Le départ de Bonucci est-il une perte pour la Juventus ?

En lisant ce titre, beaucoup d’amateurs de ballon rond vont bondir. Comment peut-on se poser une telle question à propos d’un tel joueur ? Sauf que le début de saison catastrophique de l’ancien numéro 19 à l’AC Milan fait sérieusement réfléchir sur le véritable gagnant de ce transfert… Décryptage.

Depuis son arrivé à l'AC Milan, la moyenne de points pris est de 1,44 contre 1,66 l'an dernier. Crédit Photo : Omar Bai/NurPhoto)
Depuis son arrivé à l’AC Milan, la moyenne de points pris est de 1,44 contre 1,66 l’an dernier. Crédit Photo : Omar Bai/NurPhoto)

Une arrivée en grande pompe

Après une négociation express de moins de 24 heures, Leonardo Bonucci débarque à l’AC Milan en plein mois d’août. Déclenchant une vague d’optimisme sans précédent, les tifosi du club lombard pensent tenir leur revanche vis à vis de la Juventus. En effet, cette arrivée ressemble fortement au trajet inverse effectué par Andrea Pirlo aux début des années 2010. Véritable leader de l’arrière garde turinoise, Bonucci est également un symbole de la sélection italienne. Finaliste de la dernière Champions League perdue face au Real Madrid (1-4), il est à l’apogée de sa progression. Bombardé capitaine après avoir signé son contrat, Leonardo promet pour sa première interview de replacer le Milan à sa place dans le gotha européen.

Des matchs décevants voire catastrophiques

Après avoir conquis le microcosme milanais par son discours, place au terrain. Et c’est ici que débute les ennuis pour Bonucci. Initialement, l’AC Milan évolue en 4-3-3. Afin de mettre son néo capitaine dans les meilleurs conditions, Vincenzo Montella opte pour un 3-5-2. Si les premiers matchs face aux roumains de Craiova et les macédoniens de Shkendija montraient que la forme physique de l’ex turinois n’était pas optimale, l’opinion publique plaidait pour lui laisser du temps. Seulement, le fameux regain de forme se fait toujours attendre. Pire, les dernières défaites face à l’AS Roma et l’Inter ont littéralement entamé le moral du joueur. La preuve ? Dans le vestiaire milanais, Bonucci aurait remis le brassard car il estime qu’il ne le mérite pas. Ambiance…

Une Juventus pas si orpheline

Malgré la rapidité du transfert, la Juventus n’a jamais semblé paniquer. Il faut dire qu’avec Barzagli, Chiellini, Rugani ou encore Benatia, la Juventus est fournie défensivement. En fin de saison, le jeune prometteur Caldara de l’Atalanta Bergame rejoindra la Vieille Dame pour pallier la possible retraite d’Andrea Barzagli. Avec quatre défenseurs centraux de premier plan, les turinois peuvent encore passer de 3 à 4 selon les adversaires. Toutefois, il serait injuste de dire que le départ de Bonucci a été vécu comme un épiphénomène dans le vestiaire turinois. Si les premiers matchs offraient un certain confort aux Juventini au regard des adversaires (Cagliari, Genoa, Chievo ou Sassuolo), certaines difficultés sont apparues au grand jour face au Barça (0-3 au Nou Camp) et face à la Lazio (1-2 à domicile). Troisièmes de Serie A à trois points du leader napolitain, la Juventus reste placée pour un éventuel incroyable 6ème titre de Serie A consécutif.

Et maintenant ?

Vainqueurs 4-1 mercredi dernier sur le terrain du Chievo Verone, les milanais repartent sur une nouvelle série. Sans Bonucci suspendu pour un coup de coude face au Genoa, les joueurs de Montella sont revenus aux bases avec un 4-3-3 et le résultat a été probant. De nouveau en tribunes pour le match de samedi après-midi face à son ancien club, le numéro 19 rossonero ne pourra pas aider ses coéquipiers à enfin lancer leur saison pour un gros match. Friable psychologiquement depuis un bon mois, Bonucci a besoin de retrouver la confiance. Ces partenaires le soutiennent et continuent de voir en lui le patron de demain. Si les mauvaises langues estiment que Bonucci a déjà perdu la moitié de sa valeur marchande, il faudrait être cruel pour estimer que définitivement Bonucci est sur le déclin.

L’histoire a montré qu’un changement de club peut avoir des conséquences terribles sur le niveau et la progression d’un joueur. Toutefois, en moins de trois mois de compétition, il est impossible d’arrêter un jugement définitif sur un joueur. Élu cette semaine meilleur défenseur européen avec Sergio Ramos, Bonucci demande encore de la patience. Le temps fera son affaire dans un sens comme dans l’autre…

Jajaye Panizzoli

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