Le top 10 des finales de la Ligue des champions : 6ème – AC Milan/FC Barcelone (1994)

La finale de la Ligue des champions 2019 se déroulera le 1er juin à Madrid au Metropolitano. Afin de patienter la rédaction de La beauté du football vous invite à retracer l’histoire de la plus prestigieuse des compétitions européennes. Ainsi, nous vous proposons un top 10 des meilleures finales de la Ligue des champions (depuis 1993). A la 6ème place de notre classement voici la finale 1994 : AC Milan – FC Barcelone.

(MLADEN ANTONOV / AFP)

Le contexte

La finale de cette édition 93-94 de la Ligue des champions oppose l’AC Milan de Fabio Capello au FC Barcelone de Johan Cruyff.  Barcelone meilleure attaque d’Europe, face au Milan meilleure défense, voila deux équipes que tout oppose si ce n’est qu’on a affaire à deux grands d’Europe.

Comme on l’a dit Barcelone est donné gagnant pour cette finale. Les blaugranas finissent champion d’Espagne devant La Corgone, emmené par un trio Romario, Stoichkov, Koeman au sommet de son art. Le club catalan termine la saison avec 120 buts marqués, hallucinant ! L’immuable 4-3-3 de Cruyff fait des merveilles avec un Guardiola qui rayonne au milieu de terrain derrière les deux étoiles Romario et Stoichkov. Néanmoins le parcours du FC Barcelone en Ligue des champions aurait pu s’arrêter dès le premier tour face au Dynamo Kiev. En effet dans cette formule particulière de la Ligue des champions les 32 équipes qualifiées s’affrontaient lors d’une première phase à élimination directe en match aller-retour. Le FC Barcelone est confronté au Dynamo Kiev et les barcelonnais perdent 3-1 à Kiev dans un match bouillant. Les catalans se sortent du piège en gagnant 4-1 au Camp Nou.  Le reste est une formalité, Barcelone se qualifie aisément pour la phase de groupe en battant l’Austria de Vienne en match aller-retour, puis termine premier de son groupe en étant invaincu. En demi-finale le Barça bat sèchement Porto 3-0. Koeman et Stoichkov totalisent déjà 15 buts dans cette Ligue des Champions.

L’AC Milan est moins reluisant que son adversaire mais a pour lui la stabilité. Le club rouge et noir est entré dans sa période post Sacchi. Sous les ordres de l’emblématique coach italien Milan a remporté deux C1 en 1989 et 1990. C”est donc Fabio Capello qui succède à l’icone, il termine sa première saison avec un titre de champion d’Italie mais échoue en finale de Ligue des champions face à l’OM en 1993.  Pour la saison 1993-1994 les italiens reste maître de leur championnat. Un championnat italien dédié au Catenaccio dont ils possèdent la meilleure défense avec seulement 15 buts encaissés. Milan n’encaisse que 2 buts dans cette Ligue des champions, cette équipe est une machine à défendre et peut compter sur la paire Costacurta-Maldini bien aidé par un grand Marcel Dessailly et le capitaine Tassoti. Comme pour le FC Barcelone, le parcours de l’AC Milan aurait pu s’arrêter net au premier tour face à la modeste équipe suisse du Fc Aarau. Les suisses arrachent le nul 0-0 à domicile puis perdent 1-0 à San Siro avec un but marqué dans les quinze dernières minutes. Les milanais disposent ensuite du FC Copenhague et sortent premier de leur groupe devant Porto et finissent par étriller l’AS Monaco en demi-finale. Malgré un parcours maîtrisé les milanais sont presque déjà enterrés pour cette finale. Johan Cruyff pose même en photo devant la coupe aux grandes oreilles quelques jours avant le match.

Le match

Les compositions d’équipe :

AC Milan : Rossi, Panucci, Galli, Maldini, Tassotti, Dessailly, Albertini, Donadoni, Boban, Savicevic, Massaro

FC Barcelone : Zubizarreta, Barjuan, Koeman, Nadal, Ferrer, Guardiola, Amor, Bakero, Bergiristain, Romario, Stoichkov

 

Déjà considéré comme outsider l’AC Milan doit se priver pour ce match de Costacurta et aligne le jeune Panucci inconnu du grand public et qui vit sa première titularisation en C1. L’entame de match est légèrement à l’avantage du FC Barcelone mais petit à petit c’est les milanais qui se procurent les occasions les plus dangereuses et forcent Zubizarreta à se mettre en évidence. Massaro et Savicevic régalent le Barça n’y est pas et sur une erreur de relance de Nadal (père du célèbre tennisman), Savicevic récupère le ballon élimine d’un crochet subtile Nadal, puis résiste aux retour des défenseurs pour glisser un ballon à Massaro juste avant la sortie de Zubizarreta, L’attaquant italien n’a plus qu’à glisser le ballon dans le but. On est à la 22ème minute et ça fait 1-0 pour Milan, le stade est en fusion. On ne reconnait plus le grand Barça de Cruyff. La seule occasion franche de Barcelone est à mettre au crédit de Romario, qui sur un ballon donné en profondeur, déclenche une frappe déviée de justesse par Maldini et qui finit sa course au ras du poteau de Rossi. Plus rien à signaler dans cette première période, le verrou milanais étouffe la machine barcelonaise, jusqu’à ce que le Milan frappe encore. Sur bon renversement vers le côté gauche de Boban, Donadoni contrôle puis efface son défenseur d’une accélération fulgurante. Il se retrouve dans la surface et d’un magnifique extérieur du droit donne en retrait à l’entrée de la surface pour Massaro qui finit d’une frappe croisée imparable. L’AC Milan rentre au vestiaire avec deux buts d’avance, l’exploit est en marche.

La seconde mi-temps démarre sur la même tendance, les milanais font le match parfait et bouscule clairement le hommes de Cruyff.  Le match bascule pour de bon à la 47ème minute encore une fois sur un erreur de relance des défenseurs barcelonais qui profite à Savicevic.  Le joueur serbe contre la relance de Barjuan sur le côté droit, la balle s’élève et rebondit à l’angle de la surface barcelonaise, sans contrôle, le joueur milanais frappe et lobe Zubizarreta. Ce but reste encore aujourd’hui un des plus beau marqué en finale de Ligue des champions. Le Barça à un genou à terre, mené 3-0 dans une finale qu’il pensait déjà gagnée. Le match se tend et plusieurs cartons jaunes sont distribués des deux côtés. Les barcelonnais s’agacent Cruyff est sur son banc désabusé, choqué par ce scénario improbable. Le FC Barcelone doit jouer plus haut s’il veut y croire et laisse des espaces dans le dos de sa défense. A la 58ème minute Marcel Dessailly, sur un bon ballon en profondeur d’Albertini, part tout seul au but et ouvre son pied pour crucifier Barcelone. Le Barça peut poser son second genou, le reste du match n’est qu’une lente souffrance pour les barcelonais qui s’inclinent 4-0. Qui aurait misé sur tel score pour le Milan ?

Conséquences

Cette victoire permet à l’AC Milan de décrocher sa cinquième C1. Le club lombard assoit encore un peu plus son hégémonie sur la fin des années 80 jusqu’au milieu des années 90.  Pour Barcelone cette défaite est un tournant dans l’histoire du club. Le football total prôné par Cruyff laissera des traces indélébiles dans l’ADN de club, mais cette humiliation en finale entraînera la chute de Cruyff qui partira deux ans plus tard.  Le Barça reviendra à un jeu plus pragmatique et surtout devra attendre 2006 pour retrouver la finale de Ligue des champions. Cette finale reste encore aujourd’hui une des plus grosses surprises de l’histoire de cette compétition. On se souviendra encore longtemps de ce jour, où le verrou italien emmené par un Savicevic de gala, terrassa 4-0 le grand Barça de Cruyff.

Notation

Affiche/Parcours : 4,5/5

Qualité du match : 3,75/5

Scénario/Émotion : 3,75/5

Conséquences : 4/5

Note finale : 16/20

 

https://www.youtube.com/watch?v=LmJ5sOKkXh4

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