Les cinq dates du : Derby romain

Une rivalité existant depuis plus de 80 ans. Une ville coupée en deux. 145 matchs dont certains mythiques. Des joueurs légendaires, des anecdotes incroyables et surtout un antagonisme à la limite du viscéral, pas de doute vous êtes bien à Rome, la ville éternelle. De Totti à Nesta en passant par Montella, Batistuta, Nedved, Mihajlovic et bien d’autres, focus sur le derby d’Italie le plus chaud. Pour retenir uniquement les cinq plus beaux duels entre Laziale et Giallorossi, arrêtons-nous sur les 20 dernières années.
Rome, ITALY: The referee Paparesta (R) gives the yellow card to Lazio's Paolo Di Canio, flanked by AS Roma's Francesco Totti during an Italian Serie A match AS Roma-Lazio in Rome 23 October 2005. The match ended drawn 1-1. (Photo credit should read CARLO BARONCINI/AFP/Getty Images)

29 novembre 1998

Un nul légendaire

Cette opposition de 1998 est restée célèbre pour son résultat final. Mais au delà de ces considérations chiffrées et statistiques, le match de novembre 98 nous offre surtout l’opposition entre deux immenses coachs des années 90. D’un coté Sven-Goran Eriksson, le petit génie suédois du coaching et de l’autre Zdenek Zeman, figure emblématique du football offensif sans calcul. Forcément, avec ce duel sur le banc, il était inévitable que les spectateurs prennent un plaisir incommensurable. Delvecchio, le second meilleur buteur de l’histoire des derbys, ouvrait rapidement le score. Trois minutes plus tard, Roberto Mancini lui répondait sur penalty. Ce même Mancini inscrivait un second but en seconde période. Le Chilien Marcelo Salas corsait l’addition avec un troisième but. 3-1 et moins de 20 minutes à jouer. Assez pour permettre à Zeman de renverser la situation. En réorganisant son équipe, le mythique coach permettait à sa formation de remonter au score par Di Francesco.  Dans les dix dernières minutes, Totti inscrivait sa première réalisation dans le derby et accessoirement le but égalisateur. Terminé sur ce score de 3-3, ce match restera dans les annales du Calcio.

 

21 novembre 99

Une victoire romaine paradoxale

L’année 2000 va voir la Lazio devenir championne d’Italie. Un exploit pas réalisé depuis 1974 et la fameuse époque du “gang Maestrelli” avec notamment Giorgio Chinaglia comme avant-centre vedette. Depuis cette date, les Biancocelesti n’ont rien remporté. Si cette année va rester dans les mémoires pour ce titre de champion, le derby de cette saison va laisser une trace indélébile. Avec deux équipes compétitives, les deux frères ennemis s’affrontent ce 21 novembre 1999. Coté romain, Totti commence à s’imposer comme la nouvelle valeur montante du Calcio. Montella, Delvecchio, Cafu, Candela, Aldair vs Nesta, Mihajlovic, Veron, Simeone et Nedved, cela vous classe automatiquement le niveau de la rencontre. Dans un Stadio Olimpico plein, les Giallorossi vont littéralement exploser la Lazio en moins de 45 minutes. Sous l’impulsion du maestro Francesco Totti, la Roma va complètement exploser son adversaire du jour. Deux doublés signés Delvecchio et Montella vont mettre les hommes de Sven Goran Eriksson à genoux. 4-0 à la mi-temps! Certes, Mihajlovic sauvera l’honneur en seconde période sur penalty, mais le mal est fait. Même lors de sa saison la plus aboutie de son histoire, la Lazio perd le derby. Finalement sixièmes à 18 points du leader, l’AS Roma a sauvé sa saison en remportant ce duel malgré la quête du doublé Scudetto-Coupe d’Italie des Biancocelesti.

10 mars 2002

Quand l’AS Roma explose la Lazio

Deux ans plus tard, la situation s’est inversée. Si la Lazio semblait dominer ce début de nouveau siècle, le voisin romain s’est construit une équipe irrésistible. Champions six mois auparavant, les hommes de Fabio Capello se déplacent chez le rival pour un choc électrique. Avec deux ossatures semblables à celle du derby de 99, l’AS Roma va littéralement marcher sur les Biancocelesti. Complètement dépassés dans tous les secteurs de jeu, les hommes d’Alberto Zaccheronni vont vivre un authentique cauchemar ce soir de mars 2002. Triplé de Montella en 24 minutes, régalade permanente de Totti, score de 3-0 à la mi-temps ! Le retour aux vestiaires permettra aux Laziale de reprendre leurs esprits. Plus volontaires, ils réduisaient l’écart grâce à une frappe magnifique de Stankovic. Cependant, l “Aeroplanino” Montella reprenait son show en inscrivant un quatrième but personnel. Pour parachever cette nuit magique des Giallorossi, l’enfant du club Francesco Totti ajoutait un cinquième et dernier but. Le score final de 5-1 restera historique. Car à l’heure actuelle, c’est la plus nette victoire remportée dans un derby entre ces deux équipes. Cette nuit folle de l’AS Roma ne permettra pas aux romains de conserver leur titre de champion acquis, mais nul doute que l’ampleur de la victoire a fait avaler la pilule plus facilement….

16 octobre 2011

Quand Klose délivre les siens à la 93eme minute…

Près de dix ans plus tard, les deux clubs romains sont rentrés dans le rang. Malgré des joueurs encore au top niveau comme Klose, Hernanes ou De Rossi, Pjanic, le derby de la capitale a perdu en qualité globale. Néanmoins, dans le haut du classement, cette rencontre va être l’illustration parfaite de ce qu’une victoire dans les arrêts de jeu peut représenter. Ouvrant le score rapidement par l’intermédiaire du bouillant Osvaldo, les romains prenaient le match par le bon bout. Certes Totti était absent, mais avec Luis Enrique sur le banc et le niveau général des Giallorossi, le match devait se plier rapidement. Pourtant, ils vont être incapables de faire le break. Forcément, la Lazio allait en profiter. Stupide erreur dans la surface de réparation sur Brocchi, l’arbitre désigne le penalty. Le prophète Hernanes ne manquait pas l’occasion d’égaliser. La suite fut alerte avec des occasions de chaque coté mais un manque de réalisme dans la finition à l’image de ce poteau de Djibril Cissé en fin de rencontre. On se dirigeait tout droit vers un nul 1-1 quand Matuzalem délivrait un bijou de passe en profondeur pour Klose. Serein et appliqué, l’Allemand ne tremblait pas pour battre Stekelenburg. Explosion de joie dans le stade, invasion du terrain par l’intégralité du banc de touche Laziale. Ok, la victoire ne rapporte que 3 points. Oui la Lazio n’est que quatrième après ce succès. Oui, mais remporter un derby à l’ultime seconde, cela n’a pas de prix…

 

26 mai 2013

La victoire laziale en finale de Coupe d’Italie

En cette fin de saison 2013, le duel historique des deux clubs romains en finale de Coupe d’Italie attire toute l’attention. Jamais opposés à ce stade de la compétition, les deux frères ennemis s’affrontent pour un trophée qui plus est dans leur stade. 70000 spectateurs, des virages ultra bouillants et une suprématie historique à s’adjuger. Coté joueurs, Totti est toujours le capitaine de l’AS Roma malgré ses 37 ans. A ses cotés, De Rossi, Lamela, Marquinhos, Destro ou encore Osvaldo. Dans les rangs Biancoceleste, Klose est le totem. Accompagné de Candreva, Hernanes ou encore Marchetti et Lulic, le buteur allemand est attendu comme le messie par les tifosi laziale. Si le match est évidemment électrique, le niveau de jeu n’est pas un sommet en la matière. Au bout d’une première mi-temps neutre, les deux équipes se neutralisent 0-0. En seconde période, la tension ne retombe pas. Il faudra attendre la 70ème pour voir le premier but de cette finale. Bon centre de Candreva dans la surface romaine. Lobont, le portier roumain Giallorossi, ne peut que dévier le ballon. le Bosnien Lulic avait suivi. Du bout du pied, il pousse la balle au fond des filets. 1-0. La fin de rencontre est irrespirable avec des fautes, de l’anti-jeu et du vice. Totti trouvera la transversale sur coup franc, mais ce sera bien la Lazio qui remportera cette finale historique par le plus petit des écarts.

 
 
Comme on vient de le voir, la rivalité entre l’ AS Roma et la Lazio a donné lieu de véritables matchs incroyables et légendaires. Cependant, il serait injuste de ne pas préciser que cette rencontre a généré des débordements intolérables. Dans le stade ou à l’extérieur, ce derby a toujours déchaîné les passions avec une tendance à la violence ces dernières années faisant notamment des dizaines de blessés mais aussi des faits divers plus ou moins sordides. Il est donc logique pour la Ligue italienne, que ce match se joue désormais sans tifosi. Assez pour faire cesser la rivalité ? Restons sérieux, l’essentiel est ailleurs…
Jajaye Panizzoli
 
 

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