Interview: Margot Dumont, la journaliste-footballeuse de beIN Sports

Margot Dumont, journaliste de beIN Sports n’est plus méconnue du monde du football. Que ce soit au bord des terrains de Ligue 1 ou d’Europa Ligue, elle n’a pas froid aux yeux. Elle n’a surtout pas peur de mouiller le maillot. Passionnée et enthousiaste, elle nous a reçu dans les locaux de beIN Sports pour une interview exclusive où elle nous parle de son parcours et de sa passion sans oublier de nous offrir des anecdotes originales! 

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  • Pouvez-vous vous présenter Margot ?

J’ai 26 ans, je suis née à Lyon, j’ai grandit à Lyon, je suis venue à Paris à 18 ans pour faire des stages et travailler et depuis je suis restée à Paris. Je suis à beIN sports depuis la création donc bientôt 4 ans et demi.

  • Quel a été votre parcours pour en arriver là ?

J’ai commencé une école de journalisme à Lyon qui s’appelle l’ISCPA, mais je ne l’ai pas terminée parce que j’ai eu des propositions dès la deuxième année, alors que le diplôme est sur 3 ans, donc je ne suis pas allée au bout. C’était risqué mais j’ai fais ce choix parce que j’avais quand même des propositions de grandes chaînes comme l’Equipe 21, Infosport, etc… Ce n’était pas un petit quotidien régional que je rejoignais. J’ai pris la décision de tenter ma chance sur Paris en me disant que si je faisais une troisième année à l’école, ce n’était pas sûr que j’ai les mêmes opportunités en fin de troisième année donc j’ai fait le choix de me lancer en piges à Paris et ça m’a réussi. J’avais 5-6-7 piges par semaines. Je ne partais pas de l’école pour travailler deux jours et ne pas savoir quoi faire derrière. J’avais 3 employeurs potentiels et j’avais beaucoup de travail sur Paris donc voilà, j’ai pris la décision et j’ai bien fait.

  • Aucun regret ?

Ah bah non vraiment pas non ! Et je vais même vous dire, si je n’avais pas pris cette décision à ce moment là je ne serais pas à beIN aujourd’hui. C’était vraiment un concours de circonstance, des rencontres à ce moment là notamment Florent Houzot à Infosport et Charles Bietry à l’Equipe 21 cette année là qui ont fait que je me retrouve là aujourd’hui. C’était un risque mais j’ai toujours su ce que je voulais dans la vie. Ma mère me le dit toujours, depuis que je suis jeune, dès l’âge de deux ans, j’allais à un endroit je savais ce que je voulais, j’étais déterminée. C’est un trait de caractère chez moi, cette détermination, je sais ce que je veux dans la vie et du coup quand je suis partie comme ça en deuxième année de journalisme, je savais très bien où j’allais !

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  • Comment avez-vous atterrit à BeIn Sports?

beIN Sports s’est créé en 2012, j’avais 22 ans, j’avais déjà fait deux ans de piges. Je pigeais à Infosport où Florent Houzot était mon boss et à l’Equipe 21 où je travaillais avec Charles Bietry. 2012 la chaîne se crée et Charles Bietry du coup m’appelle parce qu’il avait apprécié la collaboration avec moi à l’Equipe 21. Il me présente le projet et me demande si ça m’intéresse d’en faire partie et bien évidemment ça m’a intéressé ! Une création de chaîne c’est rare aujourd’hui, où c’est un peu la crise, c’est exceptionnel. Donc j’ai foncé. C’est ces deux rencontres qui m’ont permis d’y arriver.

  • Le football ça a été une évidence pour vous ?

Non pas du tout ! Parce que mon père n’aime pas le foot, il n’y connaît rien au foot, mais rien ! Ma mère ce n’est même pas la peine, c’est encore pire. Mon frère est passionné de train et le foot il déteste ça.

  • Mais comment êtes-vous tombés là dedans alors ?

C’était improbable mais c’est grâce à mes cousins du côté de mon père, qui adoraient le foot, qui s’énervaient devant les matches de l’équipe de France, qui criaient et qui faisaient des grands gestes. Moi j’avais 4-5 ans, je les regardaient j’étais choquée, mais je trouvais ça sympa l’émotion que ça dégageait, l’émotion que ça pouvait apporter. Ils me faisaient aussi jouer quand j’étais gamine. Ils ont 10 ans de plus que moi, ils avaient tous 15-20 ans et moi j’en avais 5/10 ans, ils me faisaient jouer, ils me prenaient dans leurs pattes et moi ça a pris, j’ai adoré. Et derrière, à la récré je jouais toujours avec les garçons à l’école, j’avais toujours un ballon. C’est comme ça que ça a pris, c’est mes cousins qui m’ont initié.

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  • Vous avez été joueuse, vous avez touché au haut niveau (D1), est ce que ça vous manque pas un peu le football féminin ?

Non le football féminin ne me manque pas. Je préfère jouer avec des garçons moi mais c’est une question de feeling. C’est comme dans la vie je préfère être avec des mecs qu’avec des meufs, j’ai toujours eu des amis garçons plutôt que filles donc ça me ressemble. Après ce qui me manque surtout, c’est la compétition, c’est avoir une causerie d’avant match, une mise au vert, jouer le maintien, galérer, c’est tout ça qui me manque. Maintenant je joue toujours mais c’est pour le loisir. Et à chaque fois que je joue, je donne ma vie sur un terrain, ça ne change pas grand chose ! (Rires)

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  • On voit sur vos réseaux sociaux que vous faites souvent des Fives, vous préférer ce type de football ?

C’est pas que je préfère, c’est que c’est plus simple de nos jours de constituer deux équipes avec 10 joueurs au total que de trouver de 22 ou 14 joueurs. Pour les terrains, pareil c’est plus facile. Disons que le foot à 5 est plus accessible. J’ai joué au foot loisir en foot à 7, j’aime bien, mais c’est plus difficile d’avoir des créneaux, faut inscrire l’équipe en championnat loisir c’est plus compliqué. Et ce que j’aime dans le soccer c’est que tu touches beaucoup de ballons dans un match, tu as l’opportunité de marquer plus de buts, c’est plus dans la technique. Ca me ressemble un peu plus, j’aime bien toucher beaucoup de ballons, tricoter, jouer dans des petits espaces en une touche de balle, mettre un peu de vitesse. Le foot à 5 me correspond un peu plus.

  • Si vous deviez donner un joueur par rapport à votre profil, à qui ressemblez vous ?

Je dirais un peu Marco Reus dans l’esprit sinon en France y a un peu de Yoann Gourcuff en moi (rires). Les gens vont se dire «elle se la raconte » mais non, dans l’état d’esprit, gentillet avec tout le monde, quelqu’un de sensible, parce que Yoann est quelqu’un de très sensible avec une sensibilité qui se retrouve sur le terrain et dans ta manière de jouer. C’est plus la dedans que je me reconnais en lui. Et puis sa faculté de pouvoir faire briller tes coéquipiers, de pouvoir, sur un geste, faire basculer un match, ça me correspond. Je ne dis pas que j’en suis là et que j’ai son niveau mais il y a certaines choses sur lesquelles je me retrouve en lui et c’est pour ça que je l’adore.

  • Quel serait votre 5 de rêve en five ?
    1. Ludovic Butelle (FC Bruges) parce qu’il est infranchissable.
    2. Thomas Mangani (Angers) parce qu’il a une super vision du jeu et qu’il mettrais plein de passes décisives
    3. Grégory Sertic (Bordeaux) parce qu’il nous ferait tout le temps rire et qu’on a besoin de rire un peu quand on joue au foot, au soccer en tout cas. Même à l’antenne il y a des blagues avec lui. 
    4.  Jérémie Aliadière (FC Lorient) parce qu’il nous mettrait plein de buts, parce qu’il est trop fort et que c’est un super mec.
    5. Ryad Boudebouz (Montpellier) parce que Ryad va nous régaler avec ses petits ponts et ses gestes techniques mais il ne me mettra jamais un petit pont par contre ! (Rires)

ENTRAINEUR : Jocelyn Gourvennec parce que c’est un super coach tout simplement. C’est un coach avec qui j’ai un bon feeling déjà et j’aime bien sa façon de voir le football, sa façon de manager un groupe aussi et sa simplicité dans la vie, il est très abordable. Peut-être qu’au premier abord on va croire qu’il est froid mais après c’est un breton, c’est leur nature. Mais il n’est pas comme ça du tout. Même si j’hésite un peu avec Christophe Galtier qui est aussi un entraîneur que j’apprécie, que je trouve très bon et qui lui aussi est un vrai bon manager. Tiens, je mettrais un binôme d’entraîneur pour innover ! Une nouveauté au foot, un binôme d’entraineur Galtier et Gourvennec.

  • Vous êtes Franco-allemande, plutôt Equipe De France ou plutôt Mannschaft?

img_9214Je suis à fond Mannschaft. Depuis que je suis toute petite j’ai toujours supporté l’Allemagne. Mon père vu qu’il ne s’intéresse pas au foot, il ne m’a jamais mis derrière l’Equipe de France. Ma mère regardait de temps en temps les matchs de l’Allemagne pendant les Coupes du Monde et les Euros. Mes premiers souvenirs sont ceux de l’Euro 1996 qu’on gagne avec Olivier Bierhoff notamment. Et après il y a eu la Coupe du Monde en Allemagne en 2006 où j’avais 16 ans. C’est mes grands souvenirs et c’est comme ça que ça a pris. L’Allemagne a gagné un titre avant la France et c’est comme ça que j’ai commencé à les supporter et je suis toujours à fond derrière eux.

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  • Quel est votre club de cœur ? Vous êtes de Lyon mais vous êtes très proches du club de Saint-Etienne …

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Mon club de cœur c’est Lyon : je suis née à Lyon, j’ai grandi à Lyon, j’ai été abonnée à Gerland, je supporte Lyon et personne ne peut me reprocher de supporter la ville dans laquelle je suis née. Si j’étais née à Laval, je serais pour Laval, si j’étais née à Niort je serais pour Niort, si j’étais née à Metz je serais pour Metz, si j’étais née à Saint-Etienne je serais pour Saint-Etienne… Je suis née à Lyon donc je supporte le club de ma ville.

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En ce qui concerne Saint-Etienne, ce sont des gens très sympas la-bas. C’est d’ailleurs une ville décrite comme horrible mais c’est faux. Allez-y c’est pas si horrible que ça, les alentours sont très sympas, les gens sont très gentils là-bas et ils sont même plus sympas qu’à Lyon, même les lyonnais vous le diront je pense. On est très bien accueillis et moi en tant que lyonnaise là-bas, j’ai vraiment reçu un accueil adorable de la part des supporters, du staff, des joueurs et des dirigeants. Et s’il y a bien un message à faire passer c’est que cette guéguerre de ville, elle est sympa quand on se chambre, moi aussi je les chambre avant les derbys mais la haine je n’accepte pas ça. On est deux villes, on est à côté on devrait plutôt s’apprécier. Je suis plus dans cette vision là, je les trouve vraiment sympa.

Jordan VERETOUT of Saint Etienne and Margot Dumont during the French Ligue 1 between Saint Etienne and Toulouse at Stade Geoffroy-Guichard on August 28, 2016 in Saint-Etienne, France. (Photo by Jean Paul Thomas/Icon Sport)
Jordan VERETOUT of Saint Etienne and Margot Dumont during the French Ligue 1 between Saint Etienne and Toulouse at Stade Geoffroy-Guichard on August 28, 2016 in Saint-Etienne, France. (Photo by Jean Paul Thomas/Icon Sport)

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Je suis souvent là-bas en effet, parce qu’étant originaire de la région, on essaye de nous envoyer dans nos régions à BeIn, comme Xavier Domergue qu’on envoie souvent à Bordeaux, ou Christophe Pignol qui est souvent dans le sud. Donc c’est plus pour ça que je suis dans la région de Saint-Etienne. Mais je suis plutôt contente parce que c’est vraiment des bons mecs.

  • Vous vous sentez plus journaliste ou footballeuse?

Franchement des fois je suis un peu entre les deux. Je suis à la limite, à la bordure entre les deux. Des fois je suis 49% journaliste et 51% footballeuse et des fois je suis 51% journaliste et 49% footballeuse. Quand je pose mes questions je suis journaliste par contre au bord du terrain, sur les 45 minutes de chaque périodes, quand je donne mon analyse, quand j’écoute et dis ce que racontent les coachs sur le banc je suis plus dans mon côté joueuse parce que tout mon passé, avoir joué et connu le haut niveau me sert beaucoup à voir et comprendre les déplacements des joueurs, à comprendre et remarquer plus rapidement les signes des coachs pour les changements de système. Pareil une pelouse qui est mauvaise avec des rebonds horribles, tu sais qu’un contrôle peut tout changer. C’est des choses que j’ai vécu, que je peux relayer plus facilement quand t’a joué au foot. Je ne dis pas que c’est essentiel et obligatoire mais c’est un plus indéniable ! Je me sers des deux.



 

  • C’est un métier ou une passion ?

Une passion ! Moi quand je vais sur un terrain, j’ai pas l’impression de travailler. La semaine dernière j’étais à Lille mais je vais même à Lille quand je ne travaille pas pour voir des matches donc en fait, que je travaille ou que je ne travaille pas c’est une passion. Je n’ai pas l’impression de bosser quoi. C’est magnifique. C’est rare les métiers-passion comme ça.

  • Qu’est ce que vous aimez le plus dans votre métier ?

C’est le relationnel, le contact avec les gens, discuter avec tout le monde, avoir des infos rester en contact. Je suis quelqu’un d’assez sociable c’est vraiment ça qui me plait le plus. Ensuite, c’est le terrain, c’est se déplacer, sentir l’odeur de la pelouse, entendre le public, avoir froid à -2° à Lille et le lendemain galérer à 30° à Bastia. C’est être dans cet environnement, c’est ça que j’aime le plus.

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  • Qu’est ce que vous aimez le moins dans votre métier ?

Le milieu. Pas le milieu du foot, mais celui de l’audiovisuel. C’est bizarre hein ! Je m’explique : il y a des gens qui font de la télévision pour se montrer, ça m’énerve. Tu as beaucoup de gens avec un égo surdimensionné, ça m’énerve aussi. Tu as beaucoup de gens qui parlent dans ton dos. En fait il faut savoir bien s’entourer. Moi je me suis bien entourée donc ça va.

  • C’est propre à l’audiovisuel ou c’est dans le journalisme de manière général ?

C’est propre à un milieu d’hommes. Je pense que chez les pompiers et les militaires, ça doit être un peu pareil. Quand t’es une nana t’es une rareté, et la rareté fait qu’on parle forcément de toi. Et après il y a toujours ceux qui n’ont que ça à faire que d’inventer des histoires, s’imaginer des choses. Ca les fait ‘kiffer’. Moi c’est vraiment le seul truc qui me dérange. Quand t’a rien à te reprocher, que tu travailles, que t’es intègre, que t’essayes de faire ton petit bonhomme de chemin, il y a toujours des gens qui tenteront de te faire chavirer. Mais je suis forte mentalement.

  • Donc c’est un peu dur d’être dans une rédaction d’hommes, de se faire sa place?

Non moi ça va, ça a pas été trop dur. Déjà le fait de jouer au foot m’a beaucoup aidé, je me suis intégrée assez facilement dans toutes les rédactions où je suis passée parce qu’ils ont vu que je savais de quoi je parlais. Après j’ai une personnalité aussi qui fait que je m’entend trop bien avec les garçons, ça a été assez simple pour moi de m’integrer dans une rédaction de mec. Ce qui est plus difficile, c’est de durer. Et c’est mon objectif.

  • De plus en plus de femmes dans le métier, positif pour vous ?

Oui il y en a de plus en plus. Mais on n’a pas toutes le même rôle. Des femmes qui font du terrain comme ça, du reportage, y’en a très peu. La plupart font du plateau donc oui il y a de plus en plus de femmes mais ces femmes là ont un peu toutes le même profil. Et c’est là où je me différencie je pense, c’est d’avoir un profil, pour une nana, de terrain, de contact direct avec les acteurs de terrains, d’être vraiment dans le jeu. 

  • Un jour vous vous verriez commentatrice ?

Non parce que je ne pense pas que la voix d’une femme soit adaptée au commentaire sportif. On part vite dans les aigus, je trouve que ça ne va pas du tout mais ça ne reste que mon avis.

  • Un modèle dans votre métier?

J’avais un modèle quand j’étais petite c’était Romain Del Bello qui est devenu un ami. Quand j’avais 13-14 ans il officiait à TF1 en bord terrain, je me mettais devant ma télé, je l’écoutais et je disais ‘moi je veux faire ça plus tard’. Je trouvais ça super. Je l’écoutais, j’adorais, je le trouvais bon.

Et Xavier Domergue. Et je ne dis pas ça parce qu’il est chez beIN, que c’est mon pote, etc.. Sincèrement, je le trouve très très fort Xavier. Il y a quelqu’un d’autre qui est chez nous, qui est très fort et dont on parle très peu c’est Clément Grèzes. Et franchement, il mériterait d’être un peu plus connu que ça parce que ce gars a beaucoup de talent.

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  • Un conseil pour ceux qui aimeraient suivre vos traces ?

Travailler sans relâche. Et même quand on te demande un truc, même si c’est embêtant, faut le faire. Parce que sinon, ça ne marche pas. Rester humble, très peu arrivent à le faire mais c’est très important si tu veux rester appréciée et durer dans le milieu. Et il ne faut pas avoir les dents trop longues. Quand t’arrive dans une rédaction faut pas dire ‘moi je veux faire ci ou ça’. Step by step, t’y vas tranquillement, tu fais tes preuves, tu montes un petit peu en gamme. Je dis ça alors que je suis de nature impatiente, je ne suis pas la meilleure pour donner ce genre de conseil mais ça reste celui que je donnerais. Quand t’arrive tu ne peux pas commenter tout de suite un match de Ligue 1. Tu vas commencer par faire des tâches un petit peu moins drôle, faire des recherches d’images, ramener des trucs pour les journalistes mais après peut-être qu’un jour, de fil en aiguille tu vas y arriver mais faut être un peu patient, apprendre des autres et être beaucoup à l’écoute. Il faut se nourrir des conseils des plus anciens.

  • Des anecdotes drôles/originales à nous raconter?

Je vais en citer trois… La première : Olivier Dall’Oglio à Dijon et son staff, j’ai appris à les connaitre la saison dernière quand je les suivaient en Ligue 2 et je leur ai dis que je jouais au football donc on s’est défiés vu que eux aussi jouent. Ca les a fait marrer, ils étaient curieux de voir comment je jouais donc ils étaient à fond. On a réussi à faire notre soccer en début de saison, maintenant qu’ils sont en Ligue 1. J’ai finalement jouer dans l’équipe d’Olivier Dall’Oglio et son staff, on a joué contre le GIGN, on a gagné très largement, j’ai marqué plein de buts (Rires)… C’est une super anecdote qui illustre bien le côté relationnel. Les rencontres qu’on peut faire dans ce milieu sont géniales. Et ce genre de choses ça te crédibilise, quand tu joues avec des mecs qui sont quand même pour la plupart des anciens pros, et que t’arrive à te mettre à peu près à leur niveau, derrière ils ne te regardent pas forcément de la même manière. T’es plus respectée et c’est normal. Pour parler d’un sport il faut le connaître et la meilleure façon de le connaître, c’est de le pratiquer.

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La deuxième : C’est Christophe Galtier, le coach de Saint-Etienne qui adore me chambrer en direct sur mon côté Lyonnaise. C’est assez sympa et assez récurent. Il est très fort en chambrage. Avant un derby, on était sur une interview en direct et il m’a surprise. Il me dis « Vous qui êtes Lyonnaise… » Je lui ai répondu « non je supporte Saint-Etienne » et je l’avais pris à son propre jeu ! Ca aussi ça illustre le côté bonne ambiance et tout ce que j’aime dans ce métier. La simplicité des gens.

Je suis une journaliste, on peut peut-être me reprocher d’être trop gentil et trop lisse, mais déjà ceux qui disent ça ne m’ont jamais vu en interview parce que je sais et je peux en envoyer et poser des questions qui fâchent quand il faut et c’est déjà arriver plusieurs fois. Mais après c’est dans ma nature aussi, je suis sympa et je ne suis pas là pour chercher l’embrouille.

Et enfin, la troisième anecdote c’était il y a 2 ans, le président de Nantes Waldemar Kita m’a appelé pour me recruter au FC Nantes féminin. Il voulait me proposer un contrat pour renforcer l’équipe une. C’était amusant qu’un président de Ligue 1 m’approche en tant que joueuse pour faire de moi son attaquante de la section féminine. J’ai dû refuser en raison de mon activité à beIN et parce que j’ai ma vie à Paris mais j’ai été honorée et touchée sur le coup ! Je me suis déjà entraînée avec la D1 de l’ASSE féminin également. Une superbe expérience j’ai pris beaucoup de plaisir. Surtout qu’on s’entraîne dans le complexe des pros c’est sympa.

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  • Qu’est-ce que la beauté du football pour vous ?

C’est un beau geste technique, c’est l’élégance. La beauté du football pour moi quand tu m’en parles c’est Morgan Sanson, de Montpellier. Vous regarderez, il a toujours le torse bombé, il a une élégance, une classe ce mec quand il joue moi j’adore ! Pour moi la beauté du football, c’est un mec comme ça qui est beau à voir jouer, qui est beau techniquement, qui est efficace. Bon Morgan Sanson c’est bien mais ça parle plutôt à ceux qui regardent la Ligue 1 donc à l’international je dirais Toni Kroos qui est élégant et beau à voir jouer. La beauté du football c’est un mec comme ça, qui cumule tout : l’élégance sur un terrain, hors du terrain, balle au pied, dans la prestance, le charisme, la façon de toucher le ballon, la façon de mettre bien tes partenaires. C’est ça la beauté du football !

Merci Margot d’avoir répondu à nos questions. Propos recueillis par Maya Amrouche.

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