mon équipe de réussir l’impossible : remonter trois buts en quarante-cinq minutes contre Milan. Je commence donc par leur dire : «Les gars, on n’a plus rien à perdre. Rien! On n’a pas fait tout ce chemin pour rien. Il faut juste penser à marquer un but, un seul et vous verrez, on sera de retour dans cette finale. Restez soudés, ne lâchez rien, rien, rien. Si vous pensez avoir tout donné, faites-en encore un peu plus, votre corps suivra. On a des milliers de fans avec nous, vous les avez vus, même à 0-3, ils continuent à nous pousser. Allez chercher ce petit supplément avec eux.»

L’entraîneur adoré sur les bords de la Mersey est également revenu sur les choix qu’il a du faire. En tant que coach, il faut gérer les changements, la tactique, mais aussi et surtout sa propre attitude. Si les joueurs voient que leur manager n’y croit pas, alors c’est terminé. Benitez lui, y croyait. Et les joueurs l’ont fait !

«Après, il a fallu changer de tactique. Le plan de départ était de jouer en 4-2-3-1 avec Gerrard assez bas aux côtés de Xabi Alonso, Kewell en animateur libre plus haut et Baros en pointe. Le souci, c’est que ça laissait des espaces entre les lignes, pour Kaka notamment. L’idée était donc de faire entrer Dietmar Hamann au milieu pour verrouiller les lignes. Pour avoir ce milieu supplémentaire, il fallait donc passer à trois derrière. Mon idée était de repartir avec Carragher, Hyypiä et Finnan et de sortir mon latéral gauche Djimi Traoré. Et puis je vois le kiné qui s’attarde sur Finnan. «Que se passe-t-il?» Mon kiné me répond : «Problème musculaire. Je ne crois pas que Steve pourra jouer la seconde période.» La vraie tuile, d’autant qu’on avait déjà perdu Kewell en première période. Il ne fallait donc pas se tromper. Je demande donc à ce qu’on rappelle Traoré qui était parti à la douche. Et hop, il renfile sa tenue! Tout ça en quelques secondes. Je crois que ça a participé à ce que les joueurs reviennent sur le terrain avec la foi. Parce qu’ils ont vu que je ne tergiversais pas, que j’étais décidé. S’ils m’avaient vu désemparé devant tout ça, sans réponse par rapport aux différents problèmes posés, ça aurait sans doute été compliqué pour eux de repartir au combat avec toute la confiance nécessaire. Bien entendu, il était impossible de planifier un tel renversement de situation et je ne vais pas faire le malin en vous expliquant qu’avec mes changements et mon discours, j’étais persuadé qu’on allait l’emporter. Mais moi, mon job c’était de les convaincre que c’était possible. En ayant un discours clair. En faisant le coaching approprié. En me montrant serein. Mes derniers mots avant qu’ils ne retournent sur le terrain? Très simple : «Marquez un but. Un seul. Et on sera de retour dans cette finale». Après, comme on dit en Angleterre, «the rest is history»».

Joie Reds finale LDC Milan AC

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