A la découverte de Jorginho : l'architecte

Depuis quatre saisons, la Serie A vit avec un curieux personnage nommé Jorginho. Formé au Hellas Verona, le milieu de terrain d’origine brésilienne a rejoint le Napoli depuis l’hiver 2014. Si les premiers mois ont été difficiles pour appréhender l’exigence du haut niveau, le bonhomme est lancé sur les rails du succès depuis qu’il a rencontre Maurizo Sarri. Zoom sur le nouvel homme fort du Napoli et de la Nazionale dans les années à venir.

En 4 saisons au Napoli, Jorginho a donné plus de passes décisives (12) que marqué de buts (6). Crédit photo : AFP PHOTO / MIGUEL MEDINA
En 4 saisons au Napoli, Jorginho a donné plus de passes décisives (12) que marqué de buts (6). Crédit photo : AFP PHOTO / MIGUEL MEDINA

Titulaire à 20 ans

Né au Bresil, Jorginho débarque vite en Italie. Grace à de la famille sur place, il arrive alors qu’il n’a même pas dix ans. Rapidement intéressé par le ballon, il intègre le centre de formation du Hellas alors qu’il vient à peine de fêter ses 15 ans. Durant quatre ans, il va franchir les différentes étapes pour signer son premier contrat professionnel durant l’été 2011. A tout juste 20 ans, il débute son premier match en Serie B face à Gubbio (1-1). Adepte du milieu à 3, le coach de l’époque Andrea Mandorlini apprécie sa qualité technique et son jeu long. Cependant, son manque de volume physique va obliger Mandorlini à le faire tourner quand l’opposition en face est plus rugueuse. SI cette première année restera frustrante car le Hellas Verona ne montera pas en Serie A malgré une 4ème place finale, Jorginho commence à se faire connaître.

2012-2013, première consécration

Remotivés comme jamais, les véronais entament cette saison avec l’ambition claire de remonter dans l’élite du football italien. Articulé en 4-3-3 avec un seul récupérateur et deux milieux plus haut, le Hellas réalise une saison extraordinaire. Plus sur de son jeu et de ses qualités, Jorginho va trouver sa position idéale comme “regista”. Littéralement, un milieu offensif reculé. Malgré la deuxième place finale et la validation de l’objectif “montée”, les statistiques de Jorginho ne sont pas extraordinaires. 2 buts et 2 passes décisives, c’est trop peu même pour un milieu reculé. Toutefois, quand on sait que les avant-dernières passes ne sont jamais comptées et que son taux de précision de passes était supérieur à 80%, l’excuse de l’apprentissage du haut niveau pouvait suffire. Alerté par ce profil atypique, les clubs de Serie A ont cherché à arracher la révélation de Serie B 2012-2013 du Hellas. Sans succès…

Le révélateur Serie A

Promu cette saison là, le Hellas va rapidement devenir la sensation des premiers mois. Avec Luca Toni, Juan Iturbe et Romulo comme arrivées majeures, le mercato a été réussi. Vainqueurs de l’AC Milan en ouverture du championnat, les véronais vont surfer sur une vague de réussite insolente. Toujours positionné en regista derrière Hallfredsson et Romulo, Jorginho va étaler toute sa classe et son bagage technique. Plus décisif, il inscrit 7 buts et 2 passes décisives avant la trêve. Toujours aussi séduits par le natif d’Imbituba, le Napoli et l’AC Milan se disputent le petit prodige. Grace à un projet sportif plus clair et une meilleure santé financière, les napolitains s’offrent l’italo-brésilien en l’échange de 9,5 millions d’euros. Si le Hellas terminera la saison en haut du classement malgré le départ de son regista préféré, de son coté Jorginho s’apprête à relever le plus gros défi de sa jeune carrière.

Benitez, première difficulté

Malgré les aptitudes du joueur à mieux évoluer dans un 4-3-3, le premier schéma tactique dans lequel Jorginho va évoluer au Napoli est bien le 4-2-3-1. Aux cotés d’Inler, le coach de l’époque Rafa Benitez voit en Jorginho un milieu de terrain complet et moderne. Conscient que la puissance physique n’est pas la qualité première de sa recrue, il préfère le mettre dans un milieu à deux plutôt que de lui offrir son rôle naturel de meneur reculé devant la défense. Si le bilan n’est pas mauvais avec la 3ème place finale, les chiffres individuels de Jorginho sont en chute libre. Une seule passe décisive en 15 matchs. Pire, la saison suivante l‘oriundo, va perdre sa place au détriment de Gargano, David Lopez. Sur le banc, sa fin de saison 2014-2015 ressemble à un petit calvaire. Sans vrai feeling avec son coach, Jorginho voit donc le départ de ce dernier comme un signe du destin.

Sarri, ce sauveur

Inconnu du grand public, Maurizio Sarri vient de se faire remarquer car il vient de faire monter Empoli en Serie A tout en leur faisant pratiquer un football offensif de qualité. Afin de tourner la page Benitez, le président de Laurentiis s’est laissé convaincre par le projet de jeu du mister. 4-3-3 immuable, possession de balle, jeu léché et surtout rigueur tactique de tous les instants. Si ses premiers matchs ont donné lieu à une défaite et deux matchs nuls, Sarri a enchaîné sur 11 matchs sans défaite. Fan du joueur Jorginho, Sarri n’a pas hésité une seconde à donner la place de regista tant souhaitée à son joueur. En retour, le néo international italien a livré une saison de haute volée. Titulaire inamovible, il dispute 35 matchs de Serie A et donne 4 passes décisives. Cité en référence à la fin de cette saison là, il va continuer sur la lancée en 2016-2017 et cette saison…

Un jeu de passes huilé

Afin de pouvoir donner sa pleine mesure, le regista doit être intégré à un milieu de terrain particulier. En le plaçant juste devant la défense centrale Koulibaly-Albiol, Sarri veut faire de Jorginho son premier relanceur. Outre la qualité de son jeu long qui est capable de transpercer n’importe quelle ligne adverse, Jorginho sait temporiser quand il faut et accélérer quand il faut. Plus physique qu’à ses débuts, il est désormais capable de pouvoir répondre aux différents duels durant 90 minutes. Avec Allan et Hamsik à ses cotés Jorginho n’a pas besoin de se projeter car ces deux là font les allers-retours. Grace au trio offensif de feu (Insigne, Mertens, Callejon), le Napoli caracole en tête de la Serie A avec l’objectif affiché de remporter le Scudetto. Pour parvenir à cet objectif que toute une ville attend, le Napoli a besoin de toutes ses forces vives. A commencer par son architecte au jeu long de folie…

Jajaye Panizzoli

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