Le football français coule !

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Consécutivement a l’élimination du LOSC par le FC Porto, jetons un œil rapide aux problèmes qui gangrènent le football français. Entre manque d’ambition, gouvernance a revoir et instances opaques, voici le tableau d’un navire a la dérive.

 

Déclassés 

Hier soir, la Russie a dépassé la France au classement UEFA, lui chipant la sixième place. La qualification du Zenit Saint-Petersbourg pour la Ligue des Champions, couplée a l’élimination de Lille face au FC Porto, nous envoie a la 7e place et vient un peu plus aggraver notre chute dramatique (la Ligue 1 était encore 3e du classement UEFA il y a quelques années).

Concrètement, qu’est-ce que ça signifie ? Et bien si le PSG, Monaco et le LOSC échouent a reconquérir la 6e place cette saison, la Ligue 1 ne pourra plus placer que 2 clubs au maximum en Ligue des Champions : le champion de France, et le dauphin, qui devra passer par un tour préliminaire et des barrages. Vous commencez a voir le cercle vicieux pointer le bout de son nez, pas vrai ? Moins de clubs français en compétitions européennes équivaut a moins d’exposition et moins de moyens financiers, soit une capacité moindre a assumer un statut continental important et a attirer des joueurs de niveau européen, et une chute sans fin dans les tréfonds du classement UEFA.

L’attractivité de notre championnat est en berne. La légère augmentation des droits TV de la Ligue 1 est un trompe-l’œil : elle est causée principalement par la domination du PSG et l’émergence de Monaco qui attirent des joueurs de grande classe (Zlatan, Falcao, Cavani…) grâce a leur puissance financière, qui n’est pas du tout représentative du reste du championnat. De plus, les revenus lies aux droit TV restent loin de ceux de la Premier League : la saison precedente, le club français touchant la plus grande part de droits TV (OM) touchait moins d’argent que le club touchant la plus petite part de droits TV en Premier League (Fulham). Plus qu’une Ligue 1 montant en puissance, on assiste a un phénomène de détachement des deux nouveaux riches qatari et russe vis-a-vis des 18 autres clubs du championnat. Les des sont pipes, et les jeux déjà faits des la première journée. Le seul suspense qui demeure concerne la course aux places d’honneur et a la Ligue Europa, ainsi que la lutte contre la relégation.

Mais pourquoi un tel échec ?

On entend souvent les mots « argent » et « budget » par-ci et par-la. Certes, on a pas le même succès selon que l’on aligne Marvin Martin ou James Rodríguez en meneur de jeu. Mais l’argument financier a ses limites, et ces temps-ci, il fait un peu figure d’excuse facile et automatique pour des dirigeants de clubs hypocrites.

Ainsi, il est intéressant de noter que des clubs tels Lyon ou Marseille disposent d’un budget annuel équivalent a celui du Borussia Dortmund, du FC Porto, du Benfica Lisbonne ou encore de l’Atletico Madrid. La similitude n’est pas si évidente lorsque l’on compare la réussite sur la scène européenne, par contre… Pour abonder dans ce sens, rappelons nous qu’hier soir, le riche Napoli, détenu par des investisseurs américains actifs sur le marche des transferts, s’est fait fesser par un Athletic Bilbao disposant d’un onze quasiment exclusivement constitue de joueurs du Pays basque, formes au club. Un jeu chatoyant base sur la possession, le jeu court et les combinaisons dans les petits espaces : victoire 3 – 1 et qualification pour la Ligue des Champions. On entend bien que le budget y est pour beaucoup dans la réussite, mais quand on a pas d’argent, on a des idées. Celles du football français de club tournent en rond et sont parfois franchement moribondes. C’est la culture du 0-0, impensable en Liga ou en Premier League par exemple.

On constate d’ailleurs cela en observant la difficulté avec laquelle les équipes de la Ligue 1 s’adaptent a l’intensité des rencontres européennes. Il n’est pas rare de voir des matches de Ligue 1 stagner, offrant un spectacle de frilosité avec deux adversaires prenant peu d’initiatives offensives. C’est un problème récurrent du championnat français, que ne connaissent pas les clubs anglais ou espagnols car leurs rencontres de championnat sont caractérisées par des intentions offensives plus volontiers affichées, se traduisant par une intensité de jeu beaucoup plus marquée.  C’est ce qui explique en partie pourquoi les équipes de la Ligue 1 ont autant de mal a gérer les temps faibles de leurs adversaires européens, et surtout a encaisser les temps forts de ces derniers.

Le dernier point dérangeant (honteux ?) concerne la technique des joueurs formes en France. Un bon 6 forme en Espagne possède idéalement une bonne vision et compréhension du jeu, dispose d’une qualité de passe dans le jeu court et long avant tout. Un bon 6 forme en France est bien souvent un joueur puissant, athlétique et capable d’encaisser de nombreux kilomètres, mais pas le plus intelligent des joueurs « footballistiquement », ni franchement un génie de la passe… Peut-être faudrait-il revoir certains critères de sélection des jeunes pensionnaires de centres de formation, voire même les méthodes de formation et d’entrainement employées depuis le plus jeune age dans les académies de football ?

Bien fait pour nous ?

Le pire dans tout cela, c’est qu’on ne peut pas dire qu’on ne s’y attendait pas, ça nous pendait au nez depuis une paire d’années… les défaites a répétition contre des clubs chypriotes, danois, roumains, israéliens et qui sait ou encore (malgré tout le respect que l’on doit a ces clubs et a leurs supporters), ça fait tache. Un peu comme la technique des trois 6 lillois de Girard contre Porto et leur pourtant moyen Casemiro, ou bien a l’image du Bordeaux de Gillot qui affichait en Ligue Europa des compositions d’équipe digne d’un premier tour de Coupe de la Ligue…


Les soucis sont légions, comme vous le constatez. Gestion hésitante, coincée dans le passage du modèle « PME familiale » au véritable business, formation pas suffisamment axée sur la maîtrise technique et trop sur la puissance physique seule, (f)rigidité tactique (vous connaissez beaucoup d’entraîneurs de Liga, Premier League ou Bundesliga qui jouent le 0 – 0 ?), coaches sur la défensive (dans tous les sens du terme…), recruteurs pas toujours très inspires, mafia des instances (affaires Luzenac et Lens qui restent très louches)… et encore on ne parle pas de l’arbitrage, sinon c’est le tableau complet de notre football qui prend des allures de « fête au village » !

Pour imager le tout, le foot français, c’est un peu comme le Titanic : on coule, mais personne ne s’en inquiète outre mesure. Et tout le monde connait la fin du film. Le radeau est pris dans une tempête, remettons nous en aux capitaines : pas de changement a l’horizon mon commandant, d’après les instances (LFP, FFF), tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, et « le football français se porte bien » ! Ah, si c’est Thiriez qui le dit…

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