Euro 2016 : La Roumanie sera-t-elle la grande surprise de ce tournoi?

L’Euro 2016 arrive à grands pas ! Et pour vous y préparer au mieux, La Beauté du Football vous propose de dresser un portrait de chacun des trois futurs adversaires de l’équipe de France ! Aujourd’hui, nous vous invitons à découvrir l’équipe de Roumanie, premier adversaire des Bleus.

Roumanie-Amical

Histoire

L’équipe nationale roumaine entretient, depuis toujours, une étroite relation avec l’équipe de France. En effet, alors qu’ils sont parvenus à se qualifier aux trois premières éditions de la Coupe du Monde, les Roumains ont dû attendre 1984 pour participer à leur premier Championnat d’Europe dont l’édition en question se déroulait… en France. Douze ans plus tard, tandis qu’elle sortait d’une excellente Coupe du Monde (éliminée en 1/4 de finale contre la Suède, 1994), la Roumanie se qualifiait pour un nouvel Euro avec, à sa tête, le sélectionneur actuel, Anghel Iordanescu. Pour leur premier match, les Roumains étaient opposés à l’équipe de France d’un certain Didier Deschamps, alors capitaine d’une équipe se préparant à réaliser l’exploit d’un sacre mondial deux ans plus tard. Eliminée en phase de poules sans le moindre petit point, les Tricolorii retenteront leur chance quatre ans plus tard lors de l’édition 2000 se déroulant en Belgique et aux Pays-Bas. Versé dans le groupe de la mort en compagnie du Portugal, de l’Angleterre et de l’Allemagne, les Roumains créeront l’exploit un mardi 20 juin, au sein de la ville la moins romantique d’Europe, Charleroi.

Nous sommes au Stade du Pays de Charleroi. L’Angleterre de Kevin Keegan affronte la Roumanie d’Emeric Ienei dans un match décisif à la qualification pour les 1/4 de final. L’autre match oppose le Portugal à l’Allemagne dans le chaudron de Rotterdam. Le Portugal mène alors la danse avec 6 points, suivi par l’Angleterre (3 points). La Roumanie et l’Allemagne partagent, quant à eux, la dernière place avec une seule unité. Malgré une excellente entame de match qui permis à Christian Chivu d’ouvrir la marque après 22 minutes de jeu, les Roumains se feront surprendre en toute fin de première mi-temps par le réalisme anglais. Tout d’abord, via un penalty de l’inévitable Alan Shearer à la 41e minute. Ensuite, c’est Michael Owen qui, à peine âgé de 20 ans, trompera  la vigilance de la défense roumaine afin d’inscrire le deuxième but anglais, mettant également un terme à la première mi-temps de ce match spectaculaire. Au retour des vestiaires, c’est une Roumanie transcendée que l’on retrouve sur le terrain. Alors que l’on joue depuis seulement 3 minutes, Dorinel Munteanu décroche une frappe à l’entrée de la surface de réparation, profitant d’une mauvaise sortie du portier anglais pour égaliser et redonner, ainsi, de l’espoir au peuple roumain. En toute fin de match, Adrian Mutu, en qui certains voyaient déjà la renaissance de l’illustre Gheorghe Hagi, profite d’une ouverture pour s’infiltrer depuis le couloir gauche de Phil Neville jusqu’à la surface de réparation. Déséquilibré par le défenseur de Manchester United, le jeune prodige s’écroule, finissant à Carpates dans le grand rectangle. L’arbitre suisse ne bronche pas et accorde un penalty qui s’avérera victorieux pour les Tricolorii. Le banc roumain est déchaîné, les joueurs tiennent leur deuxième exploit après 1994. Une épopée historique qui se finira, malheureusement, au tour suivant contre des Italiens qui, fort de leur invincibilité du moment, se voyaient déjà en haut de l’affiche.

Huit ans plus tard, Emeric Ienei laissa sa place à Victor Piturca qui, versé à nouveau dans le groupe de la mort, ne put rééditer l’exploit d’une qualification. En effet, malgré deux matchs nuls intéressants contre la France et l’Italie, la Roumanie ne parvint pas à vaincre les Pays-Bas lors de la dernière journée ce qui scella leur sort au sein de la compétition.

Le 10 juin 2016, la Roumanie affrontera l’équipe de France pour la troisième fois en Championnat d’Europe, vingt ans jour pour jour après leur première confrontation. De belles retrouvailles qui s’annoncent déjà électriques.

La Roumanie à l’Euro :

13 matchs

1 victoire

4 nuls

8 défaites

8 buts inscrits

17 buts encaissés

Parcours de qualification

Reconnue pour être une équipe dotée d’une discipline tactique irréprochable, la Roumanie a terminée deuxième de son groupe de qualification avec un total de 20 points. C’est tout juste une unité de moins que  la surprenante Irlande du Nord, première du groupe. Invaincue durant toute la campagne de qualification, la Roumanie a également le titre très honorifique de meilleure défense des qualifications avec seulement deux buts encaissés. En contrepartie de cette belle performance, les Roumains ont eu beaucoup de mal à faire trembler les filets. En résume parfaitement leur bilan en attaque : à peine 11 buts marqués, soit un seul par match en moyenne. Ce n’est pas pour rien qu’aucun joueur roumain n’a jamais réussi à inscrire plus d’un but dans un même Championnat d’Europe. Néanmoins, la sélection roumaine n’a connu que deux défaites depuis 2014. La première est survenue au cours d’un match amical contre l’Algérie (1-2) en juin 2014 alors que la seconde s’est manifestée contre l’Ukraine (3-4) en mai dernier. Le reste de leur parcours n’est qu’une alternance entre victoire et match nul. Rajoutons à cela des matchs nuls contre l’Italie et l’Espagne et il est assez facile de comprendre que la Roumanie ne se présentera pas à cette compétition telle un oiseau pour le chat. L’ensemble de ces bons résultats a permis à la sélection d’Anghel Iordanescu de figurer 22e au dernier classement FIFA là où elle était encore 56e en 2011.

La Roumanie n’a, néanmoins, pas rassuré ses supportes durant leur stage de préparation. En effet, les Roumains ont partagé contre le Congo (1-1) avant de s’incliner contre l’Ukraine dans un match fou. Mené 1-0 durant une bonne partie de la première mi-temps, les Ukrainiens sont parvenus à inverser a tendance en inscrivant quatre buts à leurs adversaires en seulement 15 minutes de jeu (ce qui est plutôt rare). C’est que lors du dernier quart d’heure que l’équipe du pays de Dracula s’est réveillée afin de réduire le score à 3-4. Enfin, pour leur dernier match de préparation, les futurs adversaires des Bleus se sont imposés facilement face à la Géorgie sur le score de 5-1.

Le groupe

Romania-11

Regroupé dans un 4-2-3-1 des plus rigides, la Roumanie se repose sur un jeu de contre-attaques rapides se basant sur une stabilité défensive digne des plus grandes forteresses. Au but, nous retrouvons Ciprian Tatarusanu (Fiorentina/ITA) qui a participé à neuf des dix matchs de qualification. Costel Pantilimon (Watford/ANG) et Silviu Lung (Astra) sont ses doublures. Devant lui, c’est un mur jaune qui se dresse. Cristian Sapunaru (Pandurii) profite de la méforme de Paul Papp avec le Steaua Bucarest pour gagner sa place de titulaire à droite tandis qu’à gauche, c’est le capitaine, Razvan Rat (Rayo Vallecano/ESP). Le joueur de 34 ans n’a loupé qu’un match de qualification et reste d’une importance capitale pour la sélection. Dans l’axe, on retrouve Vlad Chiriches (Naples/ITA) et Dragos Grigore (Al-Sailiya/QAT). Ils ont, tous deux, joué les 900 minutes des qualifications et seront épaulés par Cosmin Moti (Ludogorets/BUL) et Valerica Gaman (Astra) alors que Alexandru Matel (Dinamo Zagreb/CRO) et Steliano Filip (Dinamo Bucarest) seront les doublures respectives de l’arrière garde latérale droite et gauche.

Au milieu, Mihai Pintilii (Steaua Bucarest) et Ovidiu Hoban (Hapoel Béer Sheva/ISR) auront à coeur de bloquer les attaques adverses afin de relancer rapidement sur les joueurs créatifs que sont Gabriel Torje (Osmanlispor/TUR), Bogdan Stancu (Genclerbirligi/TUR) et Nicolae Stanciu (Steaua Bucarest). Ce-dernier a fêté ses débuts avec la sélection en mars dernier et aura pour rôle de soutenir offensivement l’attaquant principal qu’est Claudiu Keseru (Ludogorets/BUL)Agé de 30 ans, Keseru a évolué en France de 2003 à 2013 où il a été le coéquipier de Dimitri Payet à Nantes entre 2005 et 2007 et d’Olivier Giroud à Tours lors de la saison 2008/2009. Lors du prochain Championnat d’Europe, il sera en compétition avec Denis Alibec (Astra) et Florin Andone (Cordoba/ESP). Bogdan Stancu est également un attaquant mais il semble être préféré à gauche où il entre en concurrence direct avec les ailiers que sont Adrian Popa et Alexandru Chipciu (tous deux au Steaua Bucarest). Anghel Iordanescu pourrait même s’offrir le luxe de jouer avec un milieu de terrain supplémentaire en comptant sur Andrei Prepelita (Ludogorets/BUL) et le vétéran Lucian Sanmartean (Al-Ittihad/KSA).

Le sélectionneur

Il a été nommé Coach du Siècle par la fédération roumaine pour avoir mené l’équipe nationale en 1/4 de finale de la Coupe du Monde 1994. Quatre ans plus tard, il réédite un petit exploit en qualifiant la Roumanie pour les 1/8 de finales de la Coupe du Monde 1998. Après cela, il fit des courts passages en Grèce, Arabie Saoudite, Roumanie et Emirats Arabes Unis avant de revenir finalement sur le banc de la sélection nationale entre 2002 et 2004. En ne parvenant pas à qualifier la Roumanie pour l’Euro 2004, il pris congé du sport pour entrer en politique mais la ferveur nationale le rappela à son poste dix ans plus tard, pour la troisième fois de sa carrière.

Anghel Iordanescu avec la Roumanie (matchs officiels) :

48 matchs

25 victoires

12 nuls

11 défaites

Notre pronostic

France – Roumanie (Défaite)

Roumanie – Suisse (Egalité)

Roumanie – Albanie (Victoire)

La Roumanie a toutes les qualités requises pour se faufiler à la troisième place du groupe A et, peut-être, espérer une qualification en huitième de finale. Avec un match qui s’annonce décisif contre la Suisse le 15 juin, la Roumanie pourrai

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut