Interview : Raymond Domenech, entre confidences et optimisme

Ancien sélectionneur de l’Equipe de France entre 2004 et 2010, Raymond Domenech a marqué l’histoire des Bleus. Interrogé dans le cadre du Winamax Poker Tour 2017, le plus grand circuit gratuit de poker live de France, il a tenu à nous livrer, au prestigieux Cercle Clichy Montmartre, ses impressions sur l’état du football français actuel ainsi que sur la prochaine liste de Didier Deschamps.

Domenech
Quelle a été votre réaction devant le naufrage du Paris Saint-Germain sur la pelouse du FC Barcelone (6-1) ?

A 3-1, j’ai zappé pour regarder Dortmund et puis finalement je suis revenu sur cette rencontre. Et puis tout d’un coup, une avalanche. C’est presque incompréhensible car le Barça et Lionel Messi ne font pas un match exceptionnel. Personne ne pouvait imaginer cela. Les supporters commençaient  à quitter le stade, le coup franc de Neymar à la 87ème  parait même anodin car il reste un peu plus de 5 minutes de jeu. Ce n’est pas possible, ce n’est pas pensable, ce n’est pas envisageable.

Vous avez été sélectionneur, joueur, vous avez connu des moments difficiles. Comment peut-on se relever d’une telle désillusion ?

On a du mal à s’en relever. Tout d’abord, on ne se couche pas, on ne dort pas. Il m’était arrivé après des résultats catastrophiques en club de ne pas savoir si j’avais dormi. On pense, on rêve, on croit qu’on dort. Le matin, on se réveille avec l’impression d’avoir fait un cauchemar. Quand on allume la radio, on regarde les gros titres, on n’a qu’une envie, c’est de retourner se coucher.

Pensez-vous que cette élimination peut avoir un impact sur la suite du championnat de Ligue 1 et la course au titre entre Monaco, Paris et Nice ?

Oui mais pas forcément de manière négative. Cette élimination va les décharger. Il y aura moins de pression, moins de matchs, moins de blessés. De toute façon, à la fin de la saison, le bilan sera forcément moins prolifique que l’an passé.

Ces dernières années, on peut constater les arrivées de nombreux investisseurs à Paris, Monaco, Lille, Nice, Lyon, Marseille. Pensez-vous que la Ligue 1 puisse devenir dans 4-5 ans, l’un des meilleurs championnats d’Europe ?

Je le pense car nous avons en France de vraies structures,  des bons centres de formation. On a des clubs faciles d’accès où l’on peut progresser facilement. On a cette marge de progression qui peut nous amener au niveau des autres.

En France, il y a une arrivée impressionnante de jeunes talents comme Thomas Lemar, Kylian Mbappe, Raphael Varane, Paul Pogba.  Pensez-vous que cette jeune génération puisse porter l’Equipe de France lors de la Coupe du Monde 2018 en Russie ?

On retrouve le profil de l’équipe de 1998. De jeunes talents bientôt à l’âge de maturité, qui jouent ou sont titulaires dans les plus grands clubs européens. Pour avoir une ossature solide, c’est ce qu’il faut.

(©AFP GIANLUIGI GUERCIA)
(©AFP GIANLUIGI GUERCIA)

Que pensez-vous de Kylian Mbappé, le joyau de la principauté ?

Il a le profil d’un très grand. Il suffit de voir l’intérêt des plus grandes écuries européennes à son égard pour comprendre le potentiel de ce joueur.

Après s’être incliné 5-3 à l’aller face à Manchester City, l’AS Monaco s’apprête à recevoir les hommes de Pep Guardiola au Stade Louis II. La formation monégasque peut-elle réaliser l’exploit ?

Je fais attention au pronostic car je n’aurai pas mis un centime sur le FC Barcelone mais je l’espère. Monaco empile les buts cette saison et dispose des capacités nécessaires pour retourner la situation à son avantage.  2-0, c’est un résultat qui est à risque mais c’est jouable.

Que ressentez-vous au moment de disputer la compétition de poker Winamax ?

Je n’ai qu’une seule peur. C’est d’avoir une bonne main d’entrée et de me faire plumer au bout de 30-40 minutes. Je suis prêt à lâcher une paire d’as s’il le faut pour continuer la compétition ! (rires).

Retrouvez-vous des sensations similaires entre le football et le poker ?

Oui. Tout d’abord, il y a l’aspect physique. On est assis mais avec une main et une personne en face qui joue cette même main, on a le rythme cardiaque qui monte. J’ai déjà pris mon pou, j’étais à 480. Il y a le stress, le côté observation de l’adversaire.

Quel est l’adversaire que vous craignez le plus ?

Moi-même (rires) !

Raymond Domenech a fini 140ème sur 1399 joueurs pour un gain de 1100 euros, une belle performance pour l’ancien sélectionneur tricolore.

Thomas Pain

 

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