Ligue des Champions : Manchester City – Monaco, c'est avant tout le duel des "Silva".

Au match aller, nous avons assisté à l’une des rencontres les plus incroyables de cette saison. Une victoire finale 5-3 des Citizens après un scénario invraisemblable qui a vu les Monégasques mener 2 fois au score, rater un penalty et finalement sombrer dans les 20 dernières minutes. Mais comment bouder notre plaisir tant le spectacle fut de grande qualité, en occultant les lacunes défensives des deux équipes. Si le match a été aussi intense, c’est surtout grâce à deux magiciens, un dans chaque camp, mais répondant au même nom : Silva

Silva, nom destiné à briller

Le football est un art à part entière. Un art magnifique qui prend tout son sens quand il est récité à la perfection. Il ne faut pas se tromper, on vient au stade pour vivre des instants forts en émotion. Certains joueurs ont la science du geste juste, qui va régaler un public et tirer son équipe vers le haut. A l’Etihad Stadium, il y avait deux hommes au dessus du lot. Ce genre d’artistes de l’ombre, presque trop sages voire parfois trop oubliés lorsqu’il faut évoquer le 11 type de l’année. L’un s’appelle Bernardo, l’autre David. Leur particularité ? Aimer le football comme lorsqu’ils étaient gamins. Le jouer comme si c’était un plaisir. Un récital à chaque touché de balle. Mais surtout, une intelligence de jeu qui permet à leurs coéquipiers de se mettre en bonne position. Jamais de fioritures, toujours sensé.

Bernaro Silva mesure l'enjeu de ce match (©AFP VALERY HACHE)
Bernaro Silva mesure l’enjeu de ce match (©AFP VALERY HACHE)

Une influence majeure sur le jeu

Dans cette orgie de buts, on a surtout vu les attaquants à l’oeuvre comme les Falcao, Agüero, Mbappé ou encore Sterling. Mais ne vous y trompez pas. Leur partition a été rythmé par les deux travailleurs. A commencer par l’espagnol, à l’origine du 1er et du 5ème but de son équipe et passeur sur le 3ème. Sans oublier ses passes toujours vers l’avant qui ont déstabilisé plus d’une fois l’arrière garde monégasque et son pressing constant notamment sur Fabinho pour empêcher les transmissions. City a eu 65% de possession de balle. Ne vous demandez plus comment. Quant au portugais, il a réussi 97% de passes, a mystifié à lui seul 3 joueurs de City en 5 secondes dont le pauvre Yaya Touré qui n’a toujours pas refermé les jambes. Des courses, des remises en une touche de balle, des offrandes pour ses attaquants et même des replis défensifs. Bref du grand art.

David Silva sur sa lancée du match aller? (©AFP -Paul ELLIS )
David Silva sur sa lancée du match aller? (©AFP -Paul ELLIS )

Et depuis alors?

Concernant le Monégasque, il n’a pas baissé le pied. Toujours dépositaire du jeu des Rouge et Blanc, il continue de survoler les matchs comme s’il avait une expérience de 20 ans au plus haut niveau. Ses prises de balle font toujours mal et il est rarement inactif dans le jeu, en atteste sa passe décisive samedi dernier pour le petit bijou de Joao Moutino contre Bordeaux. Le portugais volant s’est même préservé en vue du gros rendez-vous de ce soir. La marque des grands.

Son homonyme lui n’est pas en reste. Toujours impeccable balle au pied, il a cette vision du jeu qui ne faiblit pas malgré les années qui passent. C’est lui qui offre le deuxième but des Citizens à Leroy Sané contre Sunderland lors de la la 27ème journée.  Un exemple parmi tant d’autres.

Ce deuxième acte promet d’être savoureux, avec deux génies de part et d’autre. Pour rappel, la rencontre aller a été la plus prolifique (8 buts) pour un match aller de phase finale à élimination direct en Ligue des champions. Un superbe cadeau offert à tous. Ces deux hommes n’y sont pas étrangers. Qu’il est bon de s’appeler Silva lorsqu’on aime le football.

Jonathan Morin

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