À la découverte de : L'Indian Super League

L’Inde. Le football. Deux choses qu’on n’associe pas à première vue. 158ème nation au classement FIFA, l’Inde n’est effectivement pas connue comme étant une terre de foot, mais plutôt de criquet..
Néanmoins, le football et notamment la Premier League sont, depuis quelques années, suivis par la jeune génération indienne. Est-ce pour autant que le football pourrait rivaliser d’ici quelques années avec le criquet ? Pas sûr.. Certains y croient pourtant et prennent des initiatives en ce sens.

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L’ISL ou l’ambition de développer le football en Inde

Bien que l’Inde possède son propre championnat « I-League » depuis 1997, deux projets de nouveau championnat ont vu le jour en l’espace de deux ans. En 2012, l’AIFF (All India Football Federation) et le promoteur Celebrity Management Group souhaitaient donner naissance à l’Indian Premier League (IPL). Souhait qui a tourné court avec l’échec de l’IPL.
En 2014, la Fédération de football All India et son partenaire IMG-Reliance (agence de promotion de sport allié à entreprise de pétrochimie indienne) lancent l’ISL, l’Indian Super League. Le but est une nouvelle fois de développer et de promouvoir le football dans tout le pays. Inspirée des modèles de franchises de basket nord-américaines ou de cricket, l’ISL sera, elle, composée de huit franchises représentant les principales villes du pays. Ainsi, on pourra voir s’affronter la Team Mumbay et le Delhi Dynamos ou encore le FC Atlético de Kolkta et la Team Goa. Le championnat se déroulera sur trois mois d’octobre à décembre et aucune équipe ne craindra la descente puisque le système de rélégation-promotion n’existe pas.

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Les huit franchises de l’ISL

Un projet porté par huit stars du football

Ces derniers mois, le projet indien s’est surtout fait connaître par l’arrivée d’anciennes gloires du football. Et c’est bien là le but rechercher par ses initiateurs : attirer de grands noms du football pour porter cette Indian Super League. Ainsi, chaque équipe a le droit de recruter un « marquee player » lors du draft. Pires, Trezeguet, Del Piero et encore plus récemment Anelka se sont laissés convaincre. C’est peu dire que les parrains de l’ISL ont des arguments à faire valoir. L’argument financier étant le principal. Les stars du ballon rond recevraient un cachet de 620 000 euros mensuel pour participer à deux mois de compétition. Convaincant, en effet.

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Del Piero sous ses nouvelles couleurs

Des locaux et des pros pour compléter les équipes

Afin de constituer les équipes, les franchises peuvent également recruter sept joueurs étrangers non-stars et c’est la mission qui a été confiée à un agent français, Bruno Satin. Ce dernier expliquait, il y a peu dans l’Équipe, le profil des joueurs pouvant l’intéresser et donc intéresser les franchises :

« En France, de bons joueurs en fin de carrière et des joueurs de L2 en fin de contrat et sans offre pendant le mercato. L’Inde adore la Premier League mais on devrait plutôt piocher dans des Championnats moyens, la Scandinavie, l’Europe de l’Est et pourquoi pas l’Amérique du Sud pour des prêts. ».

Ainsi donc des joueurs tels que Gennaro Bracigliano, Sylvain Monsoreau ou Bernard Mendy ont accepté de rejoindre l’ISL. Pour ces derniers, le salaire mensuel devrait avoisiner les 100 000 euros. En outre, les franchises devront aussi intégrer quatorze joueurs indiens dont quatre de la ville où le club est présent dans le but de les faire progresser…
Enfin, pour coacher le tout, Bruno Satin a recherché des entraîneurs au profil différent :

« Des coachs de haut niveau, pour l’impact marketing, mais qui peuvent être aussi d’anciens joueurs pour une première expérience ou des coachs aguerris sans contrat. ».

Zico et Marco Materazzi, avec une casquette d’entraîneur-joueur pour ce dernier, seront de la partie.

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Materazzi accueilli en grande pompe

Des interrogations

Cette nouvelle ligue permettra de rénover les stades comme le Salt Lake Stadium de Calcutta, en vue de la première compétition internationale organisée par l’Inde en 2017, le Championnat du monde des moins de 17 ans.
Néanmoins, ce projet a fait naître quelques critiques et interrogations. D’abord, des critiques, puisque « l’I-League », le championnat national indien, sera reporté en décembre. Trop grande concurrence pour le « petit » championnat indien explique-t-on. Ensuite, ces franchises dirigées par de très riches indiens existent-elles réellement pour faire progresser le football indien ? Ou est-ce simplement un amusement éphémère permettant aux prospères indiens d’accroître leur fortune ?
L’avenir nous le dira mais espérons pour le football et pour l’Inde qu’il ne s’agisse pas d’un simple coup marketing.

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