Interview : Lindsay Rose, le défenseur qui se rêvait attaquant

Le défenseur central de l’Olympique Lyonnais nous a accordé une interview où il se livre à cœur ouvert. Entre déception de ne pas jouer, volonté de montrer ce dont il est capable et ambitions, le jeune franco-mauricien fait le point sur sa carrière.

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Associatif

Après l’ice bucket challenge l’an dernier au profit des clowns de l’espoir, tu t’es prêté au Pitchallenge lancé par Loïc Jego, tu peux nous en dire un peu plus ?

Oui, c’est mon ami Loïc Jego qui m’a nominé. C’est un petit défi football pour la bonne cause qui concerne, cette fois-ci, les maladies cardio-vasculaires. Par respect pour lui et l’association, à mon tour, je fais parler un peu de mon nom pour médiatiser cette maladie et montrer notre soutien.
C’est important de mettre en avant l’association. On sait très bien qu’on a une visibilité grâce à notre nom sur les réseaux sociaux. C’est ludique et efficace dans l’impact que ça a vis à vis des gens.

Carrière

Après Laval et Valenciennes, tu as signé l’an dernier à Lyon. Quel regard portes-tu sur ton début de saison avec l’OL ?
J’ai fait toute la préparation avec le groupe et ça c’est plutôt bien passé. Ensuite, j’ai été écarté. Le coach préférait faire jouer quelqu’un d’autre. Voilà, c’est les choix d’un coach… On les respecte même si on ne les comprend pas tout le temps…
J’ai pu participer à un match cette saison contre Bordeaux. Malgré la défaite, j’ai plutôt été bon. Voilà à quoi se résume mon début de saison : la préparation et un match.

En août dernier, quand tu as vu, qu’en plus de Samuel Umtiti et Milan Bisevac, l’OL a recruté Mapou Yanga-Mbiwa, qu’est ce que tu t’es dit ?

Dans l’absolu, j’ai toujours voulu rester. La concurrence, ça fait partie du football. Ça ne me dérange pas. C’est la manière dont on m’a fait part des choses. Moi à la base, je devais rester, je suis resté la preuve. Je voulais rester, je ne voulais pas partir de Lyon. Mes dirigeants, le président et le directeur sportif, ne voulaient pas me faire partir non plus. Après les choix du coach… Je n’en suis pas maître. C’est lui qui décide de ne pas me faire jouer. Cet été, il m’a dit qu’il comptait sur moi, qu’il comptait me faire jouer. Ensuite, ils ont recruté Yanga Mbiwa et depuis il n’y a pas beaucoup de communication. Aujourd’hui, je suis numéro trois, numéro quatre. Le discours est passé de « j’ai confiance en toi et tu vas jouer » à « t’es numéro quatre ». Malheureusement, il faut attendre qu’il y ait des blessés ou des suspendus pour que je puisse jouer.

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Surtout que tu avais des pistes en France et à l’étranger ?
Il y a eu des sollicitations cet été, tout ce qui a pu apparaître dans la presse était vrai. Lyon a décidé de me mettre sur la liste des transferts tout en décidant que je ne pouvais partir qu’à la fin du mercato. C’était donc compliqué pour pouvoir partir et je n’avais pas spécialement envie de partir à ce moment là. Ma priorité a toujours été Lyon.

Tu envisages de quitter l’OL cet hiver ?
Je suis encore sous contrat. La situation a changé dans le sens où je ne joue pas. Concrètement, si je n’ai pas de temps de jeu d’ici là, j’aurais forcément envie de partir sous forme de prêt ou de transfert. Ma situation actuelle ne me plaît pas.

Tu es attiré par un championnat en particulier ?
Honnêtement, ça serait pour un projet qui me conviendrait pour jouer, prendre du plaisir et ne pas jouer avec le couteau sous la gorge comme certains me le mettent à certains matchs. Ce que je veux, c’est jouer, que ce soit en France ou à l’étranger. Après, j’ai toujours été attiré par l’étranger aussi. Ça fait cinq ans que j’évolue en France, pourquoi pas découvrir autre chose. Mais honnêtement, s’il faut faire un prêt ou une année ou deux en France pour retrouver du temps du jeu, ce n’est pas un problème. Je ne ferme la porte à personne.

Tu as accepté de nous accorder une interview dans un contexte difficile pour toi puisque tu as été exclu temporairement du groupe professionnel après ton altercation avec Tolisso…

C’est des choses qui se passent dans un vestiaire. Malheureusement, je suis le seul puni. Pour moi, ce qui se passe dans un vestiaire devrait toujours rester dans le vestiaire. Les fuites ne viennent donc pas de moi. Après, dans l’histoire, on me donne le mauvais rôle. C’est plus simple de « tirer » sur certains que sur d’autres.

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Source : www.fff.fr

Tu as connu les sélections jeunes de l’Équipe de France, jouer avec les A reste un objectif ?
Bien sur, c’est un objectif. Quand on a goûté aux sélections jeunes, on a forcément envie de goûter à la sélection A. Maintenant, il ne faut pas se voiler la face, j’en suis très loin. Ma carrière aujourd’hui est stoppée par le manque de temps de jeu mais on sait très bien que dans le football, ça va très vite. Si mes performances reviennent à un bon niveau et que je peux enchaîner les matchs dans un club qui me conviendra ou à Lyon, pourquoi pas. Ça sera au sélectionneur de voir. Chaque chose en son temps.

Alain Happe, le sélectionneur de la sélection Mauricienne, n’a pas essayé de t’appeler ?

De lui-même, non. Je ne l’ai pas eu de vive voix. En revanche, j’ai eu le capitaine de la sélection que je connais très bien et c’est pour ça qu’il s’est permis de m’appeler. Il m’a demandé mes intentions et m’a fait part de leur envie de me récupérer au sein de la sélection. Je n’y suis pas allé parce que je pense qu’aujourd’hui, je dois prendre le temps de réfléchir.

Décalé

Entre nous, plus jeune, tu rêvais vraiment d’être défenseur central ou tu te rêvais buteur ?
(rires) Non, plus jeune, je rêvais d’être attaquant. Je jouais attaquant jusqu’à l’âge de quatorze ans. Après, je suis passé latéral droit puis à dix-huit ans dans l’axe.

Qui est ton idole de jeunesse, le joueur qui t’a fait le plus vibrer ?
Mes deux idoles étaient David Beckham et Ruud van Nistelrooy.

Et aujourd’hui, tu as des modèles ?
Je m’inspire des joueurs évoluant à mon poste comme Sergio Ramos, Thiago Silva… Mais pas seulement. Je m’inspire aussi du travail fourni par Cristiano Ronaldo, des grands joueurs qui démontrent au quotidien leur grand talent.

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Source : www.france3-regions.francetvinfo.fr

Ça fait quoi de jouer contre Zlatan ?
C’est un grand joueur, talentueux et très puissant. C’est des joueurs contre lesquels on aime jouer, avec lesquels on apprend énormément. C’est un joueur qui m’a beaucoup impressionné avant de rencontrer un joueur comme Yoann Gourcuff.

Gourcuff t’as impressionné sur quel(s) plan(s) ?

Á tous les niveaux. Au niveau de la technique, oui, mais aussi par sa gentillesse, sa simplicité. Il n’a pas beaucoup de chance au niveau des blessures mais sur le plan technique, de la vision de jeu… C’est un cran voire deux voire trois au dessus de la moitié des joueurs évoluant en France. Il est trop fort. Je pense que c’est l’un des meilleurs joueurs de Ligue 1. Quand il reviendra à son meilleur niveau et qu’il pourra enchaîner les matchs, je pense que ça fera très très mal dans le championnat de France et beaucoup de bien aussi.

Plus sérieusement, tu fais vraiment 600 abdos par jour ?
Au moins, oui. Ça va vite, par séries de cinquante. Encore une fois, je m’inspire des grands joueurs qui ont réussi, qui ont un top niveau et chez qui le travail paye. Je sais, en tout cas, que je prends beaucoup de plaisir à faire ça au quotidien. Ça mange pas de pain et ça va vite à faire.

LBDF

C’est quoi la beauté du football pour toi ?
La beauté du football pour moi, ça peut être un beau geste, un beau tacle pour un défenseur. Mais c’est aussi le fait de prendre du plaisir sur le terrain et d’en donner en tribune.

Un moment pour toi qui a symbolisé la beauté du football dans ta carrière ?
Mon premier but en Ligue 1.

 
Julie Degrenier

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