Gareth Bale, l'homme qui devait changer le Real

Treize. C’est le nombre de fois où Gareth Bale a foulé la pelouse cette saison. L’ailier gallois n’a participé qu’à la moitié des rencontres de son club et constate avec tristesse les pâles performances de sa Maison Blanche.Pourtant, avec six buts et cinq passes décisives, il semble être un atout majeur du Real. Jusqu’à changer son visage ?

Depuis son banc, il ne peut que constater. Voilà près de deux ans que Bale n’est devenu qu’un joueur lambda, tantôt étincelant, tantôt éteint. Ces deux dernières saisons, il n’a disputé que 26 matchs, soit la moitié quasi exacte de sa saison la plus prolifique sous le maillot madrilène en 2014-2015. Ce maillot, il le porte depuis cinq hivers désormais. Pourtant, ce même maillot, il l’arbore de moins en moins, à son grand désarrois. Il semble même avoir perdu sa place de titulaire au profit d’une génération espagnole brillante qui s’implante dans le vestiaire de Zinédine Zidane. Non pas à cause de ses performances, raisonnablement correctes, mais plutôt pour son irrégularité.

L'ailier gallois peut-il être le facteur X du Real Madrid cette saison ? / AFP PHOTO / PIERRE-PHILIPPE MARCOU
L’ailier gallois peut-il être le facteur X du Real Madrid cette saison ? / AFP PHOTO / PIERRE-PHILIPPE MARCOU

L’enfant prodige ou prodigue ?

Alors âgé de 23 ans, le Gallois qui fait les beaux jours de Tottenham débarque en Espagne avec, au dos, l’étiquette du “joueur le plus cher du monde”. Bien loin d’être intimidé, il inscrit 23 buts et délivre 19 passes décisives pour boucler un premier exercice éblouissant. Très vite, il s’impose même comme l’homme de l’après-Messi/Ronaldo. Après une seconde saison prometteuse, Gareth Bale explose en 2016 avec 24 réalisations, 14 passes décisives en 40 matchs. Pour l’Euro, il porte ses coéquipiers et emmène le Pays de Galle en demi-finale. Brillant. Et tellement brillant qu’il réussit là à se placer à la sixième place du ballon d’or. Sa meilleure performance.

Pourtant, un an plus tard, Gareth Bale n’est même pas convié à la cérémonie. Avec 27 matchs sous le maillot du Real l’an passé, il est évincé lentement du nouvel âge d’or du club merengue et du deuxième sacre continentale. Et si jusque-là le talent de l’international gallois justifiait son retour sur l’aile droite de la BBC, l’éclosion de plusieurs joyaux madrilènes l’ont gentiment poussé sur le banc. Lors de la finale à Cardiff contre la Juventus, l’ailier n’était apparu sur la pelouse qu’en seconde période, regardant le Real évoluer en 4-4-2 losange, avec un Isco rayonnant en milieu offensif. Il ne se muait plus qu’en super-joker, parfois décisif, parfois non. Marco Asensio, soucieux d’accroître son temps de jeu, a même bousculé le gallois dans la hiérarchie. Cette saison, alors que le Real Madrid se cherche encore, les cartes semblent redistribuées.

Aléatoires, les performances du Gallois, mêlées à ses nombreuses blessures, l'ont repoussées du onze type. / AFP PHOTO / GIUSEPPE CACACE
Aléatoires, les performances du Gallois, mêlées à ses nombreuses blessures, l’ont repoussées du onze type. / AFP PHOTO / GIUSEPPE CACACE

L’homme de la situation ?

18ème journée de Liga. Le Real Madrid se déplace au Celta Vigo avec dix-sept points de retard sur le leader barcelonais. Le Real va mal, terriblement mal, et le Real se fait peur. Mené au score, sa défense est inquiétante et la ligne offensive semble profondément ininspirée. L’étincelle vient néanmoins du gallois. En deux minutes, il bouleverse la hiérarchie du match, en inscrivant un doublé. Les hommes de Zinédine Zidane concèderont finalement le match nul, relayés à seize points des catalans. Et ce, malgré la bonne performance du Gallois, déjà buteur plus tôt dans la semaine en coupe.

A terme, la prestation de Gareth Bale n’est qu’une mince satisfaction pour le Real. Mais dans l’obscurité pesante qui plane au-dessus de la Maison Blanche, le tacticien madrilène pourrait bien s’en remettre à son joker de luxe. En attaque, le Real fait peur. Karim Benzema entame sa saison la plus noire de l’autre côté des Pyrénées tandis que Cristiano Ronaldo renvoie une image pâle, presque inquiétante. Au meilleur de sa forme, Gareth Bale se glisse sans aucun doute au milieu des meilleurs footballeurs de la planète. Incisif, percutant et efficace devant le but, il peut sceller définitivement le choix de composition de Zizou. Néanmoins, son irrégularité ne cesse d’inquiéter. Amputé par des blessures à n’en plus finir, essuyant rechute sur rechute, bien malin est celui qui pourra prédire la forme du Gallois à son entrée sur la pelouse. Pour la plus grande peine d’un Bernabeu qui attend toujours son nouveau héros.

A 28 ans, Gareth Bale peut-il encore s’offrir un podium du ballon d’or ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut