Didier Deschamps, stagner pour mieux régner

A l’occasion de deux matchs primordiaux pour la qualification au mondial russe, l’équipe de France se réunit cette semaine à Clairefontaine. Pour cette dernière ligne droite, Didier Deschamps a concocté une liste qui, une nouvelle fois, est loin de faire l’unanimité.

Deux matchs avant la Coupe du Monde, c’est donc le programme qui attend les Bleus pour octobre. Deux matchs et le ticket sera définitivement obtenu. Deux matchs contre des équipes plus qu’abordables, pour pouvoir regarder de l’avant. Deux matchs (peut-être est-ce déjà trop ?), et les yeux seront rivés sur la Russie.

Didier Deschamps n'a pas le droit à l'erreur pour les deux derniers matchs de qualification.
Didier Deschamps n’a pas le droit à l’erreur pour les deux derniers matchs de qualification.

La France reste sur une performance écœurante à Toulouse contre le Luxembourg (0-0). Une contre-performance survenue quelques jours seulement après avoir fait éclater des Hollandais au bord du gouffre. Des Bleus à deux vitesses qui ont montré un visage neuf et séduisant. L’éternel 4-3-3 s’est mué en un 4-2-3-1 dynamique qui a permis aux nouveaux éléments de se montrer. Une sélection ravissante, que le paysage footballistique nous envie.

C’est dans les vieux bols qu’on fait les meilleures soupes

Mais c’est cette même communauté nous rit aussi au nez à l’annonce de la liste des joueurs retenus. Certains convoqués gardent précieusement dans leur meuble de chevet un totem d’immunité. D’autres, bien moins lotis, doivent attendre la liste avec un visage bien plus sombre, écœuré, incompris.

Evinçons directement le débat Karim Benzema. Un débat facile, dont tous les arguments ont déjà été soigneusement énoncés par une meute de défenseurs qui voue corps et âme pour le buteur madrilène. Didier Deschamps continue de confier que sa non-sélection n’est pas définitive. Soit il s’agit d’une combine pour faire passer la pilule, soit le sélectionneur mène par le bout du nez l’attaquant français qui ne disputera pas, sauf énorme surprise, le mondial 2018.

Durant sa conférence de presse, DD a mis en garde Olivier Giroud pour son manque de temps de jeu. Pourtant, l’attaquant français sera bel et bien aligné à la pointe de l’équipe de France. De quoi laisser un goût amer dans la bouche d’Alexandre Lacazette, titulaire sous le maillot des Gunners. Alors certes le numéro 9 tricolore brille sous la tunique des Bleus et répond aux attentes du sélectionneur mais l’ancien lyonnais ne mérite-t-il pas une chance de s’imposer à la pointe de l’attaque ?

Les oubliés 

Sans langue de bois, les performances en club n’assurent plus une place en sélection. Comment expliquer les absences de Wissam Ben Yedder, d’Alassane Pléa, pourtant excellents depuis le début de saison ? Didier Deschamps se refuse aux changements ou peut-être attend-il la qualification pour s’autoriser quelques fantaisies. Dans tous les cas, les 23 joueurs français sélectionnés ne sont clairement pas les 23 meilleurs footballeurs français à leur poste aujourd’hui.

Olivier Giroud, qui traverse pourtant une passe difficile à Arsenal, devrait être reconduit à la pointe de l'attaque française.
Olivier Giroud, qui traverse pourtant une passe difficile à Arsenal, devrait être reconduit à la pointe de l’attaque française.

Sur les ailes et malgré trois premiers mois canons, Nabil Fékir et Anthony Martial ne seront pas du voyage. Alors que tout le monde jugeait l’avenir de Dimitri Payet condamné en bleu, c’est finalement bel et bien l’olympien qui se glisse au milieu de Kylian Mbappé, Thomas Lemar ou encore Kingsley Coman. Auteur d’un début de saison contesté, Payet jouit peut-être d’une ultime chance.

L’une des grandes interrogations nous vient d’Adil Rami. Le marseillais dont les performances fluctuent au rythme de huit premiers matchs sinusoïdaux en Provence, fête son retour à Clairefontaine. Cinquième homme, il remplacera Laurent Koscienly, blessé. Mais là encore, la décision laisse à désirer. Didier Deschamps appréhende les blessures comme un réel handicap, et non comme une opportunité. Pourquoi ne pas offrir la chance d’être sélectionné à un jeune, à une surprise ? Upamecano qui annonce de belles promesses sous le maillot du RB Leipzig par exemple. Ou encore Issa Diop. Pourquoi pas.

Le débat Kurzawa/Amavi

Le couloir défensif gauche sera définitivement le point noir de la sélection au mondial. Si la France s’était trouvé un titulaire de renom en la personne de Benjamin Mendy, sa sérieuse blessure laisse un trou béant dans le schéma défensif tricolore. Les deux sélectionnés se nomment Lucas Digne, remplaçant au Barça, et Layvin Kurzawa, titulaire branlant du Paris Saint-Germain. Finalement blessé, le parisien devra finalement laisser sa place à Jordan Amavi, mais le débat de sa sélection initiale est quand même à soulever.

Très limite dans ses performances sportives, le parisien s’est aussi offert une publicité désastreuse avec une nouvelle triste affaire de vidéo dans laquelle il insulte… Didier Deschamps. Lequel qui, visiblement vexé et autoritaire, comptait lui ouvrir la porte de l’équipe-type pour les prochains matchs.  Quelles conclusions tirer ? Karim Benzema, lui, pourtant exemplaire sportivement, est laissé aux portes de la sélection depuis désormais deux ans. Quel message envoyer aux joueurs français ? En Italie, on se rappelle que Graziano Pellé, qui avait refusé de serrer la main de son coach lors d’un remplacement, et depuis complètement suspendu de la sélection. Pourquoi Didier Deschamps se montre-t-il aussi incohérent dans ses décisions ?

Evidemment, la blessure de Mendy a dû jouer son rôle dans la sélection, ou non, de Layvin Kurzawa, pourtant terriblement inefficace sous maillot rouge et bleu. Finalement, il ne sera pas là, et Didier Deschamps a (enfin) décidé d’ouvrir la porte à une nouvelle promesse bleue en la présence d’Amavi. Il ne manquait plus que DD reprenne Patrice Evra…

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