Jorge Mendes, super-agent

jorge mendes

Jorge Mendes par-ci, Jorge Mendes par-là. Le mercato estival 2014 a fermé ses portes ce 1er septembre et rares sont ceux qui n’ont pas entendu au moins une fois le nom de Jorge Mendes. Mais qui est vraiment cet homme de l’ombre ? Portrait d’un super-agent dont l’influence sur le monde du football est omniprésente.

A l’approche de la cinquantaine, la réputation de Jorge Mendes n’est plus à faire. Représentant de plus d’une centaine de joueurs par l’intermédiaire de Gestifute (536 millions d’euros d’actifs financiers tout de même), société dont il est lui-même le président, l’agent portugais rayonne au dessus du monde du football. Cristiano Ronaldo, Radamel Falcao, James Rodriguez, Angel Di Maria, Diego Costa ou encore José Mourinho, un bon nombre d’acteurs principaux sur la scène football sont représentés par le super-agent. Et la métaphore théâtrale ne s’arrête pas là. Car si quelqu’un tire les ficelles du football moderne aujourd’hui, c’est bien lui.
Parcours d’un business man
Jorge Mendes est un homme d’affaires. Né sous l’étoile de la négociation et se formant grâce à diverses expériences, de cadre dans un vidéo-club jusqu’à gérant dans une boite de nuit, il se lance dans le métier d’agent après avoir fait la rencontre de Nuno Espirito Santo, à l’époque gardien de but du Vitoria Guimarães. Quelques semaines plus tard, le portier est vendu au Deportivo La Corogne pour 3 millions d’euros. L’ascension est en marche.

« Il était têtu. Il pouvait attendre quatre heures devant mon bureau pour pouvoir me parler. J’avais beau lui répéter que je n’achèterais personne, il finissait par me convaincre. » Augusto César Lendoiro , président du Deportivo La Corogne
« D’abord, il nous a convaincu de recruter Rafael Marquez et Ricardo Quaresma et ensuite Deco. Quand nous avons signé Deco, nous n’étions pas convaincus par le prix. Mendes nous disait que nous achetions le nouveau Pelé. Dans sa voiture, il a mis 15 ou 20 fois une chanson que les supporters du FC Porto avaient dédié à Deco. Nous en avions marre et lui, il continuait à chanter. Au final, nous l’avons recruter car nous étions fatigués ! » Joan Laporta, ancien président du Barça

Des méthodes peu orthodoxes, mais qui font leurs preuves, indéniablement. Ses principaux faits d’armes ? Tout d’abord, le transfert le plus couteux de l’histoire avec la signature de Cristiano Ronaldo de Manchester United au Real Madrid pour 94 millions d’euros. On peut rajouter les transferts de James (80 millions d’euros au Real), Di Maria (75 millions d’euros à Manchester United) ou de Diego Costa (40 millions d’euros à Chelsea) rien que pour cet été. Le pourcentage moyen de la commission que récupère un agent lors d’un transfert étant de 7%, on peut comprendre que le business du portugais ne cesse de croître.
mendes ronaldo
Agent seulement ?
Cependant l’empire Mendes ne se limite pas aux simples transferts de joueurs.  Possédant un carnet d’adresses bien rempli et des amis haut placés dans de nombreux clubs aux quatre coins du globe, le portugais ne se contente pas de faire valoir les qualités du joueur représenté. Prenons l’exemple des clubs de La Corogne (Espagne) et de Rio Ave (Portugal), où il exerce un pouvoir démesuré. Nombre de joueurs tels que Ukra ou Bebé à Rio Ave, mais aussi Bruno Gama, Pizzi et Nélson Oliveira à La Corogne, sont placés juste grâce à l’intermédiaire du super-agent. Le président de La Corogne, César Lendoiro, a d’ailleurs déclaré à de nombreuses reprises qu’il laissait volontiers Jorge Mendes faire le onze de départ de son équipe. Et celui-ci ne s’en prive pas.
Mais voilà, certains transferts commencent à soulever des questions comme celui de Bebe, transféré à Manchester United pour 9 millions d’euros. Recruté par Alex Ferguson entraîneur de l’époque, conseillé par Queiroz, ancien adjoint et poulain de Mendes, Bebe s’avère être une imposture et ne jouera que très peu en Angleterre. 50 % du transfert revient directement à Jorge Mendes. Magouille, vous dîtes?
Non content d’être à la tête d’une fortune estimée à plus d’un demi-milliard d’euros, il a créé une nouvelle société : Quality Sports II Investments. Basée dans le paradis fiscal de Jersey, elle promet à de riches investisseurs de miser gros sur des joueurs en devenir, afin de percevoir d’éventuels bénéfices sur un transfert futur. Pour le chercheur Bastien Drut, auteur notamment du livre « Economie du football professionnel », le cas Mendes est symptomatique de l’évolution de la profession d’agent :

« Le développement des fonds d’investissement est un fait assez nouveau mais en pleine expansion. Lorsque les clubs sont en manque de liquidité, cela leur permet de ne pas payer de joueurs. Par contre, les clubs ne sont plus propriétaires des joueurs. »

Pratique encore interdite en France ou en Angleterre, elle fait fureur en SuperLiga, véritable jardin de Jorge Mendes.

Vénéré par les joueurs dont il est le représentant (Cristiano Ronaldo en a fait le parrain de son fils), adulé par les clubs et présidents avec qu’il fait affaire, décrié par les autres agents et instances du football et, notamment la FIFA, Jorge Mendes ne laisse pas indifférent.

Ce qui est sûr, c’est qu’il est un acteur majeur du modèle “football business”, qui se développe à vitesse grand V. Et tout porte à croire, que l’empire qu’il a créé continuera son développement, porté par l’évolution du football d’aujourd’hui…

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