Fiorentina : quand les Bleus voient la vie en violet !

À l’occasion de la 17ème journée de Série A, la Fiorentina (dixième avec 22 points) reçoit ce dimanche après-midi le Genoa (seizième avec treize points). Déjà distancés dans la course au titre (à vingt points de Naples avant ce match), les joueurs de la Viola n’ont pas le choix et vont devoir s’imposer devant leur public pour rattraper le wagon européen. À l’image de leur victoire 3-2 sur la Sampdoria de Gênes en Coupe cette semaine conclut par un doublé du Français Jordan Veretout, les tricolores vivent la Dolce Vita à Florence. Ils sont pas moins de quatre à porter la tunique violette cette saison. Décryptage de cette colonie Bleue.

Fiorentina's defender Vincent Laurini (C) from France plays with teammates Fiorentina's midfielder from France Valentin Eysseric (L) and Fiorentina's forward from France Cyril Thereau (R) during an interview with AFP journalist on November 10, 2017 at Fiorentina's training camp in Florence. / AFP PHOTO / Vincenzo PINTO
Vincent Laurini, Valentin Eysseric et Cyril Théreau se régalent avec la Fiorentina / AFP PHOTO / Vincenzo PINTO

Jordan Veretout, Valentin Eysseric, Cyril Théreau et Vincent Laurini. Voici le gang des Frenchies qui a posé ses valises de l’autre côté des Alpes. Arrivés pour la plupart cet été, ces joueurs vont tenter de se relancer dans un club familial et compétitif. En plus de s’épanouir dans un environnement nouveau, réussir à la Fiorentina serait un beau pari pour eux, et une très belle revanche.

Cyril Théreau – Le Patriarche

Il est le joueur le plus âgé de l’effectif Florentin. À 34 ans, Théreau connaît bien l’Italie. Il y évolue depuis 2010. Arrivé cet été, il a d’abord fait pendant quatre ans les beaux jours du Chievo Verone (trente buts en 128 matches), puis ceux de l’Udinese (40 buts en 113 matches). Avec la Fio, il totalise déjà cette saison sept buts et quatre passes décisives, en quatorze apparitions ! Ce joueur, très peu connu en France, a un parcours atypique. Ayant débuté en 2001 en France à Gap, puis après des expériences à Orléans (CFA) et Angers (Ligue 2), il a tenté sa chance en Belgique (Charleroi, Anderlecht) et en Roumanie (Steaua Bucarest) !

Réalisant la plupart du temps de bonnes performances dans les clubs où il a joué, il a notamment participé à la Ligue des Champions avec le Steaua en 2006/2007, terminant second meilleur buteur du club cette saison là. Ou encore deuxième meilleur buteur de la Jupiler Pro League avec Charleroi en 2010. Celui qui a inscrit plus de but que Platini en Série A (ah oui quand même), peut continuer à faire les beaux jours de la Fio encore un petit moment.

Le joueur explique : “en 2012, j’ai été vraiment proche de signer, et j’ai toujours aimé venir jouer ici. Ça a toujours été une équipe qui jouait bien au ballon, le stade toujours bouillant, la pelouse toujours parfaite, le violet du maillot. Cela m’a toujours plu. Ça aurait été un gros regret de ne pas signer dans un club comme ça.” Après tout, 34 ans c’est encore tout jeune en Italie !

Vincent Laurini – Le plus italien

Il n’y a qu’à prononcer son nom pour se rendre compte que ce n’est finalement pas un hasard si ce Français évolue de l’autre côté des Alpes. À 28 ans, le latéral droit à la double nationalité. Arrivé également cet été en prêt avec option d’achat en provenance d’Empoli, il connaît bien l’Italie. Auteur d’une passe décisive cette saison en dix apparitions, Vincent Laurini a rapidement quitté la France. Après s’être fait renvoyer du centre de formation de Metz, l’histoire se répète à Sedan. Le défenseur voit se fermer les portes devant lui en raison d’un physique qui ne correspond pas.

Il tente alors sa chance en Italie, où il rejoint sa famille du coté de son père. Il tente un essai en National 2, à Gubbio. Mais toujours rien. À l’été 2008, il est finalement accepté dans le club de sixième division de Fossombrone, grâce notamment à son passif de mannequin (le club appartient à un styliste belge, qui avait fait des photos de Laurini dans le passé !). Il remporte le championnat local et est promu en Série D. Après 54 apparitions, il signe deux ans plus tard à Carpi, où il évolue en Série C. Le club finit premier de la Ligue Pro Deuxième Division.

Son ascension folle continue à l’été 2012, lorsqu’il est acheté par Empoli. Il découvre alors la Série B, puis la Série A ! Six échelons gravit en six ans ! “Dès mon deuxième match, je joue contre le Milan AC. Moi qui suis milaniste depuis toujours, j’ai vraiment pris conscience du truc. C’était impensable. Je voyais le maillot du Milan à côté de moi mais je n’y croyais pas.” Relégué en Série B, c’est logiquement que la Fiorentina a sauté sur l’occasion cet été. “Aujourd’hui je me sens plus Italien. J’ai acheté une maison ici, ma fiancée est italienne. Je pense m’établir ici après ma carrière.”

Valentin Eysseric – À la relance

À l’image de ses deux précédents compatriotes, l’ancien Niçois a un parcours tumultueux, à seulement 25 ans. Le numéro dix de la Viola n’a pas réussi à s’imposer à Nice malgré quatre buts et huit passes décisives en 33 apparitions la saison dernière. C’est un peu une constante du parcours du joueur né à Aix-en-Provence. Espoir du foot français, formé à l’AS Monaco, Eysseric n’a jamais réussi à convaincre là où il est passé, que ce soit à Monaco, Nice ou Saint-Etienne.

Cette saison, il a joué douze matches. Souvent décrié pour un comportement impulsif, cela l’a souvent freiné dans son ascension. Espérons pour lui que cette saison en Italie sera celle de la révélation et de la maturité. Ce transfert à la Fiorentina est une excellente opportunité de repartir de l’avant. Avec le numéro 10 sur ses épaules, croisons les doigts pour qu’il ne se mette pas trop la pression.

Jordan Veretout – La bonne pioche

Parmi les joueurs les plus utilisés par Stefano Pioli cette saison, l’ancien Stéphanois a déjà joué 17 matches, pour cinq buts et une passe décisive. Le joueur de 24 ans va tenter de se relancer après une expérience chez les Verts peu concluante. Après de bonnes performances à Nantes lors de la saison 2014/2015, le Français est transféré à Aston Villa à l’été 2015 contre dix millions d’euros ! Mais, à l’image de beaucoup de Français qui tentent l’expérience anglaise au lieu de confirmer en France, il se brûle les ailes.

Il est prêté à Saint-Etienne pour la saison 2017/2017, avec le résultat que l’on connaît. Aujourd’hui titulaire indiscutable à la Fiorentina, cela semble être un nouveau départ pour l’ancien Canari. Celui qui avait remporté la Coupe du Monde U20 en 2013 avec les Pogba, Thauvin ou Kondogbia, a réalisé une première partie de saison à la hauteur des attentes placées en lui ! “Avoir déjà connu une expérience à l’étranger, ça m’aide. Mais sur le terrain, je m’y retrouve aussi. Le jeu ici est plus adapté pour moi qu’en Angleterre.”

Théophile Rémon

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