Gattuso, vraiment un bon choix ?

En pleine déliquescence depuis plusieurs semaines, l’AC Milan aura finalement attendu la 14ème journée pour licencier Vincenzo Montella. Si le timing peut surprendre car les Rossoneri restaient sur une victoire 5-1 en Europa League et 0-0 face au Torino, le contenu indigeste des prestations milanaises a incité les dirigeants à passer à l’action. Toutefois, le choix du nouvel entraîneur peut interpeller voire inquiéter les tifosi malgré une coté d’amour élevée pour le joueur qu’il était. Zoom sur le nouvel homme fort de l’AC Milan.

Coach depuis 2014, Gattuso n'a jamais remporté le moindre trophée dans sa carrière sur le banc. Photo by Loris Roselli/NurPhoto).
Coach depuis 2014, Gattuso n’a jamais remporté le moindre trophée dans sa carrière sur le banc. Photo by Loris Roselli/NurPhoto).

13 ans de vie commune

Durant 13 saisons, Gennaro Ivan Gattuso a porté le maillot rouge et noir. Pendant ces 13 années, il est devenu un homme, un joueur reconnu et un champion hors normes. Célèbre pour ses excès d’engagement ou de physique, il ne peut pas pour autant être juste résumé à ces caractéristiques. Vrai leader sur le terrain, il ne s’est jamais pris pour un technicien du ballon rond. Se concentrant sur sa tache de milieu défensif, il a symbolisé à merveille la période dorée milanaise des années 2000. Complément idéal d’Andrea Pirlo et vainqueur de la Coupe du Monde 2006, Gattuso a terminé sa carrière de joueur à l’AC Milan, le 13 mai 2012 contre Novara à San Siro. Soit 466 matchs officiels. Une éternité…

Une fin de carrière étrange

Après l’histoire d’amour milanaise, Gattuso choisit de faire un dernier contrat en Suisse, au FC Sion plus particulièrement. Dans le club du bouillant président Christian Constantin, le calabrais de naissance va jouer 20 matchs comme joueur de l’effectif. Mais au soir d’une défaite 4-0 face au FC Thoune, le coach Victor Munoz est licencié. Flairant le bon coup, le président nomme Gattuso… entraineur-joueur. Si l’idée pouvait paraître séduisante sur le papier, très vite les choses ont mal tourné. Défaits face au FC Zurich pour son premier match officiel dans sa nouvelle fonction, Gattuso coachera officiellement comme entraîneur joueur à 12 reprises. Avec 3 victoires et 4 nuls et 5 défaites puis une rupture au talon d’Achille en fin de saison, le FC Sion terminera 6eme et Gattuso partira sans laisser de souvenir particulier.

Palermo, le gros échec

Sollicité par un autre président atypique, Gattuso décide de rejoindre la Sicile à l’été 2013. Avec Maurizio Zamparini aux manettes du Palermo, rien n’est définitif pour qui que ce soit. Grand consommateur de coachs, il a la particularité de licencier puis reprendre ses mêmes entraîneurs une ou plusieurs fois dans la saison. Cela a été le cas avec Francesco Guidolin, Davide Ballardini ou encore Beppe Iachini. Héritant d’une équipe compétitive pour la Serie B avec Dybala et Belotti notamment, il ne parvient pas à faire jouer correctement son équipe. Suite à deux défaites en quatre jours contre La Spezia et à Bari, il est viré par Zamparini à la fin septembre. Plus qu’un échec, cette expérience va constituer un coup d’arrêt pour la carrière de coach de Gennaro Gattuso car il va falloir attendre presque un an pour revoir sa tête sur un banc de touche.

La Grèce, pari raté

Après une période creuse, Gattuso décide de se replonger dans un projet bancal. A l’OFI Crète, il a les pleins pouvoirs mais la qualité de l’effectif n’est pas au rendez-vous. Sans véritable joueur de talent, le club d’Abdoulaye Meité ne parvient pas à décoller au classement. Après 17 matchs, l’OFI est dernier du classement avec seulement 5 victoires, 3 matchs nuls et 9 défaites. Logiquement Gattuso est renvoyé. Si le club descendra en fin de saison malgré le départ de l’Italien, cette expérience est encore considérée comme un echec pour Gattuso.

La Lega Pro B pour rebondir

Conscient de ses limites, Gattuso va retourner à la base. En Lega Pro, au troisième échelon national. A Pisa, il va enfin pouvoir trouver un défi à sa portée. Durant une saison complète, la méthode va fonctionner. Vainqueur du barrage pour l’accession en Serie B face à Foggia en fin de saison, il rempile pour un nouvel exercice à l’échelon supérieur. Mais une nouvelle fois, la difficulté va avoir raison de Gattuso. 21ème à l’issue de la saison 2016-2017, il ne pourra pas empêcher le club de redescendre en Lega Pro. Appelé par son club de cœur durant le dernier mercato, il avait pris en charge la Primavera milanaise depuis septembre avec un succès relatif (8 victoires en 12 matchs dont un 0-3 face à l’Inter).

Quel impact pour l’équipe actuelle ?

On vient de le voir, le bilan de Gattuso comme entraîneur n’incite pas à un optimisme déraisonné. Outre des passages manqués et un ratio global de 124 matchs dirigés pour 43 victoires, 41 nuls et 40 défaites, on ne voit pas comment Gattuso va trouver la réponse tactique pour relever les Rossoneri. Différent de Pippo Inzaghi et Clarence Seedorf venus coacher le club milanais comme anciens glorieux, il n’a pas le bagage tactique pour faire mieux jouer cette formation. Si le légendaire numéro 8 milanais peut redonner un supplément d’âme et une rage de vaincre à ses joueurs, il faut davantage pour remonter l’AC Milan vers le haut du classement. Passés par 23 schémas différents depuis le début de saison, les milanais sont complètement perdus sur le terrain. Plus qu’un motivateur, ils ont besoin d’un coach capable de les faire progresser individuellement et surtout collectivement. Tout sauf le profil de Gennaro Gattuso…

Si le bénéfice du doute doit être accordé pour le nouveau coach de l’AC Milan, peu d’observateurs voient en Gattuso, l’homme idoine pour s’inscrire dans la durée. Davantage pompier qu’architecte, il a néanmoins une belle carte à jouer. 7èmes de Serie A et qualifiés pour les 16èmes de finale de l’Europa League, les Rossoneri peuvent encore remonter la pente et sauver leur saison. A condition que le nouvel homme fort du projet milanais trouve rapidement sa vitesse de croisière. Sinon la chute pourra se révéler plus dure que prévue pour tout le monde…

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