A la découverte de : Ilkay Gundogan, le paralytique dévoué

Privé de Coupe du Monde 2014 à cause d’une infection des racines nerveuses du dos, Ilkay Gündogan n’a su profiter du sacre mondial de ses compatriotes allemands. Alors que la Mannschaft régnait en maître sur le territoire brésilien, Ilkay, lui, traînait au fin fond de la Crimée, réparant désespérément son vieux dos cassé, tel un octogénaire en fin de vie. Une intervention qui lui vaudra le titre de chômeur pendant plus d’un an pour finalement redevenir ce qu’il était réellement destiné à être, un milieu de terrain monstrueux.

Retour sur la carrière du joueur le plus imprévisible de la planète.

 Bayern Munich v Borussia Dortmund - 2013 UEFA Champions League Final

Ses débuts

Tout comme Mesut Özil, Gündogan est né à Gelsenkirchen de parents turcs. Ainsi, tout comme Mesut Özil, Gündogan aurait pu débuter sa carrière sous les couleurs de Schalke 04. Pourtant, il n’en fut rien. Parce que oui, depuis son plus jeune âge, le petit Ilkay n’aime rien faire comme les autres et préfère tracer sa voie de ses propres instincts.

En réalité, Gündogan passera tout de même quelques mois chez les Königsblauen avant d’atterrir à Bochum où il ne connaîtra que la gloire des buts marqués en équipe de jeunes. Il quittera la province rhénane à seulement 18 ans pour s’engager à Nuremberg où il déposera ses quartiers. Il signera un contrat pro au sein du club, alors en 2.Bundesliga et sera promu dans l’élite allemande la saison d’après. Une promotion qui aurait pu lui barrer la route du XI titulaire et pourtant… Gündogan enchaînera les bonnes prestations et deviendra un titulaire incontournable dans le milieu de terrain de Dieter Hecking.

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Dans un rôle alors plus offensif, Ilkay goûtera aux rôles de relayeur, distributeur, créateur et meneur. Tantôt sur le flanc, tantôt dans l’axe, le joueur ne quittera quasiment jamais la pelouse et permettra à Nuremberg de se sauver en mai 2010 avec trois buts et trois passes décisives à son actif.

Deuxième saison en Bavière et deuxième réussie. Nuremberg finira sixième et Gündogan inscrira alors cinq buts pour trois assists. Dans le même temps, il sera repris pour la première fois dans les équipes espoirs de l’Allemagne, alors (déjà) âgé de 20 ans.

Une ascension fulgurante qui mettra en alerte les gros cylindres allemands. Convoité par tous, c’est finalement le Borussia Dortmund qui, en pleine révolution ‘’klopernicienne’’, s’arrachera le milieu allemand pour 4 millions d’euros. Destiné à être un joueur d’avenir, Gündogan deviendra vite la première solution de rechange à Nuri Sahin, parti chauffer le banc du Real Madrid. Même profil, mêmes origines, même numéro, l’analogie est vite faite dans la tête de Klopp.

L’apogée de sa carrière

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Auteur d’une première saison réussie au cours de laquelle Dortmund remportera le titre de Champion d’Allemagne, Gündogan connaîtra néanmoins une période très difficile dans sa carrière. Souvent critiqué et sifflé, le joueur perdra sa place de titulaire et finira même par côtoyer les tribunes.

Un moment difficile, mais nécessaire, avouera le joueur.

 Mais Ilkay pouvait toujours compter sur Jürgen Klopp qui, dans un génie affolant, le replaça juste devant la défense. L’allemand connut alors une réussite évidente et exceptionnelle. Le Borussia conserva son titre de champion et remporta également la Coupe d’Allemagne. Un talent hors du commun que le jeune natif de Gelsenkirchen exploita au mieux afin de se faire définitivement accepter dans les vestiaires. Le coup d’éclat arriva alors en ½ finale de la Coupe d’Allemagne où Gundogan qualifia son équipe dans les derniers instants de la rencontre.

Le plus beau moment de ma carrière.

La sélection

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Dès lors, indétrônable dans le milieu du BvB, il sera appelé pour la première fois par Joachim Low en sélection, la consécration.

Repris pour l’Euro 2012, Gündogan vivra un rêve éveillé et s’enthousiasmera à chaque sortie nationale. Il ne jouera cependant aucune minute au sein de l’Euro Ukraino-polonais mais il savait, au plus profond, qu’il allait constituer l’un des élément les plus importants lors de la prochaine Coupe du Monde. Loin de lui la prétention, c’est Joachim Low même qui l’avoua lors d’une interview en 2013.

 lkay a progressé de manière incroyable, aussi bien avec le BVB qu’en équipe nationale. Il a beaucoup gagné en confiance en soi et joue à un top niveau. Toutes les conditions sont réunies pour qu’il devienne un joueur de classe mondiale.

 Des espoirs malheureusement tués par une sombre affaire de douleurs de dos…
 

On ne tient qu’à un fil…

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La saison 2012/2013 restera une saison blanche pour le Borussia malgré une finale de Ligue des Champions perdue face au Bayern (1-2) au cours de laquelle Gündogan inscrira l’unique but de Dortmund. Malgré le triple échec cuisant et la reprise de la suprématie allemande par le Bayern, le joueur continuera à impressionner en devenant courtisé par toute l’Europe.
Mais alors qu’il était promis au plus grand des avenirs, tout bascula dans la vie du médian allemand…
Alors qu’il préparait la nouvelle saison 2013/2014 avec le Borussia, quelque chose coinça. Des douleurs lancinantes persistaient et impossible d’en déterminer l’endroit exact. Il fallut alors des semaines pour comprendre toute la complexité du problème : inflammation des racines nerveuses du dos.
Obligé de s’exiler en Ukraine pour se faire soigner, Gündogan passa plusieurs jours dans un hôpital pour enfant au beau milieu du conflit russo-européeen, la vie devient dur. Le joueur prend du poids et les médias le remarquent.
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A ce moment, peu donnaient encore crédibilité au médian et beaucoup étaient ceux qui parlaient de Gündogan comme un ‘’grand talent non exploité’’. Comparé aux pires cracs de la planète foot, le milieu du BvB passa un an entier à ne rien faire et, de fait, son physique le lâcha un peu plus tous les jours.
C’est alors que le miracle se produisit. Complètement remis sur pieds, le germano-turc se releva de ses blessures et ré-entreprit un avenir nouveau au point que le 18 octobre 2014, il redevint officiellement joueur de foot.

Parfois, j’avais l’impression d’avoir 90 ans. J’avais même mal lorsque j’enfilais mes chaussures, pour dormir aussi, je ne pouvais rien faire sans avoir mal. J’avais du mal à marcher. Maintenant, je me sens beaucoup mieux et je vais profiter de l’été  pour me refaire une condition physique. 

Dès lors, Ilkay a, certes, loupé le mondial brésilien mais il a également retrouvé sa forme des plus belles années. A 24 ans, le joueur a presque tout vécu : une ascension, une confirmation, une apogée, le paradis ; un déclin, une chute, l’enfer ; un retour au paradis.
Une expérience de vie exceptionnelle vécue par ce paralytique envoyé, aujourd’hui dans les plus grands clubs d’Europe. Gardant les pieds sur terre, Gündogan a déjà refusé le PSG et un salaire de 12 millions par an, rien que ça.
 
Une histoire qui élève Gündogan au statut christique telle la fameuse maxime le décrit, Lève toi et marque.

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