Fervents partisans de l’arbitrage vidéo, les Français se sont fait finalement avoir à leur propre jeu

Michel Platini, lorsqu’il était président de l’UEFA, était résolument contre l’arbitrage vidéo. À la différence du peuple de France qui était majoritairement pour. Comme l’a montré un sondage Europe 1 qui date de 2009, 79 % des Français se montraient favorables à l’arbitrage vidéo. L’ex-international français s’en est allé sur des allégations de corruption et son remplaçant, Gianni Infantino, a décidé d’accélérer la machine quant à la vidéo.

Les tests grandeur nature ont commencé depuis décembre 2016. Durant le mois de mars 2017, il s’est immiscé dans le match France-Espagne et a fait des dégâts. Les Bleus se sont inclinés face à l’Espagne (0-2) et deux buts ont été accordé après une fausse joie des Français. Que les choses soient claires, les nombreux parieurs qui ont placé les bonus et les codes promo comme celui de Bwin sur une victoire de la France doivent être bien malheureux.

Rétrospective des phases de test de l’arbitrage vidéo

Pour être honnête, on ne savait pas trop où en étaient les tests ni même si l’arbitrage vidéo était vraiment efficace. Maintenant, le public du stade de France le sait. Au cours de l’année 2016, des tests « hors lignes » ont été organisés dans les championnats australiens, allemands, brésiliens, américains ainsi que dans certaines coupes nationales. Ils avaient pour but de former les équipes et de se familiariser avec les outils.

C’est à la Coupe du Monde des clubs en décembre 2016 au Japon que le premier véritable test a été fait. Au cours de l’année 2017, il a été élargi à certains matchs amicaux internationaux. L’International Board (IFAB) n’a pas encore pris de décision finale quant à sa promulgation officielle, mais il se murmure que Gianni Infantino voudrait que l’arbitrage vidéo soit partie intégrante de la Coupe du Monde 2018 en Russie.

Felix Zwayer et son escouade chargés d’arbitrer France-Espagne

L’arbitre allemand, les juges de ligne, le quatrième arbitre et les deux assistants vidéo étaient en charge d’assurer le bon déroulement de la partie au Stade de France. Les assistants vidéo, qui étaient placés dans un car-régie sous les tribunes, ont reçu et analysé les bandes des diffuseurs français et espagnols. Du côté français, il y avait 15 caméras et du côté espagnol, 8.

Concrètement, Monsieur Zwayer ne pouvait demander aux assistants l’aide de la vidéo que dans 4 cas de figure :

  • Après un but
  • Identité d’un joueur qui a reçu une sanction
  • Pénalty
  • Carton rouge direct

Le protocole mis en place par l’IFAB doit limiter au minimum les interactions avec le jeu. Le but de la vidéo est de juger si oui ou non la décision de l’arbitre est la bonne. Durant France-Espagne, la vidéo pouvait être demandée par Felix Zwayer ou l’un de ses assistants.

France-Espagne, une première qui restera dans les mémoires

Après une première mi-temps stérile, les Bleus ont ouvert le score à la 48ème minute. Griezmann, à la réception d’une remise de la tête signée Kurzawa, trompe le portier de la Roja. Monsieur Zwayer valide le but. Les Bleus exultent. Mais, deux minutes plus tard, les assistants avertissent l’arbitre principal que Kurzawa était hors-jeu. En effet, les bandes sont formelles. Coup de massue pour les Bleus.

Pire, à dix minutes de la fin de la partie, Delofeu marque un but, mais l’arbitre assistant lève son drapeau. À ce moment-là, les Espagnols menaient 0-1 à la suite d’un penalty transformé par David Silva quelques minutes auparavant. L’arbitre demande la vidéo. Ses assistants lui disent dans l’oreillette que Delofeu n’était pas hors-jeu. Deuxième coup de bambou. Nul doute que cette rencontre rentrera dans l’histoire des France-Espagne.

Quelle conclusion peut-on donner quant à l’arbitrage vidéo ?

Sans l’arbitrage vidéo, il est clair que les Bleus auraient sans doute au moins fait match nul. Mais la partie aurait été entachée d’irrégularités. La vidéo sera mise en place, quoi qu’en pensent les joueurs et les entraîneurs. Il faut donc s’y faire. Comme l’a dit Tiémoué Bakayoko : « C’est une bonne chose (la vidéo), ça évite les inégalités. Aujourd’hui, c’est contre nous, mais ça enlève les inégalités ». Sous-entendu : il y aura des fois où la France sera avantagée.

Le seul problème de la vidéo est en réalité le timing. Vous marquez, vous célébrez et deux minutes après, on vient vous dire que le but n’est pas valide. Ça met un gros coup derrière la tête. C’est en tout cas l’avis de Didier Deschamps : « Si la décision était tombée après quinze vingt secondes, on aurait été déçu d’avoir pris un but, mais on serait passé à autre chose, mais là deux minutes… Je suis pour quand même la vidéo ». Pour autant, ne nous cachons pas derrière notre petit doigt. L’équipe alignée au stade de France était largement expérimentale, très jeune, et a craqué face à une équipe espagnole qui est sur la pente ascendante. Pas de quoi crier au loup.

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