De Sydney Govou à Corentin Tolisso : évolution de la politique de formation de l’Olympique Lyonnais

©AFP Jean-François Monier
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En seizièmes de finale aller de l’Europa League 2016-2017, l’Olympique Lyonnais a largement battu l’AS Roma (4-2). Au-delà du score qui a étonné beaucoup d’observateurs, les buts ont été marqués uniquement par des joueurs issus du centre de formation : Diakhaby, Tolisso, Fekir et un Lacazaette taille patron.

Ces dernières années, l’OL Academy a fonctionné à plein. Toutefois, miser sur la jeunesse n’a pas été fait de gaité de cœur du côté de la Vallée du Rhône. Ce fut avant tout une nécessité. Pas évident à assumer pour un club qui a pillé les meilleurs éléments des clubs français pendant plus de 10 ans. Alors, qu’est-ce qui a motivé Aulas à changer de modèle économique ?

2008, l’année pivot où s’amorce le déclin de l’OL

Depuis 2001, Lyon est au sommet de la hiérarchie du football français. Des joueurs comme Juninho et sa jambe en or permettent aux parieurs d’arrondir facilement leur fin de mois sur des sites comme NetBet. Pour rappel, NetBet offre 200 € + 5 € sans dépôt avec le code promo à tout nouveau joueur qui s’inscrit.

Mais en 2008, l’OL perd le championnat au profit de Bordeaux. Pour la première fois en huit ans, le club ne remporte aucun trophée. À cette époque, très peu de joueurs formés au club jouent en équipe première. Seuls Sydney Govou, Karim Benzema et, dans une moindre mesure, Anthony Mounier sont présents.

Le successeur d’Alain Perrin, Claude Puel, va symboliser la fin de l’hégémonie lyonnaise. Les résultats déclinent et le niveau de jeu aussi. Puel partira fâché avec les supporters. Rémi Garde, fidèle lieutenant, prendra les rênes de l’équipe pendant trois ans. Avec lui, l’équipe abandonne la Ligue des champions pour la Ligue Europa. Les rentrées d’argent chutent, mais deux évènements marquants vont obliger Aulas à changer son fusil d’épaule.

Introduction en bourse et nouveau stade

Un peu avant le déclin du club sur le plan sportif, l’OL est entré en bourse. On parle dans la presse d’un nouveau stade et d’une ambition démesurée. À cette époque, le club a des fonds propres et arrive à lever 100 millions pour la cotation. Tout semble aller à merveille, mais le titre perd plus de 75 % de sa valeur en très peu de temps.

Comme l’explique Luc Dayan, le club a vendu son entrée en bourse avec un stade dont il serait le propriétaire. Le problème est que le stade n’est pas construit et que Aulas se débat encore avec la mairie pour la propriété de l’enceinte. En attendant que tout cela se résorbe, l’action chute et les finances du club plongent. Seule une qualification « obligée » en Ligue des champions chaque année permet de maintenir le club à flot.

©AFP Kieran McManus
©AFP Kieran McManus

Politique de mise en avant du centre de formation

La première génération à avoir éclos au sein du centre de formation lyonnais a été cette fameuse « Génération 87 » : Ben Arfa, Benzema et Remy. En 2008, lorsque le déclin commence petit à petit, l’OL investit plus de 4.5 millions dans son centre de formation. Les résultats se font sentir cinq ans après. En septembre 2013, la part des joueurs formés au club double par rapport l’année précédente. Sous les ordres de Rémi Garde en 2013, 61 % de l’effectif est composé de joueurs issus du centre de formation.

L’OL Academy est un projet à long terme. Depuis 2011, le club perd près de 20 millions par ans, mais continue à investir en 7 et 8 millions chaque année. Cette stratégie, qui était nécessaire, est devenue rentable. En 2015, on évalue à près de 90 millions d’euros la valeur combinée des joueurs passés par l’OL Academy. Mais comment expliquer ce succès alors que certains clubs comme l’OM par exemple n’arrivent pas à mettre en valeur leurs jeunes pousses ?

Pourquoi l’OL réussit mieux que les autres clubs dans le domaine de la formation ?

Outre une volonté évidente d’intégrer progressivement les meilleurs jeunes dans l’effectif professionnel, la vertu première est la patience. La transition entre l’académie et l’équipe professionnelle est assurée par un triumvirat composé de Gerard Bonneau, responsable du recrutement des jeunes, de Stéphane Roche, responsable du centre de formation et de Florian Maurice, responsable du recrutement professionnel. Ces trois hommes scrutent attentivement chaque joueur avant de prendre une décision.

Ce qui fait la différence entre Lyon et les autres clubs, c’est que le joueur est évalué par rapport à ses qualités humaines autant que techniques. On regarde s’il est possible de construire un projet autour de lui. S’il évolue à un poste très concurrentiel et qu’il n’est pas incontestable, son intégration sera compliquée. Enfin, la manière de se comporter avec les autres est aussi au centre de toutes les attentions. Le football étant un jeu d’équipe, l’état d’esprit est très important. La direction cherche à tout prix à éviter de miser sur des hommes qui peuvent parasiter le vestiaire.

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