Football portugais, les secrets d'une réussite

L’image parle d’elle-même et résume parfaitement la situation. Absent du palmarès international, le football portugais est pourtant un symbole de réussite reconnu par la planète foot. Retour sur une gloire trop souvent oubliée.  

2197x1465xmourinho-cristiano-ronaldo-fight-the-best-ronaldo-chelsea-real-madrid.jpg.pagespeed.ic.jYSdcVYah5

Le Portugal dans l’oeil de Ronaldo et Mourinho

Quatrième coefficient UEFA ainsi que neuvième au classement FIFA, le Portugal respire le foot et le pratique avec un style inégalable. Là-bas, pas de places pour le physique, c’est la technique qui s’exprime. L’influence du peuple brésilien sur les Lusitaniens en est, certainement, la plus belle preuve possible. En effet, on dénombre seulement 54 % de joueurs portugais sur les 273 footballeurs évoluant dans la Liga zon Sagres (première division portugaise). Le deuxième pays le plus représenté est le Brésil qui, depuis maintenant un siècle, connaît un exil massif de ses joueurs vers le Portugal.

Outre la beauté du football proposé, le Portugal recense également deux des plus grandes personnalités footballistique. Cristiano Ronaldo sur le terrain et José Mourinho sur le banc. Le premier est, sans doute, le meilleur joueur au monde (avec Lionel Messi) et le second peut facilement prétendre au titre de meilleur entraîneur, bien qu’il soit contesté par beaucoup de ses compères. Néanmoins, il est difficile de ne pas placer le Special One sur le podium étant donné son incroyable succès. Connaissant sa première expérience de coach en 2000 avec Benfica. Malgré un maigre bilan (seulement onze match à la tête du club et six victoires à la clé), Mou’ est rempli d’ambitions. Alors que ses détracteurs remettent en cause son expérience, Mourinho déclarera :

C’est ma première expérience en tant qu’entraîneur mais j’ai été adjoint au sein des plus grands clubs auparavant (Sporting Lisbonne, Porto et Barcelone), travaillant avec les plus grands. Mon but ? Je veux gagner la Liga zon Sagres ainsi que le titre au sein des trois championnats les plus prestigieux (Espagne, Angleterre, Italie), la Ligue des Champions avec trois clubs différents et la Coupe du Monde avec le Portugal. Après cela, je pourrais dire que j’aurais réussi ma carrière. 

Il ne fallu pas longtemps pour cocher certains objectifs de la liste. En 2004, il gagna la Ligue des Champions avec le FC Porto ainsi que le championnat., un premier exploit qui allait le conduire à Chelsea en 2004 alors qu’il était plutôt pressenti à Liverpool. Bras droit d’Abramovitch, il remportera, en trois ans, plus de titres que tous ses prédécesseurs sur le banc des Blues avec deux titres de champion d’Angleterre, une Coupe d’Angleterre, deux Coupes de la Ligue et une supercoupe d’Angleterre. Le portugais se fera notamment une réputation d’homme sournois, narquois et arrogant. Il s’envola par la suite pour l’Italie où il marquera le renouveau européen de l’Inter Milan. Mourinho deviendra le premier entraîneur à effectuer le triplé (Coupe-Championnat-Ligue des Champions) avec un club italien.

José Mourinho, soulevant le prestigieux trophée en 2010
José Mourinho, soulevant le prestigieux trophée en 2010

Ensuite, c’est l’apogée au Real Madrid où, après une première saison difficile (malgré qu’il ai permis au Real d’atteindre sa première demi-finale de la Ligue des Champions depuis huit ans), il remporta le titre d’Espagne avec plus de cent points, détrônant ainsi l’invincible Barcelona de Guardiola, qui avait effectué le sextuplé lors de la dernière saison. Mourinho est l’entraîneur ayant inscrit le plus de points dans l’histoire de la Liga et est devenu le premier entraîneur à remporter le championnat dans les trois plus grandes compétitions nationales (Italie, Espagne, Angleterre).

Le Portugal, pays exportateur ? 

Avec une valeur marchande de plus de 800 millions d’euros, le championnat portugais est réputé pour être un grand exportateurs de talents et à ne pas rechigner quant il s’agit de demander une somme exorbitante pour une de ses pépites. le symbole de cette philosophie est sans nulle doute le FC Porto. Depuis l’époque de Mourinho, les Dragoes ne cessent de recruter de jeunes joueurs prometteurs (et en particulier des attaquants) pour les revendre à des montants vertigineux. Une institution de vaches à lait qui a permis au club portugais d’engranger pas moins de 440 millions d’euros pour 15 joueurs (James Rodriguez, Hulk, Falcao, Anderson, Pepe, Carvalho, Joao Moutinho, Lucho, Quaresma, Lisandro, Bruno Alves, Deco, Bosingwa, Paulo Ferreira et Mangala, le dernier en date). Quand on sait que des joueurs tels que Maniche, Guarin, Meireles, Iturbe, … n’ont pas été pris en compte…

Eliaquim Mangala est le troisième joueur le plus cher (le premier défenseur) que Porto a vendu.
Eliaquim Mangala est le troisième joueur le plus cher (le premier défenseur) que Porto a vendu.

Mais Porto n’est pas le seul club à s’en être mis plein les poches grâce à cette stratégie. En effet, Benfica a également beaucoup vendu durant ces dernières années avec 258 millions d’euros récupérés pour leurs dix plus grosses ventes (Witsel, Di Maria, Coentrao, David Luiz, Markovic, Matic, Ramires, Javi Garcia, Simao, Oblak). Dans un troisième temps, l’autre club de Lisbonne, le Sporting, a vendu son top 5 pour 84 millions d’euros (Rojo, Nani, Cristiano Ronaldo, Moutinho, van Wolfswinkel).

Parmi tous les acheteurs, la destination préférée des joueurs semble être l’Angleterre avec quatorze arrivées (dont six à Chelsea) ainsi que l’Espagne avec sept transferts.

Une philosophie qui fonctionne

Cette philosophie particulière semble, de plus, être le point d’engrenage de la réussite du football portugais en Europe. Il est vrai que la réputation du championnat portugais n’a fait qu’augmenter avec le temps et, dès lors, nombreux sont les footballeurs souhaitant s’exiler au Portugal afin d’être revendu plus cher et de lancer, définitivement, leur carrière. Grâce à ce côté attractif, les Lusitaniens ont la côte en Europe avec cinq clubs représentés (trois en C1 et deux en C3). De plus, au delà de participer, ils triomphent puisque des clubs tels que Benfica et Porto sont souvent présent dans les derniers tours de l’Europa League voire de la Ligue des Champions avec, même, des succès en 1961 et 1962 pour Benfica et 1984, 2004 pour Porto dans la plus prestigieuse des compétitions européennes.

Le FC Porto lors du titre en Ligue des Champions en  2004
Le FC Porto lors du titre en Ligue des Champions en 2004

Qui seront les prochains Falcao, Hulk, Di Maria,… ?

Mais alors, la question que l’on pourrait se poser est la suivante :

” Qui sera la prochaine pépite à sortir de la Liga Sagres pour un prix exorbitant ? “

Il est difficile de mettre un seul nom sur cette description. De fait, ce championnat regorge de talents. Citons, par exemple, Brahimi, Jackson Martinez, Alex Sandro, Danilo, Gaitan, Salvio, Enzo Pérez, William Carvalho, Adrien Silva. De futurs talents certes néanmoins, une disparité se cache derrière tous ces noms. En effet, seuls les deux derniers sont portugais. Une nouvelle preuve de la forte concentration de joueurs sud-américains!

Pour l’heure, on vous laisse le soin des pronostics et ces quelques vidéos pour vous aider à élire votre chouchou !

Jackson Martinez


 

Yacine Brahimi 

 

 Nicolas Gaitan


 
 

Un modèle pour la France, mais..

Tout ce respect et cette réussite envisagerait un modèle de référence pour la Ligue 1, seulement septième au coefficient UEFA et dont les dépenses flirtent avec les recettes du championnat portugais. Pourtant, il semble que le championnat français se veut plus attractif et côtoyant. En effet, malgré la domination nette du PSG, la Ligue 1 compte de jolis noms où la rivalité est de rigueur et de mise. Un Marseille – Lyon est, certes, plus attrayant qu’un Porto – Braga, un signe expressif d’un manque transcendant de compétition au Portugal. Le championnat est dominé par Benfica, Porto et le Sporting et ne compte que très peu de clubs pouvant rivaliser avec ces-derniers.

Et la sélection dans tout ça ? 

Pour finir, un autre soucis que connais la Selecao est la continuité internationale. Les portugais n’ont connu qu’une seule finale sur toutes les Coupe du Monde et Euro auxquels ils ont participé. Trop peu pour une équipe emmené par un certain Cristiano Ronaldo. Après un bel Euro 2004 sur ses terres et une excellente Coupe du Monde 2006, les portugais sont tombés dans un cruel déficit de niveau de jeu à tel point que la nation ne semble plus être reconnue comme une grande nation de football. Selon certains spécialistes, Fernando Santos, le sélectionneur portugais, aurait même du soucis à se faire quant aux éliminatoires de l’Euro 2016 puisqu’il ne compte que trois points sur six dans un groupe qui ne s’annonce pas des plus évidents..

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut