L'épopée monégasque

Saison 2003-2004. Monaco vient d’échouer à la seconde place du championnat à un petit point de l’Olympique Lyonnais et s’offre le luxe de participer à la prochaine Ligue des Champions. C’est ainsi que débute l’épopée monégasque.

Bref rappel du contexte dans lequel se trouve Monaco avant de vous conter “le périple rouge”. Un président remplacé ( Pierre Svara prend la place de Jean-Louis Campora), une situation économique difficile (menacé de relégation économique), et des départs de joueurs cadres comme Gallardo ou Rafael Marquez.

Et pourtant, Didier Deschamps, l’entraîneur d’antan, avait réussi à réunir une équipe complète, expérimentée et talentueuse. Et puis, un attaquant de classe mondiale avait atterri sur le Rocher pour le plus grand bonheur des supporters monégasques. Fernando Morientes, qui venait pallier à la blessure de Shabani Nonda, a réussi à tirer ver le haut toute cette équipe monégasque durant sa campagne européenne.

morientes deschamps
 

« Pat » Evra, encore jeune et virevoltant, Julien Rodriguez et « Toto » Squillacci formaient une défense sereine et vivace, Zikos l’aboyeur (« c’est toi le problème »), Givet sans barbe, Ibarra et ses coups du foulard, Plasil et Farnerud les deux blonds créateurs, Adebayor épervier dans la fleur de l’âge, Rothen au pied gauche millimétré, Prso joker croate, Edouard Cissé le régulateur, et le capitaine emblématique Ludovic Guily.

Début de campagne. Un groupe pas insurmontable avec des adversaires tel que l’AEK Athènes, le PSV Eindhoven, et le Deportivo La Corogne. Durant cette phase de poules, on retiendra la victoire face à l’équipe espagnol par 8 buts à 3 avec un quadruplé de Dado Prso, le jour de son anniversaire. Match historique puisqu’il devient à ce moment, le match le plus prolifique de la Ligue des Champions. L’AS Monaco finira premier de son groupe devant le Deportivo.

Ce qui leur permet d’affronter le Lokomotiv Moscou en 8ème de finale. Déplacement en Russie, synonyme de galère, c’était déjà le cas en 2003. Qualifié grâce à la règle du but à l’extérieur et une courte victoire à domicile au match retour (1-0) sur un but du surprenant Dado Prso.

Vient alors le quarts de finale puis la demi-finale. Inoubliable. Le grand Real Madrid puis Chelsea, deux prétendants aux titres, plient face à une équipe transcendée. Après le match aller à Madrid, l’ASM est mené 4 à 2. Autant dire que l’on ne donne pas cher de la peau monégasque. Encore moins, quand le Real de Zidane, se met à mener sur la pelouse de Louis II au match retour. Et pourtant… Une petite heure plus tard, Monaco était qualifié grâce à un doublé de son capitaine Ludovic Giuly et un but de Fernando Morientes, prêté par le Real.

zidane guily

Demi face à Chelsea donc. Cette fois-ci, les monégasques n’offrent presque pas de suspense. Une victoire 3 buts à 1 au match aller avec des réalisations de Nonda, Prso et Morientes au stade Louis II. Au retour, les joueurs du Rocher tiennent tête aux Blues, de Claudio Ranieri, et s’offrent même le nul(2-2). Direction la finale de la Ligue des Champions.

Malheureusement, une défaite sèche 3-0 face au Porto de José Mourinho, de Maniche, Deco et Ricardo Carvalho met un point final brutal au périple monégasque. Surclassés, les joueurs de l’ASM ne peuvent qu’accepter la défaite. Cependant, cela ne remet pas en cause leurs parcours homérique de cette saison..

Dix ans après cette douloureuse de défaite en finale, Monaco va retrouver les joies de la Ligue des Champions face au Bayer Leverkusen. Si l’on demande en aucun cas le même parcours cette année, on souhaite que Monaco n’oublie pas, qu’elle a un passé européen à défendre…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut