Les 5 dates du barrage pour le Mondial

Instauré depuis la Coupe du Monde 1990, le barrage pour le Mondial a pris une place significative ces dernières années. Ultime séance de rattrapage pour certains pays en doute ou tout simplement malchanceux, ces matchs ont une saveur particulière. Mélangeant adrénaline et pression, ces rencontres accouchent très souvent de résultats attendus. Toutefois, certains restent encore dans les mémoires pour les émotions provoquées et la tension maximale ressentie. Retour sur les 5 barrages qui ont marqué l’histoire du Mondial.

Irlande-France 2009, le plus polémique

Crédit photo: AFP PHOTO / FRANCK FIFE
Crédit photo: AFP PHOTO / FRANCK FIFE

Comment oublier ce barrage ? Si le match aller ressemble à un match classique sous haute tension. Alignés en 4-2-3-1 les Bleus de Domenech l’emportent 1-0 à Croke Park. Avec Gignac en pointe soutenu par une ligne de 3 Henry, Gourcuff et Anelka, la France fait le boulot grâce à un but d’Anelka avant le dernier quart d’heure. Grace à un match énorme d’Hugo Lloris, l’équipe de France peut aborder le match retour sereinement. Oui mais, les Irlandais ne s’avouent jamais vaincus. En reconduisant le même onze qu’à Dublin , à l’exception d’Abidal par Escudé, Domenech entend gérer le match. Seulement, le centre en retrait parfait de Duff pour Robbie Keane à la 33ème minute change radicalement la donne. Plus engagé et plus physique que jamais ce barrage va jusqu’en prolongation. On arrive presque à la mi-temps de cette prolongation quand le coup de théâtre ultime va retentir. Coup franc de Malouda à 40 mètres, le ballon navigue dans la surface jusqu’à Thierry Henry. Ne pouvant contrôler le ballon, Henry ne voit pas d’autre moyen que de stopper la course du ballon avec sa … main. Une passe en retrait parfaite pour Gallas plus tard, la France inscrivait le polémique but du 2-1. Protestant durant de longues minutes, les Irlandais accusaient le coup. Les dernières minutes ne changeaient rien à l’affaire, les Bleus s’imposaient 2-1 et pouvaient participer au Mondial sud-africain. Avec la suite qu’on connaît…

Uruguay-Australie 2005, le classique

Avant ce barrage, l'Uruguay n'avait manqué que 2 Coupes du Monde depuis 1930. Credit photo : AFP PHOTO / DANIEL GARCIA
Avant ce barrage, l’Uruguay n’avait manqué que 2 Coupes du Monde depuis 1930. Credit photo : AFP PHOTO / DANIEL GARCIA

L’histoire footballistique entre ces deux pays diamétralement opposés est particulière. Opposés quatre ans auparavant lors du barrage final pour le Mondial 2002 avec comme résultat une qualification uruguayenne, les deux selections se retrouvent en 2005. Si le match aller en Uruguay est remporté par la Celeste, le score minimal de 1-0 n’incite pas à l’euphorie dans le pays de Diego Forlan. Grace à un but de Rodriguez sur une offrande d’Alvaro Recoba, l’Uruguay l’emporte 1-0 en gachant plusieurs opportunités en seconde période. On pense notamment au face à face entre Recoba et Schwarzer qui se concluait par un coup de genou du portier sans coup de sifflet de l’arbitre… Le retour à Sidney quelques jours plus tard allait donner un tout autre scénario. En ouvrant le score à la 35ème minute, Mark Bresciano remet les deux équipes à égalité. Avec Guus Hiddink sur le banc, les Socceroos tentent d’emballer le barrage. Si les deux équipes auront la possibilité de l’emporter durant 90 minutes puis 120 minutes, le score ne bouge pas. Il faut donc aller à la séance de tirs au but pour donner le dernier ticket pour le Mondial. En stoppant les tentatives de Rodriguez et Zalayeta, le gardien Mark Schwarzer offre la qualification à son pays qui n’avait plus participer à une Coupe du Monde depuis 1974.

Italie-Russie 1997, le plus injouable

Outre le fait de retrouver l’Italie en barrage face à une rugueuse sélection russe, ce match restera gravé à jamais car il restera le premier de Gigi Buffon avec la Nazionale. Sur un terrain enneigé impossible à pratiquer, les deux pays se livrent un match haché et âpre. Alors que le score est encore de 0-0, le titulaire de l’époque dans les buts, Gianluca Pagliuca, se blesse. Le jeune gardien titulaire de Parme Gialnuigi Buffon est lancé dans le grand bain pour sa première sélection à tout juste 19 ans. Auteur de plusieurs parades décisives, le gamin étonne déjà par son niveau et sa maturité dans les cages. Si Vieri ouvre le score au retour des vestiaires, le match est une vraie torture visuelle et mentale. Deux minutes plus tard, un centre de Yuran est dévié dans ses buts par…Cannavaro dans ses propres filets. 1-1 score final. Malgré l’avantage du but inscrit à l’extérieur, le match retour est tout aussi tendu que l’aller. Sans Buffon de nouveau sur le banc, Peruzzi est aligné. Après une première mi-temps disputée où Maldini frôle l’ouverture du score sur une superbe frappe qui rase la lucarne du but russe, Pierluigi Casiraghi profite d’une belle balle en profondeur d’Albertini pour aller tromper Ovchinnikov. Dans un stade San Paolo bouillant, le public explose et porte sa sélection jusqu’au succès final. Dans la douleur, l’Italie valide définitivement son billet pour France 98.

Australie-Argentine 1993, le plus indécis

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Finaliste du Mondial 90 en Italie face à l’Allemagne, l’Argentine de Diego Armando Maradona patine dans les éliminatoires pour la Coupe du Monde aux USA de 1994 aux USA. En encaissant notamment un humiliant 0-5 de la part de la Colombie à domicile, les argentins sont obligés de passer par la case barrage. Opposés à l’Australie (tiens, tiens encore eux), les hommes d’Alfio Coco Basile se retrouvent face à une équipe délicate à manœuvrer et composée de joueurs plus que rugueux. Si le match aller disputé à Sidney se termine par un match nul 1-1 avec deux buts inscrits en 6 minutes par l’intermédiaire de Balbo sur un centre de Maradona et de Vidmar pour les Socceroos, le retour est particulièrement stressant. Dans une Bombonera bourrée à craquer, Simeone, Redondo, Batistuta & Co buttent sur la défense australienne pendant les 45 premières minutes. Malgré l’avantage du but inscrit à l’extérieur, l’Argentine n’est pas sereine car un but des australiens les élimineraient. Peu avant l’heure de jeu, un improbable centre venu de la gauche de Batistuta était contré par le défenseur Alex Tobin. Le gardien Zabica était lobé par ce ballon flottant et le ballon retombait juste derrière la ligne de but. 1-0 et une immense explosion de joie plus tard, l’Argentine poussait pour inscrire un second but. Sans succès. Qu’importe, l’essentiel était ailleurs. Le finaliste malheureux de la Coupe du Monde 90 se qualifiait pour son 11ème Mondial.

France-Ukraine 2013, le plus renversant

Lors du France-Ukraine de 20&3, Mamadou Sakho a inscrit ses deux seuls buts en Equipe de France.
Lors du France-Ukraine de 20&3, Mamadou Sakho a inscrit ses deux seuls buts en Equipe de France.

 

Tout le monde en France se souvient de cette double confrontation au cours de laquelle Didier Deschamps a fondé le noyau dur des Bleus post 2012. Face à un adversaire souvent présent en barrages, la France passe complètement à coté de son match. Avec Nasri, Giroud, Ribéry et Rémy titulaires, les Bleus bafouillent leur football et perdent le contrôle de la rencontre. Grace à deux buts de Zozulyia et Yarmolenko sur penalty, les hommes de Deschamps s’inclinent sèchement 0-2 avec cerise sur le gâteau l’expulsion dans les arrets de jeu de Laurent Koscielny. Si la presse se déchaîne après la rencontre, il y a de quoi être inquiet pour l’Equipe de France. En effet, depuis que les barrages ont fait leur apparition il y a une vingtaine d’années, aucune sélection n’a réussi à surmonter un handicap de deux buts lors d’un match retour. Outre cette statistique, le niveau de jeu des Bleus fait peur et on voit mal comment quatre jours après cette défaite la tendance Ukraine pourrait s’inverser. Et pourtant, deux buts de Sakho et Benzema en 33 minutes remettaient les compteurs à zéro avant le repos. Apathiques, les ukrainiens ne parvenaient pas à se montrer véritablement dangereux. En seconde période, les Bleus continuaient d’attaquer dans un Stade de France en fusion. Quand Sakho inscrivait le but du 3-0 les Bleus semblaient portés par une réussite insolente. Si le dernier quart d’heure semblait durer une éternité, la qualification était bel et bien au bout de la rencontre. Après la polémique de 2009, la remontada de 2013 clôt l’histoire des Bleus avec le barrage pour le Mondial.

Si les cinq barrages cotés auraient pu être complétés par le Ukraine-Allemagne de 2001 où Ballack renversait Shevchenko et ses coéquipiers en moins de 30 minutes (4-1) ou l’improbable barrage de 1989 entre la Colombie et Israël conclue par la qualification d’Higuita et ses potes, l’important à retenir de ces fameux barrages est simple. Aussi forts que certains matchs de Coupe du Monde, ces barrages font partie de l’histoire collective d’un pays. Durant ces deux matchs, plus rien ne compte si ce n’est l’issue de ce barrage au sein même du pays. Plus qu’une simple répétition au Mondial, le barrage symbolise la place qu’à le football dans un pays.

Jajaye Panizzoli

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