Dybala, la confirmation tardive

Arrivé à la Juventus depuis maintenant plus de deux saisons, Paulo Dybala est à un carrefour de son expérience italienne. Veritable joueur phare de la Juventus, l’Argentin doit définitivement prouver que sa carrière ne fait que débuter. Si le début de saison allait dans ce sens, la machine semble se gripper depuis un mois et demi. Simple passage à vide ou mal-être plus profond ?

A seulement 24 ans, Dybala totalise déjà 57 buts en Serie A pour 137 matchs. Credit Photo : AFP Photo
A seulement 24 ans, Dybala totalise déjà 57 buts en Serie A pour 137 matchs. Credit Photo : AFP Photo

Une cote élevée en Serie A

Débarqué de l’AC Cordoba en Primera B d’Argentine en 2012, le jeune Paulo va doucement mais sûrement apprendre les codes et particularités de la Serie A. Si sa première saison avec Palermo ne restera pas dans les mémoires (27 matchs, 3 buts et une descente en Serie B), le gamin né à Laguna Larga dans la province de Cordoba va continuer son apprentissage du haut niveau. L’année suivante, au cœur d’une formation fixée sur la remontée en Serie A, il va activement participer au titre de Serie B acquis à la mi-avril. Avec Andrea Belotti et Franco Vazquez, il symbolise la jeunesse gagnante des siciliens. Avec un moral regonflé à bloc, il attaque sa dernière saison avec les “Rosaneri” avec l’objectif de maintenir le club dans l’élite. 13 buts et 10 passes décisives plus tard, il affole les meilleurs clubs d’Italie…

L’apprentissage du haut niveau

Courtisé par la Juventus et l’AC Milan, l’Argentin opte pour la Vieille Dame. Si le projet sportif est plus ambitieux chez les Bianconeri turinois, l’effectif est garni donc les possibilités de jouer avec régularité plus difficiles à obtenir. Qu’importe, Paulo a une confiance importante en ses moyens. Avec Morata et Mandzukic, la Juventus est fournie en avant-centre. Afin d’incorporer au mieux son jeune talent, Allegri va devoir lui trouver une place. Buteur lors de sa première titularisation face à l’AS Roma, il va rapidement s’imposer comme le meilleur complément de l’attaquant de pointe. Auteur de 19 buts en Serie A, il arrive à ajouter 9 passes décisives à sa première saison dans un top club. Seul bémol, sa campagne de Champions League. Avec un seul but au compteur en sept matchs, le bilan est insuffisant. Toutefois, lorsqu’on sait que sa seule réalisation a été inscrite lors de l’exceptionnel Juventus-Bayern de février 2016, l’excuse de l’apprentissage était totalement recevable.

Une saison 2016-2017 étincelante

Après avoir ébloui l’Italie du Football de son talent, la “Joya” était attendue au tournant la saison dernière. Morata et Pogba partis, les dirigeants turinois ont opté pour recruter Higuain. Pouvant s’adapter aux caractéristiques de “Pipita”, Dybala devait être le pendant idéal du killer des surface qu’est Gonzalo Higuain. Et cela n’a pas manqué. Moins buteur et plus collectif, Paulo Dybala a moins scoré mais il a plus œuvré pour l’équipe. Si les statistiques restent élevées, on dénote tout de même un ratio moins impressionnant qu’en 2015-2016. Attendu en Champions League, le numéro 10 a livré le match qu’il fallait au moment parfait. En effet, son doublé inscrit face au Barça en quart de finale a littéralement assommé les catalans. Mais il a surtout démontré au grand jour que Dybala n’était pas un feu de paille, mais bien un des meilleurs joueurs du monde en puissance…

Un été compliqué

Sollicité de toutes parts (Barça, Real, Premier League etc…), Dybala n’a pas bougé. Le véto émis par le directeur sportif Marotta ajouté aux sommes astronomiques exigées par la Juventus ont refroidi les prétendants. Concentré sur la nouvelle saison de son club, Dybala semblait imperturbable. Son doublé inscrit en Supercoupe d’Italie abondait dans ce sens. Marchant sur l’eau, il ajoutera 10 buts en 6 journées de championnat avec 2 triplés face au Genoa et à Sassuolo. Tout allait pour le mieux. Et puis, le doute a commencé à s’installer. Un voyage en sélection argentine sans jouer la moindre minute et un penalty manqué à la dernière minute face à la Lazio dans un premier temps. Puis, une volonté de faire la différence tout seul. Et enfin, un bilan statistique qui vacille. La preuve ? Depuis son fabuleux doublé inscrit face au Barca, Dybala a joué 8 matchs de Champions League sans marquer le moindre but. Hormis son coup franc direct face à la Spal (4-1), il n’ a plus marqué dans le jeu depuis le 23 septembre. Une éternité pour un technicien de son gabarit.

Vivant sa première zone de turbulences, l’Argentin ne doit pas être mis la tête sous l’eau. Bien au contraire, il a besoin de soutien et de confiance. S’il peut compter sur son club et son coach pour retrouver l’efficacité, le temps est compté cette saison pour les turinois. Seconds de Serie A et 2eme de leur groupe de Champions League, les Bianconeri n’ont pas le temps d’attendre indéfiniment le retour de la “Joya”. A lui donc de relever la tête et démontrer définitivement qu’il est plus qu’un simple joueur. Mais bien un “fuoriclasse”…

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