Quand le couloir droit du PSG s'arrêtera-t-il de joueur aux chaises musicales ?

Avec le recrutement de Dani Alves, le PSG confirme ses ambitions, mais aussi son instabilité au poste de latéral droit. Depuis le renouveau du club, ils ont été plus de cinq à s’y succéder en autant d’années, sans qu’aucun ne confirme son statut.

Cette semaine, Dani Alves a confirmé sa présence dans l’effectif parisien pour le prochain exercice. Il occupera ainsi le couloir droit et permettra aux dirigeants parisiens de souffler, au moins pendant une courte année.  Car en effet, le poste de latéral est, depuis plusieurs années, un interminable casse-tête dans la capitale. Entre multiple flops et ambitions grandissantes, l’aile défensive a vu les visages se succéder sans jamais qu’un seul ne s’impose véritablement. Avec Dani Alves, l’effectif parisien compte désormais quatre arrières droits, et si le brésilien se présente comme titulaire indiscutable cette saison, la pérennité au long terme s’inscrit en pointillés.

Le faux-départ du projet

Quand vous entamez la reconstruction complète d’un effectif, le poste de latéral droit n’est pas forcément votre priorité. Ainsi, quand les qataris ont investi la capitale en 2011, inutile de préciser qu’ils ont d’abord chercher à attirer de grands noms aux postes clés, en attaque et en défense centrale. Déjà sur place depuis 2009, Christophe Jallet s’est mué alors en rôle d’intérimaire, sa carrure ne semblant pas correspondre aux ambitions gargantuesques du PSG new look. Et pourtant, auteur d’une très belle saison 2011-2012 et ce, malgré le titre sifflé par le MHSC, Jallet s’est envolé pour l’équipe de France avec un statut en ascension.

Arrivé en provenance de Lorient en 2009, Christophe Jallet a été le premier latéral droit de la nouvelle ère du PSG.
Arrivé en provenance de Lorient en 2009, Christophe Jallet a été le premier latéral droit de la nouvelle ère du PSG.

Mais très vite, Paris a souhaité assurer ses arrières en s’attachant les services de Gregory van der Wiel, alors jeune pépite néerlandaise. L’ancien de l’Ajax a joué des coudes toute la saison avec l’international français, s’imposant même comme titulaire après un premier exercice prometteur. Délaissé en rôle de doublure, Jallet a pris la route de Lyon, laissant la voie libre au néerlandais.

De l’espoir, encore et encore

Néanmoins, le PSG, voyant toujours plus grand, a préféré miser sur un autre jeune prometteur. C’est ainsi que Serge Aurier est arrivé en provenance de Toulouse, d’abord sous forme de prêt, avant d’être officiellement transféré une saison plus tard. Son adaptation a été longue mais a remis perpétuellement en cause le rôle de titulaire de van der Wiel, placé sous le feu des critiques. En Ligue des Champions, c’est même parfois Marquinhos, défenseur central de métier qui se retrouvait sur le couloir droit.

Puis le temps a passé, Serge Aurier a mûri et a définitivement envoyé le néerlandais sur le banc. Puissant, athlétique et technique, l’ivoirien a aplati la concurrence sur son côté, domptant des joueurs de classe internationale et s’attirant les regards les plus attendrissants des grosses écuries européennes. Un fait extra-sportif est cependant venu enrayer cette bonne dynamique, à la suite du vidéo tournée sur Périscope. Éloigné de l’équipe-type par des mesures disciplinaires, l’aile droite s’est retrouvée orpheline, se contentant, une nouvelle fois, d’intérimaires.

L'ivoirien du PSG était promis à un rôle de protagoniste dans l'effectif, avant de vivre une mésaventure qui a enrayé sa progression.
L’ivoirien du PSG était promis à un rôle de protagoniste dans l’effectif, avant de vivre une mésaventure qui a enrayé sa progression.

Un outsider venu de Belgique

Après avoir retrouvé les terrains, Aurier a pu appréhender l’arrivée surprise de Thomas Meunier, défenseur belge, auteur de bonnes performances à l’Euro 2016. Un nouvelle tête forçant l’exil, par la même occasion, de van der Wiel en Turquie. La concurrence a été plutôt bénéfique, puisque arrivé en tant que doublure, l’ancien de Bruges s’est peu à peu imposé, devançant le défenseur ivoirien dans la hiérarchie, y compris dans les rencontres clés. Mais à l’heure des constats de fin de saison, le poste d’arrière-droit semblait, encore une fois, être l’une (la ?) des principales lacunes de l’effectif parisien.

Une fois n’est pas coutume, les dirigeants ont balayé le marché à la recherche d’une denrée étonnamment rare. Et après s’être heurté à des déceptions depuis plusieurs saisons, le latéral brésilien Dani Alves a bien voulu rejoindre l’Hexagone. Aux sorties d’une saison éblouissante avec la Juve, il s’impose comme l’une des références à son poste, et donc, comme titulaire indiscutable. Une nouvelle qui a du faire grincer les dents des principaux concernés, alors que leur avenir est désormais mis en parenthèse.

20172018 : ok, et après ?

Unai Emery dispose donc, pour l’instant, de quatre latéraux droit dans son effectif. Le nouveau venu Dani Alves, les “seconds couteaux”, Serge Aurier et Thomas Meunier, et le très prometteur néo-professionnel, Alec Georgen. Si le dernier évoqué a évidemment besoin de grandir, il aura encore plus de mal à trouver du temps de jeu en étant quatrième dans la hiérarchie. Néanmoins, il reste difficile de penser que le poste reste aussi fourni. Aussi prometteurs que convoités, Thomas Meunier et Serge Aurier pourraient très bien se laisser tenter par une nouvelle expérience. C’est notamment l’ivoirien qui se confronte à de nombreuses offres, déjà mis de côté pour la tournée américaine.

Premier gros coup du mercato parisien 2017, Dani Alves ne s'inscrira définitivement pas au long terme dans la capitale.
Premier gros coup du mercato parisien 2017, Dani Alves ne s’inscrira définitivement pas au long terme dans la capitale.

Pourtant, et même si Dani Alves sort d’une saison complète, il affiche tout de même 34 années au compteur. S’il peut se montrer très efficace encore une, voire deux saisons maximum, l’après-Alves est déjà à envisager pour le PSG. En d’autres mots, les dirigeants auraient tout intérêt à profiter de l’arrivée du joueur de la Juventus pour d’ores et déjà préparer l’avenir au poste. Après, qui aura les épaules pour succéder au brésilien ? Bien malin qui pourra le prédire. Entre Aurier et Meunier, il y a aura forcément une histoire de prêt ou de transfert, et difficile de penser que deux années suffiront à Alec Georgen pour se porter aux ambitions du PSG.

La réponse se trouve peut-être ailleurs, en Europe, et on l’espère cette fois-ci, au long terme.

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