Euro 2016 : A la fin, c'est eux qui gagnent, c'est eux la Mannschaft.

L’Euro 2016 arrive à grands pas! Et pour vous y préparer au mieux, La Beauté Du Football vous propose de dresser un portrait des meilleures équipes de cette compétition prestigieuse! Aujourd’hui, nous vous invitons à découvrir l’équipe nationale allemande, championne du monde en titre et tête de liste du groupe C.

Germany
 
 

Histoire

C’est probablement ce qui se fait de mieux au niveau européen. Trois titres de Champion d’Europe pour quatre titres de Champion du Monde.

L’Allemagne a participé aux éliminatoires des deux premiers Championnats d’Europe (1960-1964) sous l’appellation de l’Allemagne de l’Est sans toutefois s’y qualifier. Il fallut attendre l’édition suivante pour observer l’apparition de l’Allemagne de l’Ouest au sein des éliminatoires. Ne parvenant pas à se qualifier pour l’édition en question, la RFA réédita l’expérience quatre plus tard, décrochant leur premier succès européen aux dépends de l’URSS grâce, notamment, à un certain Gerd Müller, auteur de quatre des cinq buts inscrits par la formation allemande.

Lors de l’Euro 1976 se déroulant en Yougoslavie, l’Allemagne de l’Ouest parviendra, à nouveau, à atteindre à la finale de l’événement mais sera contrainte de laisser le titre à la Tchécoslovaquie suite à une cruelle séance de tirs aux but (2-2, 3-5). Toujours dans la foulée, la RFA se qualifia, au détriment de la RDA, pour le Championnat d’Europe 1980 afin d’y décrocher un deuxième succès. Les allemands se hisseront jusqu’en finale et vaincront leurs voisins belges grâce à un doublé de Horst Hrubesch (2-1). Ironique quand on sait que l’homme en question signera trois ans plus tard au Standard de Liège, club de d1…belge!

Après deux éditions où l’Allemagne de l’Ouest échouera en phase de groupe et en demi-finale (tandis que l’Allemagne de l’Est continuera à enchaîner les non-qualifications), l’Allemagne s’unifiera en 1989 suite à la chute du Mur de Berlin. C’est donc une seule et même entité allemande qui finira deuxième de l’Euro 1990 avant de connaitre un nouveau titre européen en 1996 ainsi que deux véritables naufrages lors des éditions 2000 et 2004.

Se réveillant d’entre les morts, l’Allemagne dut se contenter de la deuxième place en 2008 et d’une défaite frustrante en demi-finale de l’Euro ukraino-polonais 2012.

Désormais de retour au sommet, la Mannschaft compte bien ajouter un quatrième sacre à leur palmarès.

L’Allemagne à l’Euro :

43 matchs

23 victoires

10 nuls

10 défaites

65 buts marqués

45 buts encaissés

Parcours de qualification

Fraîchement couronnée de leur quatrième sacre mondial, l’équipe nationale allemande est vite retombée sur terre lors de leur défaite face à l’Argentine en Septembre 2014. Un véritable récital technique d’Angel Di Maria (3 passes décisives + un but) avait permis à l’Albiceleste de mener 0-4 après seulement 50 minutes de jeu pour finalement s’imposer 2-4 et prendre leur revanche sur la bande à Löw-Löw. Quatre jours plus tard, les quadruples champions du monde débutaient leur campagne qualificative pour l’Euro 2016 contre l’Ecosse en s’imposant 2 buts à 1 via un doublé de l’inévitable Thomas Müller. Un mois plus tard, les Allemands se rendaient en Pologne contre qui ils n’avaient jamais perdu en 18 rencontres. Mieux, sur ces 18 confrontations, la Mannschaft est sortie victorieuse à 12 reprises! Mais c’était sans compter la renaissance polonaise qu’Adam Nawalka était sur le point de mettre en place. Muni d’un duo d’attaque atteignant son paroxysme prolifique, les Aigles Blancs tenaient leur première victoire en 80 ans contre l’Allemagne! Alors quatrième de leur groupe, la Mannschaft fut accrochée par l’Irlande (1-1) quatre jours plus tard. Fort heureusement, le mois de Novembre s’annonçait plus joyeux avec des victoires contre Gibraltar (4-0) et l’Espagne (1-0, amical).

La deuxième partie des qualifications fut nettement mieux gérée au niveau des résultats. En 6 matchs, les Allemands savouraient par cinq fois le goût exquis de la victoire, s’assurant une nouvelle qualification continentale. Cependant, quelque chose clochait. L’Allemagne qui sortait premier de son groupe avec 22 points n’était pas la même Allemagne qui avait dominé le dernier mondial brésilien. Le jeu proposé diminuait en qualité, les victoires n’étaient plus éclatantes (2-0 et 2-1 vs Géorgie et 3-2 vs Ecosse) et les défaites s’enchaînaient (1-2 vs USA, 0-2 vs France et 0-1 vs Irlande). Assez pour démystifier cette équipe qui dramatisait encore le Brésil sur ses propres terres un an auparavant. Affaiblie par la perte de leur tendre capitaine Philipp Lahm et de leur meilleur buteur Miroslav Klose, la Mannschaft semblait inquiétée même de l’intérieure, en témoigne les nombreuses déclarations au sein du staff et des joueurs.

Nous avons énormément travaillé pour modifier notre style de jeu et nous en avons été récompensés lors du dernier Mondial mais nous devons continuer à progresser. (J.Löw)

Nous devons absolument améliorer la qualité de notre football sans quoi, nous n’aurons aucune chance à l’Euro. (S.Khedira)

Les résultats de 2016 continuaient sur cette mauvaise lancée à tel point que les Champions du Monde dégringolèrent du haut du podium à la cinquième place du Classement FIFA. Seul point positif, la victoire contre l’Italie (4-1). La première depuis 21 ans!

Joachim Löw avait prévu deux confrontations pour son équipe afin de la préparer pour cet Euro. Deux confrontations contre la Slovaquie et la Hongrie qui aurait dû redonner le sourire aux supporters allemands. Malheureusement, cet élan d’espoir se brisa net lorsque la Mannschaft s’avoua vaincu (pour la septième fois depuis leur triomphe à Rio) face à des Slovaques plus qu’impressionnant. Quelques jours plus tard, alors revenu dans un système traditionnel de 4-2-3-1, l’Allemagne s’imposa contre la Hongrie et clôtura son stage de préparation.

Le groupe

 

L’Allemagne part en France avec 13 des ses 23 Champions du Monde de 2014. Comme cela fut le cas au Brésil, la Mannschaft souffre d’un manque cruel de véritables arrières latéraux. Des 23 sélectionnés, seul Jonas Hector (Köln) en est un de formation. De fait, Löw a longtemps expérimenté des défenses à trois voire à cinq mais, n’ayant pas été convaincu, il ne devrait pas rééditer l’expérience. L’Allemagne devrait donc partir sur un 4-2-3-1 des plus classiques mais doté d’une flexibilité impressionnante.

Au but, Neuer (Bayern Münich) est indétrônable. Il est épaulé de Bernd Leno (Bayer Leverkusen) et Marc-André ter Stegen (Barcelone/ESP).

L’arrière-garde devrait être, comme à son habitude, constituée de trois arrières centraux pour un véritable latéral. Là où Löw pouvait encore compter sur Lahm au Brésil, il ne trouve, désormais, qu’en Jonas Hector, son seul défenseur latéral de métier. Ce-dernier devrait évoluer à gauche avec pour unique doublure Emre Can (Liverpool/ANG). Milieu central de formation, le protégé de Jürgen Klopp à Liverpool devra se contenter du rôle de soutien des deux latéraux même s’il pourrait décrocher une place de titulaire pour le premier match suite à la récente blessure d’Antonio Rüdiger. Désormais, la place se disputera entre Benedikt Höwedes (Schalke), Shokdran Mustafi (Valence/ESP), le remplaçant de Rüdiger Jonathan Tah (Bayer Leverkusen) et Emre Can. La charnière centrale devrait initialement se composer de Jérôme Boateng et Mats Hummels (tous deux Bayern Munich) mais l’ancien capitaine du BvB loupera le premier match ce qui pourrait donner un peu de crédit à Benedikt Höwedes dans l’axe de la défense.

Au milieu, Toni Kroos (Real Madrid/ESP) devrait être aligné au côté de Sami Khedira (Juventus/ITA) en attendant le rétablissement complet du capitaine Bastian Schweinsteiger (Manchester United/ANG). Joshua Kimmich alternera son rôle de soutien entre la ligne médiane et la charnière centrale tout comme au Bayern Munich. Julian Weigl, qui suite au départ d’Hummels au Bayern devient le seul représentant du Borussia Dortmund dans cette sélection, pourrait même gratter un peu de temps de jeu après une saison plus que satisfaisante. Thomas Müller (Bayern Munich) évoluera à son poste de prédilection en tant que milieu droit mais pourrait se retrouver plus souvent que prévu en pointe de l’attaque allemande. A ses côtés, Mesut Özil (Arsenal/ANG) compte bien illuminer la compétition de ses passes transcendantes. De l’autre côté, c’est un véritable dilemme auquel Joachim Löw est confronté depuis le forfait de Marco Reus. Soit il choisit de titulariser un deuxième milieu offensif de formation (voire troisième si l’on spécule sur le véritable rôle de Kroos) en la personne de Mario Götze (Bayern Munich), profitant ainsi des incursions de Götze vers l’axe pour libérer le couloir gauche à Hector et ainsi jouer avec son seul véritable attaquant qu’est Mario Gomez (Besiktas/TUR). Soit il place Götze en faux neuf, comme cela fut le cas lors des éliminatoires, offrant, dès lors, le côté gauche à un véritable ailier via Leroy Sané (Schalke) ou André Schürrle (Wolfsburg). Reste alors Julian Draxler (Wolfsburg) et Lukas Podolski (Galatasaray/TUR) qui devraient être les alternatives respectives de Mesut Özil et Mario Gomez.

Le sélectionneur

A 56 ans, Joachim Löw entame son cinquième grand tournoi avec la Mannschaft. Alors adjoint de Jürgen Klinsmann lors de la Coupe du Monde 2006 se déroulant sur les terres allemandes, Löw reprendra le flambeau laissé par son supérieur suite à l’élimination de l’Allemagne en demi-finale de ce même tournoi. Il devient, dès lors, le troisième sélectionneur allemand à ne pas avoir porté les couleurs nationales en tant que joueur. Löw effectuera de très bons débuts à la tête de la sélection allemande, emmenant même le pays pour sa première finale européenne depuis 1996. Malheureusement, l’ancien joueur et entraîneur de Stuttgart débutait son règne lorsque le football était à l’heure espagnole. C’était l’époque de la consécration du tiki-taka qui allait soulever le Barça et l’Espagne sur le toit de l’Europe. Löw échoua en finale de l’Euro 2008 contre l’Espagne avant d’heurter cette même équipe espagnole deux ans plus tard. Mais alors que les rôles semblaient s’inverser, la Roja confirma sa domination en éliminant les allemands via un coup de tête de l’inégalable Carles Puyol. L’Allemagne se rassura, tout de même, en décrochant la troisième place du tournoi, ce qui permis à Joachim Löw de prolonger son aventure de deux ans supplémentaires.

Après une campagne parfaite durant les éliminatoires de l’Euro 2012, l’Allemagne s’inclina aux portes de la finale face l’Italie (1-2) et repoussa, une fois de plus, ses rêves de grandeurs.

Ce n’est que lors du Mondial 2014 que la Nationalmannschaft atteindra l’apogée de son oeuvre. Finissant première de son groupe, la sélection allemande freina quelques peu la cadence en ayant recours aux prolongations pour éliminer une surprenante équipe d’Algérie. En quart de finale, les hommes de Löw éliminèrent l’équipe de France de Didier Deschamps (1-0) pour se hisser en demi-finale et, enfin, écrire l’histoire. Après avoir délibérément humilié le Brésil (7-1), l’Allemagne remporta la Coupe du Monde face à l’Argentine (1-0), offrant à Joachim Löw son premier titre avec la sélection. Grâce à ce succès, il remportera le prix du meilleur entraîneur de l’année, prolongeant également son contrat jusqu’en 2018.

Joachim Löw avec l’équipe d’Allemagne (matchs officiels) :

77 matchs

61 victoires

8 nuls

8 défaites

Notre pronostic

Allemagne – Ukraine (Victoire)

Allemagne – Pologne (Egalité)

Irlande du Nord – Allemagne (Victoire)

Malgré des éliminatoires en dents de scie, la Nationalmannschaft devrait, encore une fois, monter en puissance tout au long de ce tournoi, atteignant le dernier carré sans véritables encombres. Versée dans un groupe annoncé compliqué mais néanmoins abordable, la Mannschaft se devra vigilante face à des équipes telles que l’Ukraine et la Pologne qui pourraient bien jouer les rôles de troubles fêtes.

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